Un sénateur LR veut interdire "la présence d’une autre personne que le candidat" sur les affiches électorales

Publié à 11h30, le 10 juillet 2017 , Modifié à 12h10, le 10 juillet 2017

Un sénateur LR veut interdire "la présence d’une autre personne que le candidat" sur les affiches électorales
© AFP
Image Sébastien Tronche


"Même une chèvre aux couleurs d'En Marche serait élue !" Cette phrase, répétée à l’envi par les détracteurs du parti d’Emmanuel Macron, a été entendue à moult reprises durant les législatives. On pourrait y ajouter qu’il suffisait qu’il y ait la photo d’Emmanuel Macron aux côtés de cette chèvre pour qu’elle soit élue, en plus de l'étiquette LREM. Une *caricature* également applicable aux candidats de La France insoumise qui ont tous mis en avant Jean-Luc Mélenchon sur leurs affiches électorales pour profiter de la dynamique de l’élection présidentielle.

Mais surfer comme cela sur les résultats de l’élection présidentielle, ça a beaucoup énervé le sénateur LR Michel Vaspart, alors que la droite sénatoriale s’est lancée dans une bataille très stratégique sur le texte sur la moralisation de la vie publique, rebaptisé "projet de loi pour la régulation de la vie publique" par la chambre haute. L’élu a ainsi déposé un amendement pour insérer un "article additionnel" après l’article 14 pour interdire d’afficher une autre personne que le candidat ou son suppléant sur ses affiches électorales :

La mention et la présence d’une autre personne que la candidate ou le candidat et sa suppléante ou son suppléant sur les affiches sont interdites.

Dans l’exposé des motifs, Michel Vaspart rappelle que "de nombreux candidats aux élections législatives utilisent la présence du leader de leur formation politique sur les affiches électorales". Et d’ajouter, visant explicitement Emmanuel Macron et les candidats de La République en marche :

Or, lorsque l’image du président de la République, détenteur du pouvoir exécutif, est apposée sur l’affiche d’un candidat aux élections législatives, l’indépendance du pouvoir législatif s’en trouve diminuée.

"Cet amendement vise donc à renforcer l’importance et l’indépendance des candidats aux élections législatives et des futurs membres du Parlement", conclut le sénateur LR. On peut néanmoins parier que si François Fillon avait remporté l’Elysée, les candidats LR n’auraient pas hésité à s’afficher avec lui pour leur campagne législative.

Le Sénat attaque ce lundi l'emblématique chantier de moralisation de la vie publique, avec l'intention de tester le rapport de force avec l'exécutif, par une série de modifications des deux projets de loi. Les deux textes du gouvernement, un projet de loi ordinaire et un projet de loi organique, devraient faire l'objet d'un vote jeudi. Ils seront ensuite transmis à l'Assemblée nationale qui les examinera dans la semaine du 24 juillet pour une adoption prévue début août. Le gouvernement qui souhaite aller très vite a demandé la procédure accélérée, c'est-à-dire une lecture par chambre.

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