Tiens, Jean-Pierre Raffarin vient-il de comparer Nicolas Sarkozy à Donald Trump ?

Publié à 09h58, le 15 février 2016 , Modifié à 08h36, le 16 février 2016

Tiens, Jean-Pierre Raffarin vient-il de comparer Nicolas Sarkozy à Donald Trump ?
Jean-Pierre Raffarin © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Image Etienne Baldit


L'AIR DE PAS Y TOUCHER - Nicolas Sarkozy est-il le Donald Trump français ? Jean-Pierre Raffarin vient-il en tout cas d'établir cette comparaison audacieuse tout en annonçant son soutien à Alain Juppé pour la primaire, dimanche 14 février ?

C'est dans les colonnes de La Nouvelle République du Centre-Ouest et de Centre Presse que l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac a décidé d'officialiser ce choix très attendu. Et outre ses louanges au maire de Bordeaux - "une personnalité forte, fiable et fidèle", "il aura le courage de dire la vérité" - le sénateur de la Vienne glisse dans ses propos une référence à la primaire des Républicains américains, et notamment au candidat populiste caracolant en tête des sondages. Estimant que son champion aura "besoin d'une base électorale élargie" pour l'emporter, Jean-Pierre Raffarin dit en effet :



C'est mieux que de vouloir cliver excessivement. Il suffit de voir ce qui se passe aux États-Unis où un Donald Trump fait une course aux extrêmes et, finalement, cherche à renforcer son noyau dur  plutôt qu'à rassembler le pays.

Le côté "clivant" et la course à l'extrême droite sont des critiques régulièrement adressées à l'ancien chef de l'État. Pas plus tard que dimanche, Jean-Pierre Raffarin les formulait d'ailleurs lui-même à la tribune, lors de la clôture du Conseil national de LR qui s'est tenu ce week-end. Non pas à l'adresse de Nicolas Sarkozy lui-même, mais visant le numéro 2 du parti et soutien du patron de LR, Laurent Wauquiez, auteur d'un discours très droitier quelques minutes plus tôt :

Il y a des discours enflammés mais qui sont quelques fois un peu clivants et auquel cas, il faut des personnalités qui sachent rassembler.

Un discours que l'ancien chef de gouvernement tient depuis longtemps.

Et puis il y a un autre élément, dans sa déclaration à la presse régionale, qui fait très fortement penser à Nicolas Sarkozy : la référence au "noyau dur". Un terme cher à l'ex-président qui, au mois de septembre, présentait ainsi sa stratégie et son positionnement idéologique :



Ce qui compte, c'est le noyau dur. C'est comme le caillou que l'on lance dans l'eau, il y a d'abord un premier ricochet, puis un deuxième, et un troisième. Le noyau dur finit toujours par convaincre les sceptiques.

Manière de dire que le coeur militant de LR, très sarkozyste, finirait par importer plus que les sympathisants de tendance centriste, acquis à la cause juppéiste. Or, Jean-Pierre Raffarin pèse toujours soigneusement ses mots et possède un sens de la formule à nul autre pareil, lui qui nous gratifie régulièrement de ses célèbres raffarinades... 

Alors, Jean-Pierre Raffarin fait-il innocemment référence à ce "noyau dur" et à cette stratégie du "clivage" ? Ou compare-t-il délibérément et entre les lignes Nicolas Sarkozy à Donald Trump ? Mystère. Ou pas.

[Edit 16 février] Raffarin dément tout parallèle

Invité de France Info ce 16 février, Jean-Pierre Raffarin a tenu à démentir tout parallèle entre Nicolas Sarkozy et Donald Trump. "Non, pas du tout. Il n’y a pas de parallèle, je démens complètement", lance-t-il avant d'ajouter :

Je ne sais pas d’où vient cette interprétation, je n’ai jamais dis ça. Je dis que je suis inquiet de voir l’évolution de la démocratie américaine. Mais je ne fais pas de parallèle entre Nicolas Sarkozy et Trump.


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