Embrouille au sein des Constructifs : Lagarde (UDI) reproche à Solère de ne pas avoir rameuté assez de députés LR

Publié à 17h31, le 26 octobre 2017 , Modifié à 12h23, le 26 décembre 2017

Embrouille au sein des Constructifs : Lagarde (UDI) reproche à Solère de ne pas avoir rameuté assez de députés LR
Le groupe Les Constructifs. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Image Loïc Le Clerc


Ambiance en demi-teinte chez Les Constructifs. Il faut dire que le groupe, composé de députés UDI, LR, ultra-marins et non inscrits, a du mal à afficher une ligne directrice. Preuve en est lors du vote du Budget 2018 le 25 octobre : 12 votes pour, 19 abstentions et deux contre.

Une cohabitation qui agace, d'autant que le faible nombre d'élus LR dans le groupe commence à faire polémique en interne. Dans Paris Match daté de ce jeudi 26 octobre, Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, à le sentiment de s'être fait avoir par Thierry Solère, lorsqu'ils ont fondé le groupe Les Constructifs à l'Assemblée. En effet, ce dernier lui aurait assuré à l'époque : "T'inquiète, j'ai 20 types qui vont venir !" Problème pour Jean-Christophe Lagarde :

J'attends toujours. Dans le groupe, il y a 16 UDI, 5 outre-mer, 3 non-inscrits et seulement 11 LR. Et encore, ils ne sont pas tous sur la même ligne entre ceux qui rêvent d'être ministres et ceux qui pensent à retourner chez Les Républicains.

Contacté par le Lab, le député UDI Michel Zumkeller confirme les propos de Jean-Christophe Lagarde. "En temps que secrétaire général de l'UDI, je ne peux que me réjouir que nos députés soient majoritaires", s'amuse-t-il, bien qu'il aimerait voir plus de députés LR garnir leurs rangs. Selon lui, l'élection de Laurent Wauquiez à la tête de LR pourrait pousser d'autres LR à les rejoindre. Mais il en est qui, à l'inverse, sont nostalgiques du temps où l'UDI régnait en maître sur le centre-droit. C'est le cas de Yannick Favennec, lequel lance au Lab :

Ce n'est pas qu'il n'y en a pas assez… Ce n'est pas le chiffre annoncé. Je trouve que l'UDI a perdu de son identité depuis le début de la législature. On est un canard sans tête. Avant, on avait notre groupe, notre identité, pas forcément de leader depuis le départ de Borloo, mais au moins on avait une ligne. J'ai un peu le blues de la façon dont on fonctionnait avant.

Yannick Favennec, élu sous l'étiquette UDI depuis 2002, s'agace de voir son groupe devenir un "marchepied" pour des "carriéristes". Il se demande si ces LR ne vont pas plutôt finir par rejoindre LREM, puis s'emporte :

Thierry Solère, je l'aime bien, mais il est très personnel. On les a accueillis, on avait le groupe, le financement. Ce sont des SDF et on leur a ouvert la porte. On est avec les LR, des gens sympathiques, mais je ne m'y retrouve pas. Regardez le vote du Budget : les 19 anciens UDI se sont abstenus et les votes pour sont les anciens LR. Ils applaudissent quand nous on n'applaudit pas

Sans grande surprise, pour le président du groupe Franck Riester en revanche, c'est R.A.S. Au Lab, il assure, lui qui vient de LR, qu'il n'y a "pas de tension". Il développe :

Les choses se passent de mieux en mieux. Avec Jean-Christophe Lagarde, ça se passe bien. Je ne vois pas qui rêverait d'être ministre et les échanges que j'ai avec les députés UDI ou LR se passent très bien.

Le groupe Les Constructifs est ainsi fait. Reste un équilibre à trouver pour clarifier une véritable position de groupe. Quant à la création d'un nouveau parti ensemble, n'en parlez pas à Yannick Favennec, "ça ne [l]'intéresse pas du tout". Un parti qui serait pourtant sur le point de voir le jour, selon Franck Riester.

Du rab sur le Lab

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