Syrie : lui Président, Benoît Hamon "irait" à Alep, "comme Mitterrand à Sarajevo"

Publié à 07h40, le 09 décembre 2016 , Modifié à 07h56, le 09 décembre 2016

Syrie : lui Président, Benoît Hamon "irait" à Alep, "comme Mitterrand à Sarajevo"
Image Etienne Baldit


Alep retombe aux mains du régime Syrien. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), l’armée a pris le contrôle de tous les quartiers de la vieille ville. Les forces loyalistes de Bachar al-Assad, alliés aux Russes et aux Iraniens, récupèrent donc ce symbole du conflit qui fait rage depuis cinq ans. Les méthodes mises en oeuvre pour y parvenir sont cependant très vivement contestées par la communauté internationale, qui alerte depuis des semaines sur les "crimes de guerre" commis par le dictateur syrien et Moscou. Jeudi 8 décembre, Benoît Hamon a qualifié ces événements de "plus grand drame humanitaire depuis des décennies".

Le candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire (BAP) était invité de L'Émission Politique, sur France 2. Il a assuré que s'il était élu en mai 2017, il prendrait une initiative à haute teneur en symbole pour peser dans cette crise internationale et mettre fin aux meurtres de populations civiles : se rendre sur place, "comme François Mitterrand avait été à Sarajevo" en 1992. Benoît Hamon a expliqué :

Ce que moi je ferais si j'étais président de la République aujourd'hui : j'irai là-bas. J'irai là-bas. J'irai là-bas comme François Mitterrand avait été à Sarajevo. Et je dirais aux Russes et aux Syriens : 'C'en est fini aujourd'hui d'une stratégie qui conduit à massacrer des populations civiles pour reprendre du terrain.'

Il y a 24 ans, le président Mitterrand avait effectué un voyage spectaculaire dans la Sarajevo assiégée, obtenant l’ouverture d’un couloir humanitaire permettant l'aide aux civils victimes du conflit en ex-Yougoslavie. Une question essentielle aujourd'hui en Syrie, afin de permettre l’acheminement d’aide humanitaire et l’évacuation des 250.000 civils assiégés dans la partie rebelle d'Alep, dont près de 100.000 enfants.

Ces derniers jours, plusieurs personnalités ont appelé François Hollande à se rendre à Alep, à l'instar de Daniel Cohn-Bendit et Bernard Kouchner. La députée écolo Cécile Duflot a par ailleurs annoncé l'organisation d'un voyage sur place avec plusieurs autres parlementaires de tous bords, précisant répondre ainsi à "l'invitation du maire d'Alep". Mais concernant un chef de l'État, un expert interrogé par L'Obs se montre extrêmement sceptique : "Qui demandera l'autorisation de vol ? Où le président atterrirait-il ? Où ira-t-il ? Serait-il en sécurité ? Vous pensez vraiment que le régime d'Assad autoriserait le chef de l'État français à se rendre à Alep ? Et parce que nous n'avons plus de relations [diplomatiques, ndlr], la France ne le demanderait pas."

Jeudi soir, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a annoncé que l'armée syrienne avait interrompu ses "opérations militaires actives" dans l'est d'Alep car des efforts sont en cours pour évacuer des civils. "Je peux vous dire qu'aujourd'hui, les opérations de combat de l'armée syrienne ont été interrompues dans l'est d'Alep parce qu'il y a une grande opération en cours pour l'évacuation des civils", a-t-il déclaré en marge d'une réunion de l'OSCE en Allemagne.

Outre ce voyage, Benoît Hamon a aussi évoqué la question diplomatique autour du règlement du conflit syrien. "Maintenant que la prise d'Alep, qui était stratégique aux yeux de Bachar al-Assad, est acquise, les conditions peut-être d'un retour à la négociation et d'une solution politique sont envisageables", a-t-il avancé. Et de plaider pour une discussion avec le régime d'al-Assad, même si celui ne peut pas, selon lui, faire partie du futur politique de la Syrie :

Il n'y aura pas de changement de régime sans discuter avec le régime syrien. Ça ne passe pas par le maintien de Bachar al-Assad mais croire et imaginer - d'ailleurs ils discutent à Genève, les Syriens, aux Nations Unies il y a aussi des discussions. Mais il n'y aura pas de solution politique sans que toutes les parties, à un moment, soient autour de la table.

Moi Président, je considère que la solution politique passe d'une manière ou d'une autre par une discussion avec le régime syrien, en tout cas des représentants du régime syrien. Mais il n'y a aucune solution politique ou aucun avenir envisageable avec Bachar al-Assad pour la Syrie derrière.

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