Mise à jour
Ça ressemble à une nouvelle mode : à droite, quand on ne veut pas voter Nicolas Sarkozy, on se rabat sur François Bayrou. Mardi, c'est l'ancienne secrétaire d'Etat, Rama Yade, qui a déclaré "réfléchir"à soutenir le candidat du Modem.
Avant elle, Philippe Douste-Blazy avait déjà exprimé son soutien à François Bayrou. Christine Boutin avait aussi marqué sa préférence pour le président du Modem au cas où elle ne pourrait pas concourir. Le Lab fait le tour de ces soutiens visiblement non réclamés par le mouvement orange et, avouons-le, sans grand intérêt pour lui...
Sujet en évolution tout au long de la campagne...
Rama Yade "réfléchit"à apporter son soutien à François Bayrou. L'ancienne secrétaire d'Etat, coqueluche du sarkozysme conquérant de 2007, l'a annoncé... au siège du Parti radical, mardi matin où elle tenait une conférence de presse.
Au Figaro, elle a déclaré :
Avec Bayrou, nous avons des points communs, la posture d'indépendance.
Pourquoi s'empêcher de réfléchir au projet d'autres candidats... J'avais un candidat de coeur, Jean-Louis Borloo. Maintenant, il s'est retiré pour des raisons que je comprends. Je cherche dans le paysage de droite et du centre celui que je peux soutenir.
Lundi après-midi, dans une tribune publiée dans Le Monde, Philippe Douste-Blazy, un des fondateurs de l’UMP devenu secrétaire général adjoint de l’ONU, annoncera son ralliement à la candidature de son ancien comparse au sein de l’UDF, François Bayrou, avec qui il était pourtant fâché depuis… fin 2001, révèle le Journal du Dimanche.
EXTRAIT
Celui qui est aussi président d’Unitaid trouve Nicolas Sarkozy trop à droite. Il a également sans doute peu apprécié de sortir de l’Élysée les mains vides à l’issue d’une rencontre avec le président de la République, fin 2010. Le contact avec Bayrou date, lui, de la fin 2011. Depuis, les deux hommes, qui partagent la même culture pyrénéenne, ont des échanges fréquents et l’ancien maire de Lourdes devrait prendre des responsabilités dans la campagne du Béarnais.
La candidate du Parti chrétien-démocrate et ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a dégainé sa bombe atomique. Mais pas simple de faire sauter la République. Son soutien à François Bayrou fait sourire les observateurs et ne fait pas plaisir au camp centriste.
L'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias, et proche du candidat Modem, a estimé que l'ancienne ministre ne ralliera pas François Bayrou, comme elle en a émis l'hypothèse, car selon lui, il ne s'agit pour elle que d'utiliser le nom du leader centriste pour établir un rapport de force dans son propre camp.
Voir Christine Boutin le 19 décembre qui annonçait être "entrée en résistance" :
Arnaud Dassier, ancien proche de Nicolas Sarkozy, a annoncé qu'il rejoignait François Bayrou. Le spécialiste des questions numériques avait quitté l'UMP fin décembre après le refus du parti présidentiel de l'investir aux législatives,
"J'ai eu une révélation synthétique, je me suis dit: Bayrou c'est la meilleure solution pour atteindre un bon nombre d'objectifs politiques indispensables pour entamer le redressement du pays", résume-t-il dans un entretien à Marianne2.fr.
Mais l'accueil n'est pas celui que pouvait espérer Arnaud Dassier. Richard Ramos, chargé des élections au Modem 45, déclare à la République du Centre : "Arnaud Dassier s'est trompé. Il ne doit pas être candidat sur la 3e circonscription mais sur la 6e ; c'est la seule circonscription qui compte sur ses terres une école de parachutisme".
Les villepinistes ne s'enflamment pas tous pour la candidature de leur flamboyant champion. Certains quittent le navire direction le centre, et François Bayrou. C'est le cas de Xavier Jaglin, qui pourrait entraîner d'autres troupes dans l'affaire.
Dans un communiqué relayé par Marianne2.fr, Xavier Jaglin, président de la fédération de République solidaire de l’Orne invite à "mettre en cohérence ses paroles et ses actes (de Dominique de Villepin, ndlr) et à ouvrir le dialogue avec François Bayrou". Nul doute que le candidat orange préfererait voir l'ancien Premier ministre montrer un tel entrain.