Si Cécile Duflot a voté la prolongation de l’état d’urgence, c’était sous le coup de l’émotion

Publié à 16h19, le 17 janvier 2016 , Modifié à 16h19, le 17 janvier 2016

Si Cécile Duflot a voté la prolongation de l’état d’urgence, c’était sous le coup de l’émotion
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Amandine Réaux pour

Cécile Duflot est (encore) remontée contre François Hollande et Manuel Valls. Dans un entretien accordé ce dimanche 17 janvier à Mediapart, la députée écolo revient sur le vote sur la prolongation de l’état d’urgence, regrettant que la "majorité socialiste" ait "[cédé], sans baragouiner, sur des dispositions très restrictives de nos libertés publiques".

Si l’on regarde la (très courte) liste des députés qui n’ont pas voté cette disposition on voit effectivement que… ah non, en fait Cécile Duflot a bien voté la prolongation de l’état d’urgence. Mais ça ne compte pas, c’était sous le coup de l’émotion. Elle confie :



Nous vivions dans le sillage des attentats, l’émotion et la précipitation nous entraînaient — je ne m’exclus en rien, étant députée d’une circonscription comprenant le 11e arrondissement de Paris où eurent lieu les carnages. J’étais donc remuée, embarquée. Et j’ai pu vivre de l’intérieur cette règle qui veut que les parlementaires, pourtant concernés au premier chef, ne sont pas les plus lucides lors des grands bouleversements de l’Histoire. La peur tétanise les meilleurs esprits. En matière de démocratie, le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions sécuritaires.

Son vote n’a bien entendu aucun rapport avec la politique menée par Manuel Valls, qui répond, selon elle, "non pas à la situation sociale ou à la crise écologique, mais à la prétendue demande d’autorité du pays."

Un autre sujet dans l’air du temps taraude l’ex-ministre : la déchéance de nationalité pour les binationaux nés Français et condamnés pour terrorisme, mesure à laquelle elle est opposée. Cécile Duflot fustige donc la politique de François Hollande :

En moins de cinq ans, nous sommes passés de "mon adversaire la finance" à "mon ennemi le binational".

L’élue EELV use d’une technique bien à elle pour troller le président de la République : faire référence au discours du Bourget, lors duquel l’ancien candidat PS à la présidentielle avait déclaré la guerre à la finance.

En avril 2014, à peine un mois après avoir quitté le gouvernement, Cécile Duflot avait déjà exhumé le discours du Bourget le jour de la présentation du plan d’économies. Rebelote en septembre 2014 : “Le Bourget ? C’est pas là qu’on avait promis de zlataner la finance ?”, ironisait l’élue EELV lors d’une interview à SoFoot.

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