Mise à jour
"Toutes les civilisations ne se valent pas". La phrase a provoqué une vaste polémique autour de Claude Guéant. Alors qu'il intervenait dans le cadre d'une réunion de l'UNI, le syndicat étudiant de droite, le ministre de l'Intérieur a lâche cette petite phrase qui a enflammé Twitter avant d'être confirmée par les médias traditionnels. L'opposition s'insurge et le gouvernement fait bloc derrière le ministre de l'Intérieur. Sauf quelques voix, et non des moindres, comme celles d'Alain Juppé ou de Jean-Pierre Raffarin.
A droite, le soutien sans faille à Claude Guéant commence à se fissurer doucement.
Alain Juppé a jugé "inadéquat" l'usage du mot "civilisation". Le chef de la diplomatie française a pris ses distances avec son homologue de l’Intérieur tout en rappelant que Claude Guéant est un "républicain" avec qui il partage des valeurs.
De son côté, Jean-Pierre Raffarin martèle aussi sur France Inter que l'homme qui a déclenché la polémique est un "bon ministre". Mais jamais avare en bons mots, l'ancien Premier ministre a souligné qu'il était "meilleur ministre qu'ethnologue".
Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas.Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique
Jean-Marie Le Pen dans le texte ? Pas du tout, ces propos sont ceux du ministre UMP de l'Intérieur, Claude Guéant. Le locataire de la place Beauvau les a déclamés ce samedi devant 200 militants de l'UNI, syndicat étudiant de droite, lors d'une réunion tenue dans une salle de l'Assemblée nationale.
Précision intéressante, celui qui a rapporté ces déclarations, confirmée plus tard par l'AFP, peut difficilement être taxé de "gauchiste". Il s'agit en effet de Tristan Maupoil - sur Fréquence ESJ, le site des étudiants de l'école de journalisme parisienne - qui était, jusqu'à l'année dernière, le porte-parole du syndicat lycéen pro-gouvernemental RNL (Réformons nos lycées)...
Invité de RTL, le ministre de l'intérieur a confirmé ses propos et, grand classique, accusé l'opposition de déformer ses propos:
Je ne la regrette pas mais je regrette que certains à gauche continuent à extraire des petites phrases de leur contexte et enlèvent ainsi la dignité du débat démocratique
Cela veut dire très clairement que, pour nous, tout ne se vaut pas. Pour la gauche, apparemment, si j'en juge par les réactions que j'ai entendues ce matin, tout se vaut.
Invité d'Europe 1, François Baroin, le ministre de l'Économie a défendu les propos de son collègue de l'Intérieur :
Je suis toujours très frappé de voir l’exploitation des propos de Claude Guéant. Claude Guéant est un profond républicain. C’est une polémique de fond. Je préfère la Liberté, l’Etat de droit. Je ne vois pas très bien que ce qu’un Républicain peut contester. Les membres de ce gouvernement sont de profonds républicains.
Sur les ondes de RTL, Gérard Longuet, ministre de la Défense a lui aussi tenté d'éteindre la polémique du week-end en affirmant que le jugement de Claude Guéant "est intéressant dans son contexte".
Dire que le respect de la personne, dire que le refus de la violence, dire que le refus de la peine de mort par exemple hiérarchisent des comportements, des cultures, des civilisations me paraît d'une banalité totale.
Si on ne peut même pas dire cela, c'est la censure à tous les étages et à tous les moments de la réflexion.
L'UNI, le syndicat d'étudiants de droite devant lequel s'exprimait Claude Guéant a publié sur son site un billet de blog évoquant une "polémique odieuse."