Mise à jour
Marine Le Pen l'assure, elle n'a que 352 signatures. Et si elle ne parvient pas à recueillir les 500 précieux parrainages, Sarkozy serait à égalité avec Hollande au premier tour selon un sondage du JDD paru dimanche. Pas de panique, Le Lab a pensé à tout et dresse la liste des plus ou moins bons arguments dont le FN ferait bien de s'inspirer pour parvenir à ses fins...
Nicolas Sarkozy et François Bayrou seraient les grands bénéficiaires de l’absence de la candidate du FN si celle-ci ne parvenait pas à réunir les 500 parrainages. Le JDD a testé ce scénario. Nicolas Sarkozy et François Hollande serait tous les deux à 33% au premier tour, et l'abstention atteindrait 22%.
EXTRAIT
François Hollande garderait la tête avec 33 % des voix ( 3,5), mais à égalité avec Nicolas Sarkozy ( 8,5). François Bayrou obtiendrait 17 % ( 4,5), devant Jean-Luc Mélenchon avec 9 ( 1). Eva Joly gagnerait un demi-point (3 %) à égalité avec le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qui multiplierait par trois son score.
Mercredi, Jean-Pierre Chevènement annonce son retrait de la course à l’Elysée. Faute de moyens, le Che rend les armes. Dès le lendemain, on apprend que sont entourages a reçu des "sollicitations" de l'équipe de campagne de plusieurs candidats qui peinent à recueillir les 500 signatures, parmi lesquels Marine Le Pen. A cette date, Jean-Pierre Chevènement comptait "pas loin de 400 parrainages". Le FN mettrait bien la main sur ce “fichier qui liste tous les maires qui ont parrainé" le désormais ex-candidat.
Mais attention, ici, il y a de la concurrence. Dominique de Villepin est aussi sur ces signatures qu’il aimerait prendre à Jean-Pierre Chevènement.
Marine Le Pen croise les doigts pour être écoutée par les "Sages". La patronne du FN a dit espérer que les membres du Conseil constitutionnel allaient "défendre la démocratie" et "admettre" que le système des parrainages "est en bout de course". En effet, la leader d’extrême droite a déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Marine Le Pen dénonce ce dispositif destiné à éliminer les candidatures fantaisistes, qui prévoit la publication au Journal officiel des 500 signatures d'élus minimum pour se présenter au premier tour de l'élection.
Fin novembre, elle envoyait une lettre à François Fillon. Celle-ci lui demandait de supprimer un article du décret obligeant la publication des noms d'au moins 500 élus ayant apporté leur soutien à un candidat.
Réponse rapide du Premier ministre : hors de question. Marine Le Pen a beau ferrailler pour obtenir cet anonymat, la réponse de François Fillon est très claire. Hors de question de toucher à la loi de 1962. Une loi organique qui ne peut être modifiée qu'en passant devant le Parlement.
Le Conseil constitutionnel se prononcera avant le 22 février sur la conformité à la Constitution française du système des parrainages pour se présenter à l'élection présidentielle.
Dans un récent sondage de l'Ifop, 60% des Français estiment que l'anonymat devrait être la règle pour les parrainages. Ils sont 83 % parmi les sympathisants du FN et 74 % des habitants des communes rurales, où les maires sont les plus sollicités.
Voir l'étude de l'Ifop ici :
L'Ifop a dressé un portrait robot du "parrain" type de Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle de 2007 : un maire de village entre 100 et 400 habitants vivant au nord-est du pays. De la Bourgogne au Pas-de-Calais. Car en Auvergne, par exemple, aucun édile n'a signé pour permettre au père de Marine Le Pen de se présenter.
Heureusement, De Villiers est hors course
Pour 2012, selon le directeur du département opinion de l'Ifop cité par LeMonde.fr, le retrait de Philippe de Villiers est une bonne nouvelle. Le Front National devrait ainsi profiter des signatures de maires dans l'ouest de l'Hexagone.
Mediapart (lien payant) a contacté cinquante maires ayant parrainé Jean-Marie Le Pen en 2007. Ils racontent les menaces de mort, les représailles et les insultes...
EXTRAIT
René Couzinet est l’un d’eux. Maire d'Arrouede (Gers), son parrainage lui a valu 'des problèmes ': 'La dernière fois, on a trouvé des croix gammées sur le mur du cimetière. Et heureusement que j'ai été un homme sain : ils (sic) ont épluché ma vie.'
Autre exemple, toujours dans Mediapart.
Jean-Guy Naury est maire de Montbavin (Aisne). [...] Lui aussi affirme avoir subi 'une chasse aux sorcières' qui lui a coûté sa vice-présidence (en charge de la culture) de la communauté de communes. 'Notre communauté de communes est à gauche; quand la liste des 500 a été publiée, je suis passé devant un véritable tribunal, on se croyait dans les locaux du KGB.'