Un militant UMP, accusé de faire l'apologie de la déportation des homosexuels, assure avoir voulu "faire de l'humour"

Publié à 13h42, le 05 août 2013 , Modifié à 09h34, le 06 août 2013

Un militant UMP, accusé de faire l'apologie de la déportation des homosexuels, assure avoir voulu "faire de l'humour"
Capture d'écran du tweet de Stéphane Journot
Image Delphine Legouté

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Dimanche 4 août, l'association de lutte contre le sida Act Up a mené une action devant la Fondation Jérôme-Lejeune (du nom du généticien et militant anti-avortement) en versant notamment du faux sang sur sa façade.

En réaction, un militant UMP, Stéphane Journot, a commenté ce lundi sur Twitter :

Ce qui est cool avec Act Up, c'est qu'ils portent déjà un triangle rose. Ca va faciliter les choses ...

Le tweet a été effacé depuis, mais voici sa capture d'écran :



Avant d'être repris comme symbole identitaire par la communauté homosexuelle, et des associations comme Act UP, le triangle rose était utilisé par les nazis pour marquer les homosexuels. Le porte-parole de l'inter-LGBT, Nicolas Gougain a donc immédiatement accusé le militant de faire "l'apologie de la déportation pour motif d'homosexualité" :



Stéphane Journot est un militant anti-mariage gay très actif, particulièrement sur la toile (huit vidéos sur dix postées sur son compte youtube concernent l'action de la Manif pour tous).

Il est tout aussi revendicatif dans ses soutiens politiques. On peut ainsi le voir sur des photos postées sur Facebook en février dernier par le mouvement de l'UMP La Droite sociale, arborant un tee-shirt "avec Laurent Wauquiez".

Au Lab, Stéphane Journot jure mordicus avoir voulu faire dans le registre du second degré : 

J’ai voulu faire de l’humour en disant qu’ils sont facile à repérer dans la rue. [Je souhaitais] faire réagir les militants d’Act Up, mais aussi leurs soutiens, sur la stupidité de leur action.

Et poursuit sur son allusion au "triangle rose" :

[Porter] un t-shirt avec un triangle rose n’est pas banal, et prête forcement à confusion.Le fait de s’identifier à un des symboles des camps de concentration n’est donc pas de mon fait, mais du leur.

Et regrette encore une fois les non-condamnations de l'action d'Act-Up par les politiques:

Il est plus grave de faire de l’humour sur le port d’un tshirt (peu importe le symbole), que de venir dégrader une fondation.Je serai heureux de voir les élus qui critiquent mon tweet, faire de même sur les actions violentes de l’association Act Up.

Avant de présenter ses excuses (très circonstanciées), à la fin d'un texte de "Droit de réponse"tweeté en fin d'après-midi :

Je me permets néanmoins d’apporter mes excuses aux personnes qui ont pu être choquées par mes propos. Rappellant que bien sur la déportation est un acte ignoble. Le triangle rose, symbole de souffrance, ne doit pas être récupéré politiquement, ni par moi,… ni par Act Up.

Durant la campagne pour les primaires parisiennes, Stéphane Journot a apporté son soutien à Jean-François Legaret, au point de contribuer à la création et à l'alimentation du site de soutien "Jeunes avec Legaret".

S'il confirme au Lab connaitre le jeune homme, le maire du 1er arrondissement de Paris tient à prendre toutes ses distances avec ses propos :

Je le connais un peu, il a fait partie de l'équipe de soutiens. Il a participé au site.Mais je ne cautionne pas tout ça. Je n'en suis ni l'auteur, ni l'instigateur. Je suis évidemment en désaccord avec ce commentaire.

A gauche, le député PS Yann Galut s'est indigné de ce message, n'hésitant pas à y voir le résultat de l'idéologie "Buisson" :





Edit, 14h30 : ajout de la réaction de Yann Galut

Edit, 15H30 : ajout de la réaction de Stéphane Journot

Edit, 19H30 : ajout des excuses de Stéphane Journot

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