Suivez le multiplex politique dominical du 21 juin avec Aurélie Filippetti, Jean-Marie Le Guen et Christian Eckert

Publié à 17h54, le 21 juin 2015 , Modifié à 21h28, le 21 juin 2015

Suivez le multiplex politique dominical du 21 juin avec Aurélie Filippetti, Jean-Marie Le Guen et Christian Eckert
Jean-Marie Le Guen, Aurélie Filippetti et Christian Eckert © Montage Le Lab via AFP

#MULTIPLEXPOLITIQUE - Au programme des interviews dominicales ce 21 juin, Aurélie Filippetti dans BFM Politique, Jean-Marie Le Guen dans 18h Politique et Christian Eckert dans Tous Politiques.

Comme chaque dimanche, Le Lab se plie en quatre pour suivre ces différentes interviews et vous en propose ses morceaux choisis au fur et à mesure de la soirée.

>> Aurélie Filippetti, BFM Politique sur BFMTV



# Bon courage

Et ça commence très fort pour l'ancienne ministre de la Culture devenue députée frondeuse. Après la nouvelle utilisation du 49-3 sur la loi Macron à l'Assemblée, de nombreux élus de la gauche du PS ont dénoncé (entre autres) l'incohérence entre ce passage en force et l'unité affichée quelques jours plus tôt, au congrès de Poitiers. "Moi vous savez, je ne suis pas allée à Poitiers", attaque bille en tête et dans un grand sourire Aurélie Filippetti, qui "craignait que ce soit une grand messe, où tout le monde s'embrasse ou fait semblant [...] et puis qu'au final rien ne change". Ce qui est advenu, selon elle. 

"C'était un simulacre de congrès, ajoute-t-elle, qui n'a réglé aucun des problèmes sur la ligne économique, la ligne politique, qui doit être celle du PS aujourd'hui". Et d'achever sa diatribe en estimant qu'adhérer au Parti socialiste aujourd'hui est "difficile" et "méritoire" :

 

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On savait dès le mois de décembre que ce serait un congrès verrouillé, tout simplement parce qu'il n'y a plus d'adhérents au PS, on a perdu la moitié de nos adhérents ! [...] Adhérer aujourd'hui, pour des gens qui n'y sont pas encore, je comprends que ce soit difficile, en tous cas c'est méritoire.

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Plutôt sympa, donc.

# I have a dream

Christiane Taubira l'a lancé cette semaine : "Je rêve d'un monde où l'on pourrait travailler 32h par semaine." Une déclaration qui a évidemment créé une petite polémique. Sans pour autant défendre elle aussi la semaine de 32 heures, Aurélie Filippetti prend la défense de son ancienne collègue... tout en se payant Emmanuel Macron. Elle dit :

 

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Je préfère les rêves de Christiane Taubira - qui sont des rêves utopiques bien sûr, elle n'est pas en train de dire que c'est son programme politique, c'est une utopie - aux rêves qui consistent à dire 'je veux que tous les jeunes s'imaginent un jour milliardaires'.

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Pour mémoire, le ministre de l'Économie, *pas franchement* sur la même ligne politique que la députée de la Moselle, avait expliqué au début de l'année : "Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires"

>> Jean-Marie Le Guen, 18h Politique sur iTélé



# Minoritaires x 4

Entre le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement et les frondeurs du PS, ça n'a jamais été le grand amour. Pas raison que cela s'arrête aujourd'hui, alors qu'une nouvelle phase d'affrontement s'est ouverte avec la deuxième séquence loi Macron / 49-3. Jean-marie Le Guen se défend cependant d'utiliser un "bâton" pour taper sur ces élus socialistes contestataires, qu'il dézingue sans ménagement ce dimanche soir, répétant quatre fois qu'ils sont "minoritaires" :

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Ils prétendaient être majoritaires dans le groupe [à l'Assemblée], ils sont très minoritaires ; ils prétendaient être majoritaires au Parti socialiste, ils sont minoritaires. Ce sont des minoritaires. Et ces minoritaires ne nous font pas de bien dans notre action. Donc je pense que comme nous sommes un collectif et qu'il y a des règles qui consistent en général à pouvoir discuter à fond de tout [...], eh bien une fois que la discussion politique a été adoptée, qu'il y a une délibération collective, on s'y tient. 



Voilà. M'enfin, franchement,c'est un peu derrière nous hein, toutes ces questions.

