Valérie Boyer veut que les femmes puissent être palpées par des hommes pour des raisons de sécurité

Publié à 08h22, le 26 septembre 2017 , Modifié à 11h50, le 26 septembre 2017

Valérie Boyer veut que les femmes puissent être palpées par des hommes pour des raisons de sécurité
Valérie Boyer © Martin BUREAU / AFP

Valérie Boyer est remontée et cela ne concerne pas, cette fois, l'absence de croix sur des yaourts à la grecque. La députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône est en première ligne lors de l'examen à l'Assemblée nationale du projet de loi anti-terroriste.

Lundi 25 septembre, dans l'hémicycle, l'élue LR a défendu ses amendements n°442 et 443. Le premier vise à autoriser les autorités à effectuer des palpations sans le consentement des individus dans les périmètres de protection ou tout autre lieu susceptible d'être la cible d'une attaque terroriste. "Il est indispensable que les policiers et les gendarmes puissent procéder à des fouilles alors même que les personnes ne le voudraient pas. Ça me semble quelque chose d'absolument logique", estime la parlementaire.

Le second amendement prévoit, pour sa part, de permettre aux femmes de se faire palper par des hommes. L'amendement déposé par Valérie Boyer précise :

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Face aux terroristes nous nous devons d’agir vite et efficacement pour la sécurité des Français. C’est pourquoi, cet amendement prévoit que les palpations de sécurité puissent s’effectuer sans distinction de sexe.

 

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Dans l'hémicycle, la députée des Bouches-du-Rhône est encore plus explicite :

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Face au terrorisme, nous devons agir vite, efficacement, avoir confiance dans nos forces de l'ordre, ne pas mettre des choses qui pourraient entraver leurs actions. Et c'est pourquoi je propose que cet amendement prévoit que les palpations de sécurité puissent s'effectuer sans distinction de sexe, pour être plus efficace et pour pouvoir permettre de ne pas avoir de difficultés supplémentaires quand on a besoin de faire les choses rapidement parce qu'on considère que le périmètre de sécurité est quelque chose qui peut présenter un danger potentiel.

 

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Aujourd'hui, "la palpation doit être effectuée par une personne de même sexe que la personne qui en fait l'objet", dispose la loi française. C'est donc cela que voulait modifier Valérie Boyer. Le rapporteur de la loi, Raphaël Gauvain, a rendu un avis défavorable, expliquant que la palpation par des personnes de même sexe n'est pas considérée, par les professionnels de la sécurité, comme une difficulté opérationnelle à leur activité.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a été encore plus loin, estimant que cet amendement est, selon lui, "absolument ahurissant" :

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Dans les aéroports, puisque l'un de vos collègues l'a signalé, il y a quand même en général deux files où des hommes fouillent des hommes et des femmes, des femmes. Franchement, ne pas faire ça sur des raisons de sécurité, c'est de la caricature incroyable. Vous vous ridiculisez.

 

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De fait, l'amendement permettant la palpation de sécurité sans distinction de sexe déposé par Valérie Boyer a été rejeté, tout comme l'amendement précédant sur le consentement. 

Du rab sur le Lab

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