Réforme de l'Assemblée "démago" et "populiste" : Florian Bachelier (LREM) se fait remettre "à sa place" par ses collègues

Publié à 19h49, le 08 novembre 2017 , Modifié à 11h44, le 26 décembre 2017

Réforme de l'Assemblée "démago" et "populiste" : Florian Bachelier (LREM) se fait remettre "à sa place" par ses collègues
Florian Bachelier, député LREM et premier questeur de l'Assemblée nationale. © Thomas Samson / AFP
Image Loïc Le Clerc


Des députés logés via Airbnb ou en colocation. Des Vélib', des cartes Navigo ou des VTC plutôt que des chauffeurs privés. Voilà quelques-unes des propositions de Florian Bachelier, député LREM et questeur de l'Assemblée, pour  réformer le vieux Palais Bourbon et lui faire faire des économies. Mais tout ne semble pas se passer comme prévu.

Invité de LCP ce mercredi 8 novembre, voilà ce que déclare le député socialiste Luc Carvounas à ce propos :



Florian Bachelier, il est là pour être le comptable des deniers publics et faire des propositions au Bureau de l'Assemblée. Il faut qu'il reste dans son rôle et à sa place. C'est ce que lui a rappelé le président [François] de Rugy. Alors qu'il a été très prolixe ces derniers jours, là, devant la plus haute instance de l'Assemblée, il ne nous a rien dit ou justifié de ce qu'il avait pu proposer. Je l'ai vu, du coup, très à l'écoute de toutes nos propositions. Alors que l'on sort de la loi de moralisation que nous avons tous votée, il ne faudrait pas par des maladresses de nouveau député instiguer dans l'esprit de nos concitoyens qu'il y a encore une difficulté. Nous sommes tous d'accord pour que le travail des députés soit contrôlé.

Un passage isolé par LCP à voir ci-dessous :





Pourquoi une telle attaque ? Dimanche dernier, dans le JDD, Florian Bachelier exposait ses pistes pour la réforme de l'Assemblée voulue par son président François de Rugy. Des pistes jugées démagogiques et populistes, d'autant que le premier questeur s'est exprimé sans validation du Bureau de l'Assemblée.

Du coup, ce mercredi matin, lors de la réunion du Bureau, ça a chauffé pour le marcheur, comme le raconte Astrid de Villaines, journaliste à LCP : "Florian Bachelier s'est fait recadrer, deux fois".

La journaliste explique que le premier recadrage a eu lieu avant la réunion du Bureau par François de Rugy, qui a rappelé chacun à son rôle, demandant à ce qu'on arrête avec les déclarations personnelles. Puis, ce sont Clémentine Autain (LFI) et Luc Carvounas (Nouvelle gauche) qui sont intervenus, en pleine réunion, pour lui faire savoir qu'ils n'avaient pas aimé qu'il se fasse mousser dans la presse sans respecter le fonctionnement collégial du Bureau.

Sur LCP, Florian Bachelier a assuré "être totalement en phase" avec François de Rugy et avoir le même objectif, "avec chacun son poste" : "la transformation profonde de l'Assemblée nationale".

Mais il n'y a pas que le président de l'Assemblée avec qui il va falloir se réconcilier. Sacha Houlié, vice-président de l'Assemblée, s'est aussi agacé de la méthode Bachelier. A LCP, il lance :

On ne peut pas poser dans les médias des questions sans qu'elles aient été préalablement inscrites à l'ordre du jour du Bureau de l'Assemblée nationale, débattues par les députés, débattues par les groupes de travail et qui aient fait l'objet d'études sérieuses par les questeurs comme par le Bureau.

Une interview à retrouver ci-dessous :





Le Point rapportait mardi les propos d'Aurore Bergé, députée LREM, qui se lâche sur les propositions de Florian Bachelier :

Affirmer que l'institution serait trop riche flatte l'antiparlementarisme ambiant, alors qu'en réalité nous n'avons pas les moyens financiers d'une grande démocratie [...] nous sommes largement moins bien dotés que bien des Parlements de démocraties modernes comme le Bundestag.

Face aux accusations d'être "démagogique" ou "populiste",Florian Bachelier a répondu, toujours sur LCP :

Si contrôler l'emploi de chaque euro d'argent public c'est démago, je suis démago, pas de souci.

Un passage à voir ci-dessous :





Mais au-delà des mots, au-delà du style, il y a une inconnue à laquelle le Bureau et la questure vont devoir répondre, et c'est une autre questeure LREM, Laurianne Rossi, qui la pointe avec un exemple précis :



Quand je lis qu'on va ouvrir une crèche début 2018, alors que nous n'avons ni lieu, ni études de faisabilité, ni travaux engagés... je me demande bien d'où sort cette idée.

Le Bureau devra dire où et comment il compte faire faire à l'Assemblée des économies. Pour le moment, le budget de la chambre basse s'élève à 550 millions d'euros.

Et sinon, le "dossier de presse" de Florian Bachelier comportant ses propositions pour rendre l'Assemblée "exemplaire" fait 18 pages, dont sept rien que pour y mettre des photos du questeur.





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