Valérie Pécresse rallie Alain Juppé pour la primaire

Publié à 18h05, le 01 novembre 2016 , Modifié à 18h49, le 01 novembre 2016

Valérie Pécresse rallie Alain Juppé pour la primaire
Valérie Pécresse et Alain Juppé © ERIC FEFERBERG / AFP
Image Etienne Baldit


Elle était l'une des dernières ténors à droite à ne pas avoir choisi de champion pour la primaire. Allègrement courtisée par les différents prétendants qui pensent à elle plus ou moins subtilement pour Matignon, Valérie Pécresse se savait "draguée" par "tout le monde" et était consciente de devoir faire son choix rapidement, au risque de "passer pour une allumeuse". Eh bien c'est fait et la présidente LR de la région d'Île-de-France, filloniste historique, roulera finalement pour Alain Juppé.

Elle en fait l'annonce dans une interview au Figaro datée de mercredi 2 octobre, mise en ligne ce mardi. À moins de trois semaines du premier tour et deux jours avant le deuxième débat entre les candidats, Valérie Pécresse dit soutenir le maire de Bordeaux, qui "saura relever la fonction présidentielle" et "sera un président fort". Elle dit :

J'ai longuement réfléchi à ce qui, pour moi, est le meilleur choix pour le pays aujourd'hui et j'ai décidé de soutenir dès le premier tour Alain Juppé. Il sera un président fort, qui saura réformer et restaurer l'autorité de l'État. Après cinq ans de mandat de François Hollande, il est impératif de relever la fonction présidentielle qui a été abaissée. Il est l'homme qu'il faut pour cela. Et si je fais ce choix, c'est pour donner à Alain Juppé la force, la légitimité, l'élan. Il faut se réunir derrière lui au premier tour. Je le fais parce qu'il a l'autorité sereine pour diriger la France et mener à bien les réformes très profondes dont elle a besoin. À travers les épreuves qu'il a traversées, il a prouvé son courage, sa constance et sa détermination.

Un soutien de poids pour le maire de Bordeaux, donc. Ces dernières semaines, le camp juppéiste avait ouvertement vanté les qualités de l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin estimant par exemple qu'elle avait "la dimension" pour devenir Première ministre. Mais elle était aussi grandement courtisée par Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire. De son côté et selon Le Canard Enchaîné, elle disait n'envisager de quitter sa présidence de région que pour obtenir le poste de cheffe du gouvernement...

Au mois de mars, Valérie Pécresse avait esquissé ce qui ressemblait fort à un lâchage de François Fillon. Elle qui se disait "affectivement et intellectuellement proche" ajoutait que cela ne faisait pas tout : "Vous pouvez avoir des amitiés, des affections, et en même temps vous dire que le meilleur candidat n'est pas forcément celui pour lequel vous avez le plus d'affection." Elle dit aujourd'hui que ce choix "a été difficile à faire" et ajoute : "Je sais que François Fillon a l'étoffe d'un homme d'État. Mais je pense que le score entre les deux favoris va être serré et qu'il faut faire un choix clair dès le premier tour de la primaire. L'enjeu est maximum."







[BONUS TRACK]

Au passage, cette nouvelle membre de l'équipe Juppé est inévitablement interrogée sur LE sujet qui enflamme la primaire ces derniers jours : le soutien de François Bayrou à Alain Juppé, très violemment et incessamment critiqué par Nicolas Sarkozy. Forcément, elle n'est pas du tout d'accord avec la vision des choses de l'ancien Président et en profite pour remettre les pendules à l'heure sur la relation de son parti, LR, avec celui du maire de Pau, le MoDem :

Ne soyons pas hypocrites et disons la vérité ! Sans les voix de l'UDI et du MoDem, ni Laurent Wauquiez, ni Christian Estrosi, ni moi n'aurions été élus présidents de région. Et cela ne m'empêche pas, je vous le garantis, de mener une politique de franche rupture avec dix-sept ans de gestion socialiste en Île-de-France. Ce sont des partenaires loyaux. Ils se sont engagés à soutenir un programme de réformes et ils s'y tiennent. En 2007, alliés au MoDem, nous avons gagné. En 2012, sans le MoDem, nous avons perdu. Ne faut-il pas en tirer les leçons ? J'ajoute que pour réussir, il ne suffit pas de conquérir le pouvoir mais il faut savoir l'exercer. On ne peut pas réformer en profondeur sans entraîner une majorité du pays derrière nos idées. Rétrécir notre majorité, c'est se condamner à l'immobilisme.

Sauf qu'au moment de la présidentielle 2007, le MoDem n'existait tout simplement pas. François Bayrou, qui était candidat à la présidentielle et n'avait pas donné de consigne de vote entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal pour le second tour, n'a créé son parti issu de l'UDF qu'après l'élection. Pour les législatives qui avaient suivi, l'UMP d'alors avait bel et bien donné des investitures à des anciens de l'UDF, mais qui s'étaient ralliés via le Nouveau Centre, et non à ceux (minoritaires) qui partaient pour l'aventure MoDem... Il est donc *légèrement* faux de dire que l'UMP et le MoDem étaient "alliés" en 2007.

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