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# Moi, je les accueille, les migrants

Le 10 juin, il invitait Cécile Duflot à accueillir les migrants sur sa circonscription, en réaction à une lettre de la députée écolo à François Hollande publiée par Le Monde, dans laquelle l'ancienne ministre qualifiait de "Waterloo moral" la politique migratoire de la France. Jean-Marie Le Guen revient sur cette remarque, ce dimanche, en rajoutant une couche de critique vis-à-vis de Cécile Duflot :

 

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Je trouve que ce n'est pas bien d'aller faire de l'instrumentalisation de ce qui passe. Moi, dans ma circonscription, j'accepte des migrants. Voilà. Je ne le crie pas sur tous les toits, je ne vais pas en faire un argument. Mais je ne vais pas faire des tribunes dans Le Monde pour parler de 'Waterloo'. En tous cas, c'est chez moi - à Austerlitz, si j'ose dire - que les choses se font pour accueillir les migrants. Donc c'est tout, je n'aime pas l'instrumentalisation de ce type de questions. Je n'aime pas les gens qui donnent des leçons de morale et qui ne prennent pas leurs responsabilités. 

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>> Christian Eckert, Tous Politiques sur France Inter / Le Parisien / France 3

# Kamoulox : l'impôt, le paquebot et le vélo

Le secrétaire d'État au Budget l'affirme : une fois mis en place le prélèvement de l'impôt à la source, il sera impossible de revenir sur cette réforme. Et pour bien le faire comprendre, il utilise une métaphore un peu étrange :

 

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Un paquebot peut toujours faire demi-tour mais c'est plus long qu'un vélo.

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Pour être honnête, le mot "paquebot" a d'abord été prononcé par son interlocuteur. Mais le vélo, ça c'est une idée de Christian Eckert. Développant l'idée de l’irréversibilité de cette réforme, il évoque ensuite un "risque d'incident" voire "d'accident" une fois la mise en oeuvre commencée :

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Si cette réforme n'a pas été lancée plus tôt, c'est parce que nous savions que c'est une réforme qui consiste comme vous dites à mettre un paquebot sur des rails, dans une direction, et qu'ensuite il est plus difficile de s'en écarter et qu'on risque à tout moment - enfin 'on risque', évidemment on fera tout pour l'éviter mais on risque l'incident, pour ne pas dire l'accident. Vous savez, 37 millions de foyers fiscaux à traiter, 150 millions d'informations qui viennent de l'ensemble des employeurs, de ceux qui payent ou de ceux qui reçoivent [...], c'est une machine dont on peut penser aujourd'hui avec l'informatique que c'est très très simple, [mais] c'est une logistique extrêmement lourde et donc je pense qu'il sera difficile de revenir en arrière quand nous aurons posé les jalons que nous allons poser.

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# SHOCKING

Sans surprise, la motion de censure du gouvernement, déposée par le groupe Les Républicains, n'a pas été adoptée par l'Assemblée après le recours au 49-3. Mais Christian Eckert reste "choqué" d'avoir vu des élus communistes la voter en compagnie de la droite. Il explique :

 

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Moi je suis élu de Lorraine, d'un bassin minier, sidérurgique, où le Parti communiste a été présent, très très présent. Les voir aujourd'hui voter une motion de censure déposée par l'UMP, contre ce gouvernement, c'est quelque chose qui me choque personnellement, mais à la limite peu importe. Mais je sens que ça choque aussi un certain nombre de mes électeurs et de leurs électeurs, sur le territoire que je connais bien. Je pense que beaucoup sont désemparés. Et  de voir que le Parti communiste aujourd'hui, ou le Front de Gauche aujourd'hui, votent une motion de censure déposée par l'UMP, euh... je ne... j'ai peine à y croire.

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S'il ne reprend pas à son compte le terme de "conservateurs" employé par Manuel Valls pour désigner ces élus FdG (qui avaient même essayé en vain, une nouvelle fois, de déposer leur propre motion de censure), il n'en pense pas moins que leur comportement n'a pas été aussi "digne" que ce qu'il espérait d'eux :

 

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J'en ai connu quelques uns [des élus communistes, ndlr] avec lesquels j'ai passé des moments intéressants à l'Assemblée nationale, qui souvent étaient constructifs, il en reste d'ailleurs quelques uns. Mais je pense qu'une abstention eût été plus digne que mêler ses voix avec - d'ailleurs on dit plus 'l'UMP', j'ai fait une erreur, on dit 'Les Républicains'. 

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