"Un président ne devrait pas dire ça…" : Valls voit dans les confidences de Hollande un "suicide politique"

Publié à 18h56, le 18 octobre 2016 , Modifié à 18h56, le 18 octobre 2016

"Un président ne devrait pas dire ça…"  : Valls voit dans les confidences de Hollande un "suicide politique"
Manuel Valls et François Hollande

Mais qu'est-ce qui peut bien passer dans la tête d'un Président en exercice pour se confier ainsi à des journalistes sur son action politique en cours ? À cette question, qui laisse de nombreux proches de François Hollande pantois, Manuel Valls a une réponse et celle-ci ne devrait pas ravir les partisans du chef de l'État. Ni ceux du Premier ministre, d'ailleurs.

Après son escapade au Canada, l'actuel chef du gouvernement s'est *un peu* lâché contre le président de la République. La cause ? Les confidences du chef de l'État dans le livre des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme Un président ne devrait pas dire ça… (éd. Stock). Dans l'ouvrage, François Hollande commente son action sans filtre, traite les magistrats de "lâches", les footballeurs de "gosses mal éduqués" devenus des "vedettes richissimes, sans préparation" et à qui il donnerait bien des cours "de musculation du cerveau". Il moque également Jean-Marc Ayrault, Claude Bartolone, ou parle très calmement d"'assassinats ciblés" effectués durant son mandat. Tout. Est. Normal.

Ces mots présidentiels,l'obligeant notamment à faire part de ses regrets aux magistrats, ont profondément choqué Manuel Valls. Cité par Le Canard Enchaîné, en kiosques ce mercredi 19 octobre, le Premier ministre a ainsi laissé éclater sa colère devant ses proches :

 

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C'est irresponsable, consternant, indéfendable, et cela peut-être cataclysmique. Je ne vois pas, après ça, comment il peut faire campagne ! Cela ressemble à un suicide politique. Il faut maintenant éviter que ce suicide personnel ne devienne collectif.

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L'expression est lâchée : pour Manuel Valls, les confidences de François Hollande s'apparentent à un "suicide politique". Exactement les mêmes mots utilisés par le député PS devenu "frondeur" Yann Galut dès le 15 octobre. Le problème pour Manuel Valls est qu'en tirant ainsi de multiples cartouches, le Président touche un peu tout le monde, Premier ministre inclus.

Le chef du gouvernement s'était déjà dit prêt à se présenter au cas où François Hollande jette l'éponge et ne soit pas candidat à sa réélection. Les confidences présidentielles le confortent dans cette idée mais cela n'enchante pas trop le chef du gouvernement. Toujours cité par Le Canard, il a ajouté :

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Je vais me retrouver candidat, mais je risque de terminer à 10%. Je serai alors mort politiquement.

 

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Vu sous cet angle, l'avenir politique de Manuel Valls paraît en effet compliqué. "Je ne cherche pas à être candidat même si je sais que j'ai une responsabilité particulière. Mais je ne veux pas endosser à moi tout seul la responsabilité de tout", a-t-il clamé, regrettant sans doute ces heures où, tranquillement, il pensait à 2022 sans avoir à trop se soucier de 2017…  

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