Régis Debray: "Sarkozy a détourné mes propos"

Publié à 08h30, le 30 avril 2012 , Modifié à 10h13, le 30 avril 2012

Régis Debray: "Sarkozy a détourné mes propos"
Régis Debray sur France Inter le 30 avril (Capture d'écran)
Image Delphine Legouté

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Régis Debray n'a pas franchement apprécié "l'hommage" rendu par Nicolas Sarkozy dans son discours de Toulouse le 29 avril. Thème principal de ce meeting : "lever le tabou des frontières". Le Président-candidat s'est appuyé sur l'ouvrage "Eloge des frontières" publié par le philosophe de gauche en 2010.

Réponse de Régis Debray ce 30 avril sur France Inter : "J’étais entre amusé et indigné, j’opte finalement pour la compassion. (...) C'est tout de même un peu gonflé : il a sorti [mes propos] du contexte, il les a détournés."

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    "Je doute que M. Sarkozy ait le goût de la lecture"

    Sur franceinter.fr

    Nicolas Sarkozy fait des frontières son dernier thème de campagne avant le second tour ... Et cite Régis Debray. Autant dire que le philosophe de gauche, un temps conseiller de Mitterrand, a peu apprécié cet emprunt à son ouvrage "Eloge des frontières". Sa réaction n'a pas tardé au micro de Pascale Clark ce 30 avril.

    J’étais entre amusé et indigné, j’opte finalement pour la compassion. Parce qu'un homme qui est un peu le dos au mur fait flèche de tout bois et pratique ce qu’on appelle la triangulation : retourner les arguments de l’adversaire contre lui. 

    Et d'expliquer la thèse défendue dans son livre :

    C’est tout de même un peu gonflé : il a sorti [mes propos] du contexte, il les a détournés. La frontière, ça invite à un partage, pas à une exclusion. Je crois que la frontière est la grande amie du cosmopolitisme et de l’hospitalité.J’ai écris ce livre contre les empires qui se croient partout chez eux, contre la loi du plus fort, contre le mépris de l’autre, contre les hégémonies qui ignorent les frontières.

    Et de terminer avec une dernière bravade :

    Je doute que Monsieur Sarkozy ait le goût ou le temps de la lecture. Je doute qu’il l’ait lu. J’en ai écris un deuxième qui s’appelle La Fraternité, je conseille de lire l’un et l’autre.

    Le 29 avril, le Président-candidat s'est exprimé durant près d'une heure, lisant un discours de 13 pages rédigé par Henri Guaino. L'extrait d'"Eloge des frontières" est celui-ci :

    Imaginons la ville sans cadastre... La frontiere c'est ce qui distingue le dedans, du dehors. Le chez soi du chez les autres. Sans frontière, il n'y a pas d'intimité, pas de vie privée.

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