Une longue histoire d'utilisation et de détestation du terme "assistanat" par Manuel Valls

Publié à 09h55, le 10 janvier 2017 , Modifié à 10h44, le 10 janvier 2017

Une longue histoire d'utilisation et de détestation du terme "assistanat" par Manuel Valls
Manuel Valls aimant puis n'aimant plus puis aimant de nouveau quelque chose. © Gif Le Lab via AFP (JACQUES DEMARTHON)
Image Etienne Baldit


J'AIME, J'AIME PLUS - Manuel Valls, pourfendeur de la société de "l'assistanat". Manuel Valls qui, il y a seulement quelques mois, s'indignait de l'usage de ce terme, courant chez une partie de la droite. Manuel Valls qui, il y a quelques années, reprenait pourtant cette expression à son compte. Vous qui lisez ces lignes, si vous voulez nous aider dans notre quête de la cohérence du discours vallsiste, vous êtes les bienvenus.

Reprenons. Ce mardi 10 janvier sur Franceinfo:, le candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire a expliqué qu'il n'était pas favorable à "la société de l'assistanat, du farniente", dans une critique du revenu universel proposé par un autre concurrent à la primaire, Benoît Hamon.





Que ceux qui auraient cru lire ici un propos de Laurent Wauquiez se détrompent, c'est bien Manuel Valls qui s'exprime. Ce dernier avait d'ailleurs déjà parlé "d'assistanat" deux jours plus tôt, en meeting à Liévin le 8 janvier, déclarant :

Je veux une société de la solidarité et du travail, pas de l’assistanat !

Tout cela semble légèrement en contradiction avec la position du même Manuel Valls, muni de son costume de Premier ministre cette fois, exprimée il y a moins de deux ans. En mars 2015, le chef du gouvernement affirmait en effet :

Ce gouvernement veut incarner la solidarité pour faire face à ce mot terrible utilisé et méprisant qui est celui de l'assistanat.

Un "mot terrible" et "méprisant" selon le Valls Premier ministre, que le Valls candidat reprend donc sans problème aujourd'hui...

Mais ce n'est pas fini. Car il y a 10 ans tout pile, le même Manuel Valls utilisait déjà ce fameux terme "d'assistanat". Dans une interview de novembre 2007 au Figaro, celui qui n'était que député-maire d'Évry disait ainsi :

Nous sommes dans une économie de marché, il faut l'admettre définitivement. Nous devons dire également que le travail est une valeur, que nous ne sommes pas favorables à une société de l'assistanat.

Tous ces revirement successifs ne nous inspirent que le commentaire suivant :

¯\_(ツ)_/¯

Mais ne vous avisez pas trop de faire remarquer à l'intéressé ce genre de revirements, lui qui refuse de "participer à ce petit jeu" des comparaisons avec son ancien lui et d'avoir "le regard dans le rétroviseur" par rapport à certaines de ses propositions passées, par exemple lors de sa candidature à la primaire socialiste de 2011.

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