Thierry Mandon en a marre des présidents qui préfèrent faire une dépêche AFP qu'avoir de grandes visions pour l’avenir du pays

Publié à 06h56, le 07 novembre 2016 , Modifié à 07h33, le 07 novembre 2016

Thierry Mandon en a marre des présidents qui préfèrent faire une dépêche AFP qu'avoir de grandes visions pour l’avenir du pays
Thierry Mandon © AFP

Pour Thierry Mandon, c'est simple : si François Hollande parle autant aux journalistes – et se confie sur des sujets qui, apparemment, ne devraient pas sortir de l'Élysée – c'est surtout à cause d'un "dérèglement institutionnel" qui est né avec l'instauration du quinquennat, décidée en 2000 par Lionel Jospin et Jacques Chirac.

Interrogé par Mediapart dimanche 6 novembre, le secrétaire d'État à la Recherche et à l'Enseignement supérieur décrit ainsi les hommes qui ont présidé sous l'ère du quinquennat comme des "super chefs de gouvernement, qui passent leur temps à courir après l’actualité". "Cette course effrénée les conduit sans cesse à commenter, à justifier, à réagir", dit-il. Un jeu auquel François Hollande fait figure d'érudit, donc.

Voilà pourquoi il est nécessaire, selon Thierry Mandon, de changer la Constitution et les institutions. Il dit :

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C’est pourquoi cette réforme du quinquennat est très grave et qu’elle appelle aujourd’hui à une évolution institutionnelle. Cette correction est obligatoire. Sinon, on aura toujours des présidents qui feront plutôt des dépêches de l’AFP que de grandes visions de l’avenir du pays. Qui passeront plus de temps à surveiller le moindre communiqué de presse d’un secrétaire d’État plutôt qu’à préparer les grands enjeux internationaux. Il faut corriger cela.

 

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Voilà qui est très *sympathique* pour Nicolas Sarkozy mais également pour François Hollande. Car comme son prédécesseur, ce dernier est accusé de privilégier le court terme, l'instantanéité, au long terme, à la vision, de préférer la communication à l'action. "La politique internationale fait toute la différence, dit-il. […] Je suis pour un président qui assume totalement cette fonction, qui ait une parole plus rare mais qui, quand il parle aux Français, donne du sens."

Ce qui change, encore une fois, donc, des Sarkozy et Hollande, mis dans le même panier des "présidents" même si Thierry Mandon jure que "le sujet, ce n’est pas l’incarnation, c’est la fonction présidentielle qu’il faut corriger".

"On n’a jamais autant parlé de roman national depuis qu’il n’y a plus de romancier", assène le secrétaire d'État. À l'inverse, selon Thierry Mandon, d'Alain Juppé. Celui qui fut ministre des Affaires étrangères, arriverait à incarner cette stature. "Je crois qu’il renvoie inconsciemment à la figure présidentielle que je décris", dit-il, non sans regrets. 

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