Une "phrase" sortie de son "contexte" : comment Castaner minimise les positions anti-mariage pour tous de Darmanin

Publié à 11h45, le 26 mai 2017 , Modifié à 12h16, le 26 mai 2017

Une "phrase" sortie de son "contexte" : comment Castaner minimise les positions anti-mariage pour tous de Darmanin
© Montage Le Lab via franceinfo
Image Amandine Réaux


Pour gouverner, Emmanuel Macron s’est entouré de responsables politiques qui, pour au moins quatre d’entre eux, l’ont déjà critiqué publiquement au moins une fois. Forcément, il y a des archives gênantes où l’on entend Bruno Le Maire ou Gérald Darmanin flinguer la personne et le projet de celui qui est devenu Président. Certaines prises de position sont plus embarrassantes encore que les critiques sur la personne, comme celles du nouveau ministre de l’Action et des Comptes publics contre le mariage pour tous. "Manifestement, l'homophobie n'est pas une ligne jaune pour Emmanuel Macron", s'était insurgée la militante féministe Caroline de Haas lors de l'émission du Lab .pol.

  


Le maire de Tourcoing (Nord) n’ayant pas été interrogé sur ce sujet depuis sa prise de fonctions, c’est le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner qui s’y colle, vendredi 26 mai sur franceinfo. Le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement minimise largement le fait que Gérald Darmanin se soit opposé à la loi Taubira et ait refusé de marier des couples homosexuels. Il déclare :



Il se trouve que, depuis, avant même de rentrer au gouvernement, Gérald Darmanin avait célébré des mariages et que j’ai échangé avec lui. En gros, il reconnaît que dans ce débat parlementaire, qui était un débat un peu hystérisé, on a tous dit des bêtises. [...] Aujourd’hui, on peut avoir des différences avec celles et ceux qui sont autour du Président et du Premier ministre au conseil des ministres. Le Président ne nous a pas demandé l’uniformité, il nous a demandé la collégialité. Il nous a demandé le respect de la décision collective. L’essentiel, c’est de savoir s’il sera demain un bon ministre des comptes publics et s’il contribuera au redressement des comptes publics, c’est ça qui m’intéresse.

"Mais j’esquive pas", se défend-il préventivement, dans le cas extrême où l’on pourrait penser qu’il esquive effectivement. Christophe Castaner poursuit :



On a, j’ai utilisé des punchlines a minima désagréables et quelques fois inutiles. Gérald Darmanin aussi. C’est un temps politique qui est derrière nous.

Le porte-parole du gouvernement enchaîne sur une séquence lors de laquelle il explique que les positions de Gérald Darmanin sur le mariage pour tous sont une phrase sortie de son contexte. Et pour cela, il emploie exactement la même méthode en sortant de son contexte une phrase de Caroline de Haas :

- Christophe Castaner : Je viens de la gauche, je crois que Caroline de Haas aussi. Par exemple, sa dernière remarque qui évoquait que, pour réduire les conflits entre les femmes et les hommes, il fallait agrandir les trottoirs, je la partage pas non plus.

- Journaliste : C’était pris à l’intérieur d’un reportage beaucoup plus large et c’est l’une des méthodes qui étaient évoquées.

- Christophe Castaner : Vous auriez pu défendre Gérald Darmanin tout à l’heure. Je suis sûr que la petite phrase en question elle était dans un contexte plus global et dans une intervention plus globale.

Circulez, il n’y a rien à débattre. Ces prises de position, tout au plus sont-elles, selon Christophe Castaner, une "bêtise", une "punchline" qu’il faut attribuer à l’ancien système qu’entend justement révolutionner Emmanuel Macron.

L’explication en tout cas n’a pas convaincu Caroline de Haas qui a de nouveau dénoncé l’"homophobie" du ministre des Comptes publics.



#





[BONUS TRACK]

Une polémique sur fond d’homophobie concernant Cyril Hanouna depuis une séquence diffusée jeudi 18 mai dans une émission présentée par l'animateur de Touche pas à mon poste a fait réagir plusieurs responsables politiques, notamment sur le pouvoir limité du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner dit avoir été "choqué" par la séquence mais "apprécié" la lettre d'excuses de l'animateur de C8 publiée dans Libération. Cela "n'enlève rien du talent d'animateur", estime-t-il :



J'ai pas à me prononcer sur les décisions que le CSA sera amené à prendre, qui doit être indépendant. Par contre, j'ai été choqué et j'ai apprécié qu'il s'en excuse. [...] Sur ces sujets, les journalistes comme les politiques doivent être exemplaires et doivent être plus prudents encore. Il ne l'a pas été. Dont acte. En même temps, ça n'enlève rien du talent d'animateur et je ne suis pas là pour juger ou évaluer Cyril Hanouna.

#

Du rab sur le Lab

PlusPlus