Mise à jour
MULTIPLEX - Pour ce deuxième multiplex politique de l'année, dimanche 13 janvier, le Lab s'est plié en quatre pour vous permettre de suivre en simultanée les interviews de Laurent Wauquiez, Michel Sapin, François Bayrou et Laurent Fabius.
Au programme : la manifestation contre le mariage homosexuel, l’accord trouvé sur l’emploi, l’intervention française au Mali…
>> Laurent Wauquiez, député UMP, dans C politique, France 5

> Le point jeunesse
Parfois qualifié de gendre idéal, surdiplomé et arrivé çà l’Assemblée et au gouvernement très jeune, Laurent Wauquiez a reconnu avoir de l’ambition, "pour faire des choses", mais juge que la jeunesse en politique est "un handicap" en France :
J’espère que dans 10 ans, on en passera pas son temps à me rappeler mes diplomes. Ce qui compte, c’est ce qu’on est.
La jeunesse en politique et en France, c’est surtout un handicap.C’est une plaie de la politique française.
En général, quand on est jeune en politique, on vous accuse d’être ambitieux.
> 2017 pour l’UMP : "un poison"
Laurent Wauquiez vise-t-il un jour la présidence de l'UMP ? Il nie et regrette que les ambitions personnelles dans son parti, 2017 en ligne de mire, aient donné une image "ridicule" de l'opposition.
L’ambition en politique, c’est sain mais ca peut aussi vriller la tête. L’obsession de 2017 est un poison.
Aujourd’hui, je suis vice-président de l’UMP. L’opposition a été suffisamment ridicule en 2012 …
> Le point manifestation contre le mariage homo
Présent dans le cortège qui a défilé, et "fier" d'y avoir été, ce dimanche, contre le mariage homosexuel, Laurent Wauquiez s’est félicité de ce qui a été pour lui, "une belle manifestation" :
C’était une belle manifestation. C’est la plus grosse manifestation sur un sujet de société depuis 1984.
Hollande a le devoir moral et politique d’entendre ceux qui se sont exprimés.
Ce qu’il faut c’est un référendum. 70% des Français demandent à s’exprimer.
Les Tartuffes, ca suffit. Je parle de Christiane Taubira et des socialistes.
Ce qui m'intéresse, ce n'est pas d'avoir un ministre qui pose en marinière, mais un ministre qui fait bouger les choses.
Les ministres ont le droit de partir en vacances. Il faut juste un minimum d’éthique personnelle.
>> Michel Sapin, ministre du Travail, dans BFM Politique
> Point "manifestation"
350 000 ou 800 000 manifestants ce dimanche, peu importe. Pour Michel Sapin, cela ne change pas la donne. Et le ministre du Travail de réaffirmer la légitimité du Parlement :
Ils expriment une opinion. Libre à eux. Est-ce que ca fait changer le cours des choses ? Non.
La légitimmité fondamentale dans une République, c’est le Parlement. C’est le Parlement qui vote la loi.
Quant à la demande répétée d'organiser un référendum sur le mariage homo, Michel Sapin balaye l'hypothèse d'un revers de main. Et par l'ironie :
Pourquoi est-ce qu’on ne passerait pas son temps à poser des questions aux Français ?
> Un président normal mais "exceptionnel"
Interrogé sur l'attitude de François Hollande sur la décision d'intervenir militairement au Mali, Michel Sapin a défendu son ami et président. Un homme normal mais "exceptionnel" :
On peut avoir un comportement normal dans la vie de tous les jours et une attitude exceptionnelle dans une situation exceptionnelle.
Relancé sur les critiques concernant un François Hollande qui serait un "mou", le ministre du Travail répond :
C’est un homme de détermination et un homme d’écoute.
Le texte de loi transcrira l’accord et respectera l’équilibre de l’accord. Il faut respecter cet équilibre.
> "On ne peut pas attendre"
Sur l’emploi, Michel Sapin explique que le gouvernement fera appel à la procédure d’urgence au Parlement. Une procédure dont les parlementaires jugeaient l’utilisation excessive. Michel Sapin leur répond, ferme :
Aux députés et sénateurs, vous savez ce que je leur répond : "On ne peut pas attendre sur le front de l’emploi".
> Le point "retraites"
Comme avancé par lui-même ainsi que par Pierre Moscovici fin 2012, le gouvernement réfléchit à une réforme des retraites en 2013. Des négociations seraient déjà en cours d'après Michel Sapin :
Avec la réforme Sarkozy, je croyais qu'on était sorti du trou. Pas du tout, on y retourne encore.
Il y a des propositions qui sont en train d'être élaborées.
Il faudra une réforme des retraites.
>> François Bayrou, MoDem, dans Tous Politique
> Le point mariage pour tous
Le président du MoDem, François Bayrou, a appelé dimanche François Hollande à "entendre les manifestants" qui ont battu le pavé contre le projet de loi sur le "mariage pour tous", lui conseillant de ne pas "choisir le dialogue de sourds".
Ces manifestants-là, il faut aussi que le gouvernement les écoute, il faut aussi que François Hollande les entende parce qu'ils sont des Français et que le rôle du président de la République, c'est d'entendre les Français.
Quant à l’éventualité d’un référendum, François Bayrou ne se rallie pas aux personnalités de droite qui le demandent à François Hollande, le sujet étant trop clivant selon lui :
Les référendums sur des sujets brûlants sont risqués, ça allume le feu.
> Le point lutte des classes
Alors que Jean-Luc Mélenchon et Jérôme Cahuzac s’étaient opposés, à Mots Croisés, sur la lutte des classes et que la position du gouvernement sur le sujet est ambigue, François Bayrou, lui, ne tient pas le même discours que le ministre du Budget, qui "n’y a jamais cru" :
Je crois que la lutte des classes, ça existe.
> Accord sur l’emploi : du bon et du moins bon
Satisfait du pacte de compétitivité et du crédit d’impot mis en place par le gouvernement, le centriste est plus mitigé concernant l’accord signé vendredi entre le gouvernement et les syndicats sur l’emploi.
S’il s’est d’abord félicité :
C’est un accord positif et substantiel, pas un accord verbal et de façade.
François Bayrou juge qu’on aurait pu aller encore plus loin dans le compromis :
On n'a pas fait l'effort de simplification du contrat de travail qui est nécessaire. (…)
Je suis pour un contrat de travail unique [...] qui lève la peur d'embaucher.
>> Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, au Grand Jury

Notre premier objectif était de bloquer les terroristes : c'est fait.La France devait intervenir d'urgence, sinon, il n'y avait plus de Mali mais un état terroriste.
La main du Président Hollande n'a pas tremblé. Il a pris sa décision en 24 heures.
Ce n'est qu'une question de semaines.
Je préfère me concentrer sur des responsables politiques qui aujourd'hui exercent des responsabilités.
(Le référendum, ndlr) Ce n’est pas la voix qui a été choisie. La démocratie parlementaire peut fonctionner à travers le débat au parlement.
Cette question a quand même été un thème évoqué dans l’élection présidentielle, donc les Français se sont exprimés. La voie parlementaire est pertinente.
En ce qui me concerne, je passe la moitié de ma vie à l’étranger. Donc que le ministre des Affaires étrangères soit à l’étranger, ce n’est pas étonnant.J’ai pris les précautions. J’en avais informé le président.
Cet engagement est difficile et ambitieux et il faut tout faire pour y arriver.