Toutes ces tentatives d'Alain Juppé sur France Inter pour démontrer que lui, il n'est pas "sourd et aveugle"

Publié à 10h39, le 28 juin 2016 , Modifié à 10h39, le 28 juin 2016

Toutes ces tentatives d'Alain Juppé sur France Inter pour démontrer que lui, il n'est pas "sourd et aveugle"
Alain Juppé © DON EMMERT / AFP

Alain Juppé a un certain âge. D'aucuns prétendront même qu'il a un certain âge. Quelques-uns de ses adversaires de la primaire de la droite le soulignent, parfois. Au Front national aussi, on parle de ce grand nombre de printemps. Et pas en bien. Lui-même s'en amuse, se comparant au vin – de Bordeaux évidemment – qui se bonifie avec le temps.

Si Alain Juppé est *âgé*, il n'est cependant pas aveugle et sourd. Invité de France Inter ce mardi 28 juin, l'ancien Premier ministre explique à plusieurs reprises que ses yeux et ses oreilles fonctionnent parfaitement, merci pour eux.

La première démonstration survient au détour d'une question de Patrick Cohen sur cette information de L'Obs selon laquelle Patrick Balkany ne sera pas candidat aux législatives de 2017. Après avoir échoué dans sa tentative d'obtenir une réaction notable du candidat à la primaire, le journaliste de France Inter lui demande s'il est "sourd et aveugle au discrédit politique suscité par telle ou telle investiture". Alain Juppé répond :

 

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Si j'étais sourd et aveugle, j'arrêterais immédiatement ce que j'ai entrepris de faire.

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La seconde démonstration concerne la situation dans l'Union européenne. "Il y a aujourd'hui un rejet de l'Europe", commente l'ancien Premier ministre. Une formule pas vraiment engageante quelques jours après le succès du "Leave" au référendum organisé au Royaume-Uni. Il poursuit :

 

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Il faut l'entendre, bien entendu. Et il faut apporter les solutions. J'évoquais tout à l'heure quelques-unes des orientations que je proposais et en particulier remettre complètement à plat le système de Schengen, qui ne fonctionne pas aujourd'hui, pour assurer un réel contrôle des frontières extérieures avec ceux qui le votent. Donc vous voyez que je ne suis pas sourd et aveugle.

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Patrick Cohen voit la brèche et s'y engouffre, rappelant que le "sourd et aveugle" évoqué auparavant s'appliquait au cas Balkany. Alain Juppé reste droit dans ses bottes et, refusant une nouvelle fois de s'exprimer sur le sujet, soutient que "quand on est sourd et aveugle, une fois, on l'est toujours". Il ajoute :

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Quand on ne l'est pas, on ne l'est pas du tout.

 

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La troisième et dernière démonstration concerne un conflit qui oppose la mairie de Bordeaux et les éboueurs de la ville. Alain Juppé est colère. "Qu'est-ce qu'il s'est passé à Bordeaux ? Ce n'est pas une grève : les grévistes ont déversé sur la chaussée ce qu'il y avait dans les bacs d'ordure ménagère. Ça ne s'appelle pas du syndicalisme, ça s'appelle du hooliganisme", lance-t-il. Patrick Cohen suggère alors que ce n'est pas en traitant les grévistes de hooligans qu'il va rétablir le dialogue social. L'ancien Premier ministre rétorque :

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Ah bon ? Parce qu'il faut fermer les yeux là aussi ? Il faut se montrer sourd et aveugle ? Il faut dire les choses de temps en temps.

 

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Alain Juppé n'est pas aveugle et sourd, on l'aura compris. Mais pourquoi tient-il tant à le signifier ? Parce qu'il en est un, chez Les Républicains, qui revendique cet aspect mais dans un contexte évidemment différent.

En juillet 2015, à quelques mois des régionales le président de Les Républicains Nicolas Sarkozy expliquait pourquoi il ne voulait pas répondre aux attaques émanant de son propre camp. Lors de la fête de la Violette en Sologne, il avait déclaré :

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J'ai choisi de ne pas tout entendre, ne pas tout voir. Quand je n'entends pas, c'est que je fais semblant d'être sourd. Quand je ne vois pas, c'est que je fais semblant d'être aveugle. Mais ça n'aura qu'un temps.

 

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[BONUS TRACK] Turquie not welcome

Alain Juppé en a un tout petit peu marre de ces Britanniques qui, une fois la sanction du peuple tombée, hésitent finalement à prendre leurs cliques, leurs claques, et puis le reste aussi et à sortir de l'Union européenne. À ceux qui voudraient désormais prendre leur temps pour partir, l'ancien Premier ministre a une suggestion : dépêchez-vous de nous quitter.

Invité de France Inter ce mardi 28 juin, le candidat à la primaire de la droite estime que le Royaume-Uni ne peut pas continuer "à avoir un pied dedans et un pied dehors". "Nous avons négocié, nous avons fait des ouvertures. C'était le maximum de ce que nous pouvions faire pour tenir compte des spécificités de la Grande-Bretagne. Maintenant c'est oui ou c'est non. Et le peuple a dit non", résume-t-il.  

Mais il ne faut pas en rester là : pour Alain Juppé, le Brexit doit être l'occasion de signifier une bonne fois pour toute à la Turquie qu'elle ne fera jamais partie de l'UE. Il dit :

 

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L'élargissement, c'est terminé. L'Europe est aujourd'hui suffisamment fragilisée pour qu'on n'ajoute pas un étage à la maison. Et donc il ne faut pas continuer à faire croire à la Turquie qu'on va la faire entrer dans l'Union européenne.

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Enfin un point d'accord avec Nicolas Sarkozy.

Du rab sur le Lab

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