Tous ces responsables politiques qui n’ont vraiment pas eu le nez creux sur Emmanuel Macron

Publié à 20h42, le 07 mai 2017 , Modifié à 20h44, le 07 mai 2017

Tous ces responsables politiques qui n’ont vraiment pas eu le nez creux sur Emmanuel Macron
© Montage Le Lab via AFP
Image Amandine Réaux


Jean-Vincent Placé n’a pas le monopole des pronostics foireux. Si le secrétaire d’Etat à la Simplification est le champion national dans cette catégorie, de nombreux élus de tous bords se sont au moins trompés sur Emmanuel Macron. "Bulle", "phénomène", "hologramme" : de François Fillon à Marine Le Pen en passant par François Bayrou, beaucoup n’ont pas cru aux chances de victoire de l’ancien ministre de l’Economie. Ils lui prédisaient un destin similaire à celui d’Edouard Balladur en 1995 ou Jean-Pierre Chevènement en 2002, soit la Bérézina après de bons sondages.

Force est de constater qu’ils n’ont pas du tout eu le nez creux : ce dimanche 7 mai, Emmanuel Macron a bel et bien été élu président de la République.

  • Jean-Vincent Placé

Fin septembre, Emmanuel Macron a démissionné du ministère de l’Economie depuis un mois, après avoir créé, quelques mois plus tôt, son mouvement politique En Marche !. Sans être officiellement candidat (même si cela fait peu de doutes), il est porté par de très bons sondages. Pas de quoi impressionner Jean-Vincent Placé qui ne place pas beaucoup d’espoirs en son ancien collègue et lui prédit un destin similaire à Eva Joly, candidate EELV en 2012. Soit 2,4%.

  • François Bayrou

À la même époque, François Bayrou passe son temps à critiquer le presque-candidat-à-la-présidentielle qui lui a piqué son créneau centriste. À la sortie d’un dîner avec lui, le patron du MoDem lâche :



C'est un hologramme. Peut-être dans quinze ans, quand il aura vécu ce qu'il doit [vivre], Macron sera prêt, mais pour l'instant il n'y a rien.

Finalement, François Bayrou finira par rallier Emmanuel Macron, renonçant ainsi à rempiler pour une quatrième candidature à la présidentielle. On suppose que son champion est passé, en quelques mois, du statut d’hologramme à celui de présidentiable.

  • Marine Le Pen

Le 27 septembre sur BFMTV, Marine Le Pen se moque de celui qu’elle affrontera finalement au second tour de la présidentielle. La candidate du FN estime qu’Emmanuel Macron "surfe sur du vent" :



On ne sait rien, il surfe sur du vent, sur une sorte de mode. Je ne lui dénie aucune légitimité à être candidat, mais il va falloir quand même qu'il fasse autre chose que de la com’.
  • Jean-Christophe Cambadélis

La veille de la déclaration de candidature d’Emmanuel Macron, le 15 novembre 2016, Jean-Christophe Cambadélis s’inquiète d’un remake de 2002 avec un morcellement de la gauche au premier tour de la présidentielle. "C’est très embêtant", commente-t-il sur le plateau de C à vous (France 5). Celui qui aura fait du forcing jusqu’à la dernière minute pour que Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron participent à la primaire que le PS organise met en garde :



Si on morcelle, si un jour il y a un candidat qui est Macron, un candidat désigné par la primaire (du PS), un candidat qui est Mélenchon, un candidat du parti communiste, un candidat des écologistes, je vous donne le résultat : aucun de ceux que je viens de nommer ne sera au deuxième tour de la présidentielle.

Finalement, Emmanuel Macron aura franchi ce premier tour et Jean-Luc Mélenchon obtenu tout de même 19,58% des voix. Benoît Hamon, quant à lui, aura fait 6,2%.

  • Arnaud Montebourg

Le matin même de la candidature d’Emmanuel Macron, Arnaud Montebourg s’emporte sur France 2 contre le "candidat des médias". Selon lui, son successeur à Bercy jouit d’une bonne popularité alors même qu’il n’a aucune "proposition" :



C'est le candidat des médias. Il reste à démontrer qu'il a des propositions pour transformer le pays. Donc je lui souhaite bonne chance. C'est le candidat des médias, puisqu'il en est à sa 75e une de magazine sans avoir fait une seule proposition.
  • François Fillon

Ça y est, Emmanuel Macron est officiellement candidat. Nous sommes le 16 novembre et la droite défouraille contre l’ancien ministre de l’Economie qui s’est déclaré en pleine campagne de la primaire de la droite et du centre, précisément quatre jours avant le premier tour. François Fillon, porté par de bons sondages, n’est pas forcément très inquiet. Sur RTL, il assure :



Ma conviction c'est que les Français ne confieront pas leur destin à quelqu'un qui n'a aucune expérience, et surtout qui n'a rien démontré pour le moment.

Pourtant, l’ancien Premier ministre arrivera troisième derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen le soir du 23 avril.

  • Les juppéistes

Le même jour, les juppéistes se montrent eux aussi tout à fait sereins. Les parlementaires Jean-Pierre Raffarin et Dominique Bussereau pronostiquent un morcellement de la gauche qui empêcherait tous ses représentants d’accéder au second tour de la présidentielle. Et selon eux, cela peut profiter à leur champion Alain Juppé :



Finalement, Alain Juppé sera éliminé par François Fillon au second tour de la primaire de la droite et du centre, le 27 novembre 2016.

  • Jean-Marie Le Pen

Le 16 novembre toujours, Jean-Marie Le Pen réagit, lui aussi. Le président d’honneur du Front national fait valoir ses "droits d’auteur" sur le créneau "ni droite, ni gauche" que veut incarner Emmanuel Macron. Selon le quintuple candidat à la présidentielle, le leader d’En Marche ! ne devrait même pas se faire rembourser ses frais de campagne :



À deux doigts de détrôner Jean-Vincent Placé sur le podium des pronos ratés.

  • Gérard Filoche

Cela fait presque trois mois qu’Emmanuel Macron est candidat et les sondages lui sont toujours aussi favorables. Mais Gérard Filoche, tout comme Arnaud Montebourg qu’il avait soutenu à la primaire du PS, voit toujours l’ex-locataire de Bercy comme une "bulle médiatique" :

  • Eric Ciotti

Alors que son candidat François Fillon est mal en point dans les sondages à cause des affaires, Eric Ciotti veut encore croire que les bons sondages d’Emmanuel Macron ne sont qu’une "bulle" qui va finir par "se dégonfl[er]". Le député des Alpes-Maritimes en veut pour preuve le "zénith de Toulon à moitié vide" et des propos polémiques sur la colonisation :

  • François Hollande

François Hollande, on le sait, est l’un des pires pronostiqueurs de l’histoire de la politique française. Lorsqu’Emmanuel Macron a lancé En Marche !, qu’il a présenté au Président comme un simple "mouvement de jeunesse", le chef de l’Etat n’y a pas cru. "Ça va être un feu de paille", avait-il glissé à ses proches selon Le Monde.

Mais quelques mois plus tard, François Hollande avait radicalement changé d’avis. Dans Un Président ne devrait pas dire ça…, il assurait connaître le nom de son successeur : "Ce sera Macron".

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