Un député LREM estime qu’en 2017, on "guillotine socialement" les élus

Publié à 14h41, le 09 septembre 2017 , Modifié à 14h56, le 09 septembre 2017

Un député LREM estime qu’en 2017, on "guillotine socialement" les élus
© AFP
Image Victor Dhollande-Monnier


et Loïc Le Clerc

On a peut-être trouvé LE frondeur de la majorité macroniste. Son nom : François-Michel Lambert. Et pour cause, le député La République en marche (LREM) s’exprime presque à chaque fois pour… taper sur son parti, son gouvernement ou son Président.

Après avoir déjà dénoncé la loi de moralisation de la vie politique fin juillet, l’ancien élu EELV a récidivé. Dans un tweet posté vendredi 8 septembre, le député LREM François-Michel Lambert compare la situation des élus en 2017 avec "ceux qui avaient du sang bleu" et qu’on "guillotinait" en 1792 :

En 1792, on guillotinait ceux qui avaient du sang bleu. En 2017, on guillotine socialement ceux qui ont du sang d'élu !

Pour avoir plus de précisions sur les propos de François-Michel Lambert, nous l’avons contacté au Lab. Nous lui avons simplement demandé qui était guillotiné aujourd’hui en France. Sa réponse est sans équivoque :

Les enfants et conjoints des parlementaires et des maires de France. On leur interdit des emplois qui sont parfois, pour eux, l'emploi qui les socialise (et qu'ils font loin du fictif de Penelope).

Vendredi 8 septembre, le Conseil constitutionnel a validé l’essentiel des lois de moralisation de la vie publique, et notamment l'interdiction des emplois familiaux de collaborateurs pour les ministres, parlementaires et exécutifs locaux. Le député de la 10ème circonscription des Bouches-du-Rhône estime qu’il s’agit du "même ressort de vindicte populaire qui pousse les politiques à des décisions disproportionnées".

Quand on lui fait remarquer qu’il est membre de la majorité, François-Michel Lambert ne se débine pas. Il explique au Lab que cette loi de moralisation de la vie publique s’inscrit dans "une démarche de donner du sang au peuple pour le satisfaire" :

J’ai suffisamment dit que c'était une erreur et que dans la loi, à aucun moment, il n'est mentionné emploi fictif. On est dans une démarche de donner du sang au peuple pour le satisfaire et pas de régler les problèmes. D'ailleurs nous découvrons tous les jours les détournements des uns et des autres, comme se faire rémunérer la visite à l'Assemblée nationale [lire ici, ndlr]. Ceux qui sont malsains ne seront sanctionnés que dans des années alors que ceux sur qui pèsent un a priori populaire sont à écarter sans autre forme de procès.

Le 7 septembre dernier, François-Michel Lambert assurait que son parti a "une communication digne de la Pravda". Reste maintenant à savoir comment réagiront les leaders de LREM à cette nouvelle sortie. 

Du rab sur le Lab

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