Emmanuel Macron "ne recadre pas" ses ministres, il "dit ce qu'il pense", assure Christophe Castaner

Publié à 15h16, le 02 août 2017 , Modifié à 15h18, le 02 août 2017

Emmanuel Macron "ne recadre pas" ses ministres, il "dit ce qu'il pense", assure Christophe Castaner
Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement. © Montage le Lab
Image Le Lab

Loïc Le Clerc pour

Quand on est "le chef", pour reprendre l'expression d'Emmanuel Macron, il arrive que l'on prenne à partie un de ses subordonnés pour le recadrer, si besoin est. Mais, selon Christophe Castaner, point de recadrage de la part du Président ou du Premier ministre.

Lors du compte-rendu du Conseil des ministres, ce mercredi 2 août, le porte parole du gouvernement a nuancé les choses ainsi :



Le président de la République et le Premier ministre ne recadrent pas, il disent ce qu'ils pensent. Il n'est pas illogique que s'ils souhaitent préciser tel ou tel sujet, ils le font. Je n'ai pas été témoin de recadrage. [...] J'ai assisté à la demande du Président de 'donner du sens au chose' et 'de ne pas regarder juste l'échéance qui vient et de se projeter à cinq ans'.








Pourtant, lorsqu'Emmanuel Macron déclare, devant les dirigeants de la majorité réunis le 26 juillet, qu'augmenter les APL, "c’était une connerie sans nom !", cela ressemble à un recadrage. De même, lorsque le chef de l'Etat explique à ses ministres, le 12 juillet, que les notes que ces derniers lui font parvenir : "C’est du pipi de chat".

Si les deux expressions ont, par la suite, été rejetées par les proches du Président, arguant que ce n'est "pas son langage", le fond demeure. Mais ce ne sont donc pas des recadrages, simplement des pensées émises à haute voix.

Pour illustrer son propos, Christophe Castaner utilise un argument original :



Dans le sud, ça se fait peut-être de façon plus spectaculaire qu'à Paris.

Contacté par le Lab, l'entourage du ministre des relations avec le Parlement précise :



Dans le sud, tout se fait avec de la gueule et de la gouaille.

Mais il n'y a pas qu'Emmanuel Macron qui dit ce qu'il pense. Il y a aussi Edouard Philippe. Ce n'était donc pas un recadrage lorsque le Premier ministre disait le 13 juin à propos de François Bayrou, ministre de la Justice : "Quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen". Le chef du gouvernement faisait référence au fait que le garde des Sceaux de l'époque avait appelé le responsable de la cellule investigation de Radio France pour se plaindre d'une enquête en cours de franceinfo au sujet des salariés du MoDem sur fonds de soupçons d'emplois fictifs.

Et d'ailleurs, s'il y avait eu recadrage à ce moment-là, y aurait-il eu besoin que les deux hommes affichent ostensiblement leur réconciliation, comme ils l'ont fait dès le 14 juin ?

Du rab sur le Lab

PlusPlus