Réélu député, Richard Ferrand quitte quand même le gouvernement... pour prendre la tête du groupe LREM à l'Assemblée

Publié à 18h55, le 19 juin 2017 , Modifié à 20h01, le 19 juin 2017

Réélu député, Richard Ferrand quitte quand même le gouvernement... pour prendre la tête du groupe LREM à l'Assemblée
© AFP
Image Etienne Baldit


EXFILTRATION - Il était sous tension maximale avant les législatives et depuis les premières révélations sur ses "affaires". Mais Richard Ferrand, macroniste entre les macronistes, avait gardé le soutien indéfectible du Président et du Premier ministre. L'exécutif refusait de céder à une quelconque "pression" médiatique visant à débarquer le ministre de la Cohésion des territoires, arguant que les électeurs seraient le "juge de paix" dans cette histoire. Eh bien leur verdict est tombé et l'intéressé a été réélu député du Finistère, dimanche 18 juin.... mais il quitte tout de même le gouvernement au lendemain de ce résultat, pour se porter candidat à la présidence du groupe LREM à l'Assemblée, sur demande expresse du chef de l'État.

Comme l'ont révélé Europe 1 et BFMTV, ce fidèle de la première heure d'Emmanuel Macron était reçu à l'Élysée lundi 19 juin après les législatives. Traditionnellement, le Premier ministre remet toujours la démission de son gouvernement après ce scrutin, avant d'en constituer un nouveau s'il reste chef de la majorité - ce qui est le cas aujourd'hui. Et alors que seul un petit "remaniement technique" ou "à la marge" était annoncé, ce changement au sein de l'équipe gouvernementale aura donc une forte charge politique avec le départ de Richard Ferrand. 

Certains *esprits chagrins* ne manqueront pas d'y voir un moyen détourné, pour l'exécutif, de se débarrasser de l'encombrant dossier Ferrand, assez ennuyeux en ces temps de "moralisation de la vie publique". Mais EN MÊME TEMPS, cette nouvelle affectation comme chef de file des députés LREM est assez prestigieuse et capitale pour la suite du quinquennat pour que le Président et le Premier ministre la présentent comme une nécessité impérieuse et non une sanction de leur ministre, qui fait l'objet d'une enquête judiciaire et sur qui pèse donc la menace d'une mise en examen. Ça n'a d'ailleurs pas manqué, le groupe LREM étant en haut lieu présenté comme "le plus important de la Ve République" et nécessitant à sa tête un "homme de confiance", selon un journaliste de BFMTV :







À noter que les présidents de groupes parlementaires sont tout de même élus par leurs pairs députés, et non sur simple volonté présidentielle. Mais dans le cas présent et vu la discipline qui devrait avoir cours chez La République en marche, cela ne devrait pas poser trop de problème. L'entourage d'Emmanuel Macron prend d'ailleurs le soin de préciser à l'AFP que le chef de l'État a demandé à Richard Ferrand de quitter le gouvernement pour "briguer la présidence du groupe LREM" à l'Assemblée.

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