Thierry Mandon sur la réforme du collège: "on peut réussir parfaitement sans être un latiniste pure souche"

Publié à 10h46, le 11 mai 2015 , Modifié à 09h30, le 12 mai 2015

Thierry Mandon sur la réforme du collège: "on peut réussir parfaitement sans être un latiniste pure souche"
Thierry Mandon sur iTélé le 11 mai 2015. © images iTélé
Image Delphine Legouté


L'argument devrait RA-VIR les détracteurs de la réforme du collège, tout particulièrement ceux qui s'inquiètent d'une disparition de l'apprentissage du latin et du grec. Invité de iTélé ce 11 mai, Thierry Mandon ne semble pas vraiment se placer dans le camp des férus de langues anciennes. Son argument : pas besoin d'être "un latiniste pure souche" pour réussir dans la vie.

Alors que Bruce Toussaint lui fait remarquer que la réforme va se faire "au détriment" du latin et du grec, le secrétaire d'Etat lui rétorque :

- Thierry Mandon : Ce n’est pas "au détriment" car on pourra toujours apprendre dans les programmes éducatifs interdisciplinaires un certain nombre de bases de latin et de grec. Mais vous-même vous parlez le latin ? Vous avez appris le latin ? Vous avez appris le grec ?

- Bruce Toussaint : Non ...

- Thierry Mandon : Vous avez fait une belle carrière ! Et vous lisez ! Et donc on peut, dans le monde moderne, sans être un latiniste pure souche, réussir parfaitement.

Pour le moment, les collégiens peuvent choisir d'apprendre le latin en option dès la 6e et le grec ancien dès la 3e. La réforme prévoit de supprimer ces options et de mettre en place une sorte de "langues anciennes pour tous" par deux biais :

- des "éléments fondamentaux des apports du latin et du grec à la langue française" au sein-même des cours de français ;

- un nouveau type de cours : l'enseignement pratique interdisciplinaire (EPI). Il existe huit EPI différents. Latin et grec peuvent être intégrés dans l'EPI "Langues et cultures de l'Antiquité". Entre la 5e et la 3e, les collégiens devront suivre six de ces huit modules, soit deux par an. Celui intégrant les langues anciennes ne sera donc pas obligatoirement au programme et son contenu assez libre.

Afin de répondre aux inquiétudes des enseignants, Najat Vallaud-Belkacem a décidé d'ajouter un nouveau cours, cette fois-ci optionnel. Ceux qui voudront faire davantage de latin et de grec pourront avoir un "enseignement de complément" en langues anciennes. Ce module sera cependant très dépendant du volontarisme des établissements car il n'est pas intégré à la grille horaire de base.

Au final, latin et grec ne disparaitront pas des programmes mais dépendront plus fortement du sens des priorités des établissements. Sans grande conséquence, si l'on suit le raisonnement de Thierry Mandon, puisque "on peut réussir parfaitement sans être un latiniste pure souche".





BONUS TRACK

Non, François Hollande en déplacement - et très bien accueilli - dans les Caraïbes n'était pas du tout "en campagne". C'est ce qu'assure Thierry Mandon avant d'expliquer que toutes ces mains tendues, cet accueil si positif... "c'est le côté exubérant" de "ces terres" :



C’est le côté exubérant de tout voyage en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane… Tous les présidents qui en ont faits, c’est à peu près toujours les mêmes usages, il y a un enthousiasme sur ces terres malgré les difficultés qu’elles connaissent qui fait du bien à la France. Ça nous manque un peu cet enthousiasme.


Dit autrement, dans la bouche de Ségolène Royal, ça donne : "Sur ces terres éloignées l'accueil est toujours généreux."

Du rab sur le Lab

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