Si François Hollande est candidat, Manuel Valls prévient qu’il ne fera pas activement campagne pour lui

Publié à 07h46, le 25 novembre 2016 , Modifié à 07h46, le 25 novembre 2016

Si François Hollande est candidat, Manuel Valls prévient qu’il ne fera pas activement campagne pour lui
Manuel Valls et François Hollande. © AFP
Image Sébastien Tronche


"Il faut que ça aille mieux." Stéphane Le Foll a bien tenté de siffler la fin de la récré et de recadrer son n+1 Manuel Valls, de plus en plus déterminé à empêcher une candidature du chef de l’Etat. Mais c’est visiblement un gros échec.

Après la nouvelle et cinglante sortie de Malek Boutih contre une candidature du chef de l’Etat, Manuel Valls poursuit son travail de sape, convaincu qu’il est que lui seul peut réunir la gauche et mener le combat présidentiel (et empêcher Arnaud Montebourg de remporter la primaire du PS). "Pour ma part, je n’ai renoncé à rien", a confié en "petit comité", selon Le Parisien de ce vendredi 25 novembre, celui qui concède que si François Hollande n’y va pas, il sera candidat "dans la minute".

Alors que François Hollande doit annoncer d’ici le 15 décembre au plus tard ses intentions, son Premier ministre prévient qu’il ne jouera pas les colleurs d’affiche pour son patron. Ainsi a-t-il "juré à ses proches cette semaine", rapporte encore Le Parisien :

Si le président de la République pense que de toute façon, s’il est candidat, je serai derrière lui, j’irai coller des affiches, parler dans le train, faire des déambulations, là c’est non.

Soit tout ce que Manuel Valls faisait en 2012 lorsque, directeur de la communication de François Hollande, il avait activement contribué à la victoire socialiste contre Nicolas Sarkozy. Et d’ajouter :

Je me poserai la question de ce que je devrai faire.

"S’il (François Hollande, ndlr) pense que sa candidature va effacer le livre, il se trompe", jugent, pour enfoncer le clou, les proches du Premier ministre au Parisien. Depuis les confidences tonitruantes de François Hollande dans le livre Un Président ne devrait pas dire ça…, Manuel Valls se démarque ainsi de plus en plus de son boss, poussé par ses proches à prendre le premier rôle pour la présidentielle de 2017 et tenter de sauver les dégâts d’une année électorale qui s’annonce délicate pour la majorité sortante.

Parallèlement, interrogé sur ses ambitions présidentielles pour 2017, Manuel Valls se dit "très déterminé" à "ne pas abandonner la gauche", dans une interview publiée dans le quotidien Paris-Normandie. En déplacement à Rouen vendredi, il dit également "ne pas imaginer de manquer ce rendez-vous" même s'il veut "privilégier le collectif", alors que la guerre froide qu'il livre en coulisses avec le chef de l'Etat atteint des sommets de tension.

Quand le journal normand lui fait remarquer qu'il semble "prêt" à être candidat et que ses proches s'activent pour sa candidature, Manuel Valls n’élude rien mais ne dit rien non plus pour ne pas se mettre à la faute : 

Vous savez, je suis conscient de mes responsabilités. Je suis à la fois serein et très déterminé à ne pas abandonner la gauche, à empêcher l'extrême droite d'être au second tour, et à ne rien concéder sur la République et le progrès.

Interrogé sur une possible candidature de François Hollande début décembre, le Premier ministre n'exprime aucun souhait en ce sens et formule même trois "exigences" pour que cette candidature soit possible : "Chaque décision qui doit se prendre dans les jours qui viennent devra tenir compte du seul intérêt de la France, de la gauche et de sa famille politique".

Avec la fin de la primaire de la droite, la guerre froide qui oppose en coulisses François Hollande et Manuel Valls autour de la candidature socialiste en 2017 arrive dans sa phase décisive, à moins de trois semaines de la décision du président sortant.

A LIRE AUSSI SUR LE LAB :

> Pour Valls, "il y a une rupture de confiance" avec Hollande : "un manque de respect incroyable"  

> La grosse galère de Manuel Valls pour ne pas dire que François Hollande est le candidat naturel pour 2017  

A LIRE AUSSI SUR EUROPE1.FR :

> Si Hollande renonçait en 2017, Valls ne serait "pas forcément le mieux adapté" 

Du rab sur le Lab

PlusPlus