Sainte-Rita : LR et FN s'indignent de l'évacuation d'une église en vue de sa démolition

Publié à 08h18, le 03 août 2016 , Modifié à 10h54, le 03 août 2016

Sainte-Rita : LR et FN s'indignent de l'évacuation d'une église en vue de sa démolition
Capture d'écran d'un tweet du député-maire du XVe, Philippe Goujon, contre l'évacuation de l'église Sainte-Rita à Paris, le 3 août 2016

Après des années de feuilleton judiciaire, l'église Sainte-Rita, dans le XVe arrondissement de Paris, est semble-t-il sur le point de connaître son destin. Voué à la démolition pour être remplacé par un projet immobilier (parking et logements) et occupé illégalement par des opposants à cette destruction, l'édifice est en train d'être évacué, mercredi 3 août au matin, comme le confirment au Lab le cabinet de Bernard Cazeneuve et la préfecture de police de Paris. 

Dans une décision rendue le 5 juillet, le Conseil d'État jugeait l'occupation illégale et déclarait les opposants non légitimes à former un recours. Ce qui revenait à confirmer l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Paris qui, le 27 mai, enjoignait au préfet de police "d’apporter le concours de la force publique" afin de procéder à l’expulsion. Il s'agit aujourd'hui d'une "assistance à huissier", précise-t-on au ministère de l'Intérieur.

Le propriétaire (l’association des Chapelles catholiques et apostoliques) et le nouvel acquéreur (un "promoteur nantais", selon Le Parisien), demandent cette démolition. En décembre 2015, Street Press consacrait un reportage à cette "ZAD d'extrême droite en plein Paris", "défendue" par un collectif hétéroclite décrit comme suit : "Ex-mégrétiste, fondateurs de Riposte laïque, animateurs de Radio Courtoisie, 'soralien' ou cathos tradis se mobilisent au gré des opportunités pour sauver l’édifice." En mai, Le Parisien écrivait que le lieu était désormais occupé par "des fidèles proches du culte catholique traditionaliste, rassemblés chaque dimanche par l’une de ses figures, l’abbé Guillaume de Tanoüarn".

Plusieurs élus sont sur place pour empêcher cette évacuation, munis de leurs écharpes tricolores. Philippe Goujon, député-maire LR du XVe (pas novice en matière d'oppositions de ce style), et Frédéric Lefebvre, député LR et candidat à la primaire de la droite, ont publiquement dénoncé cette évacuation, à grands renforts de tweets. Il s'insurgent notamment du fait que cette opération ait cours "alors que toute la communauté chrétienne est en deuil" après l'attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray, lors duquel le père Jacques Hamel a été égorgé par deux terroristes se réclamant de Daech. Les deux hommes sont de longue date engagés sur le dossier de Sainte-Rita.

Le député Éric Ciotti, lui, y a vu "le triste symbole de ce pouvoir socialiste sans âme et sans repère". "Ce gouvernement est en perdition", a renchéri Jean-François Lamour, député et ancien ministre de Nicolas Sarkozy. "Pauvre France bafouée", a abondé Nadine Morano.

Ils ont rapidement été rejoints dans leur dénonciation par le FN, à travers la voix de Florian Philippot et Wallerand de Saint Just. Le vice-président du parti d'extrême droite y a vu de "l'indécence" quand son trésorier a estimé que "le gouvernement est plus efficace quand il s'agit d'évacuer Sainte-Rita pour construire un parking que pour fermer les mosquées salafistes". Marine Le Pen a également réagi, proposant de "faire des parkings sur l'emplacement des mosquées salafistes plutôt que de détruire nos églises" :

De son côté, la préfecture de police de Paris rappelle, dans un communiqué, que "cette église n'est pas une propriété communale mais propriété de l'association [des Chapelles catholiques et apostoliques] depuis sa construction" et que ces occupants actuels n'ont ni "droit ni titre". "L'église n'est pas consacrée ni dédiée au culte" depuis sa fermeture il y a un an, écrit encore la préfecture. Qui ajoute que l'opération vise à "rendre les locaux à usage du propriétaire" et que "l'évacuation s'est déroulée sans incident".

L'adjoint (PCF) à la mairie de Paris en charge du Logement, Ian Brossat, a pour sa part moqué ceux "qui appellent au respect des règles [mais] se conduisent comme des zadistes quand elles ne leur conviennent plus" et ironisé sur la droite qui se montre ici "hostile à la propriété privée" :

Du rab sur le Lab

PlusPlus