Un ancien député PS considère qu'avec l'élection d'Emmanuel Macron, "c'est Bercy qui a pris le pouvoir"

Publié à 15h07, le 06 novembre 2017 , Modifié à 15h07, le 06 novembre 2017

Un ancien député PS considère qu'avec l'élection d'Emmanuel Macron, "c'est Bercy qui a pris le pouvoir"
Gilles Savary, ex-député PS. © JEAN-PIERRE MULLER / AFP
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Loïc Le Clerc pour

Selon un récent sondage de l'institut Harris Interactive, quand on demande aux "Français" quel est l'adjectif qui leur vient en premier pour qualifier Emmanuel Macron, la réponse est sans appel : "riche". Dans un autre sondage, Odoxa cette fois-ci, 88% des sondés considèrent que les grandes fortunes et les chefs d'entreprise sont les grands gagnants de la politique fiscale du Président.

Si, selon Emmanuel Macron, on ne peut pas dire qu'il est le Président des riches, vu qu'il ne se "pavane" pas "au milieu des riches", il n'y a pas que chez ces "Français" (quelques milliers de sondés en vérité) qu'Emmanuel Macron donne cette sensation. Dans Le Monde, ce lundi 6 novembre, un ancien député socialiste, Gilles Savary ne digère pas l'accession au pouvoir de l'ancien ministre de l'Economie.

Il lance :

C’est Bercy qui a pris le pouvoir, un pouvoir hypercentralisé, très technocratique, avec des députés tenus laisse courte.

Gilles Savary, c'était plutôt l'aile droite du PS. Hollandais jusqu'à la dernière heure, il avait préféré se mettre en retrait lors de la campagne présidentielle, jugeant le programme de Benoît Hamon trop "gauche radicalisée" à son goût. Ce qui ne l'empêche pas, par cette remarque, de rejoindre l'autre aile du parti : en septembre, Martine Aubry ne jugeait-elle pas qu'Emmanuel Macron "utilise les vieilles recettes du Medef des années 80" ?

Dans ce même article du Monde, Boris Vallaud, néo-député socialiste, émet une critique de la même veine :



La négation de la politique, c’est la négation des choix. S’il n’y a pas de choix, il n’y a pas d’opposition, pas de débat. La politique disparaît derrière l’administration. C’est : 'si vous n’êtes pas d’accord avec moi, vous êtes contre la France.'

Boris Vallaud, toujours ce lundi, dénonce à L'Opinion que "tout ce qui est proposé, c’est ce qui est sur les étagères de la direction du Trésor à Bercy". En même temps, faut-il rappeler que le Président est un ancien inspecteur des finances et que son entourage provient du même milieu, comme Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée et passé par la direction générale du Trésor public.

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