Valls, Rugy, Le Maire : top 3 des meilleurs recasages pour les losers des primaires

Publié à 12h57, le 27 juin 2017 , Modifié à 12h59, le 27 juin 2017

Valls, Rugy, Le Maire : top 3 des meilleurs recasages pour les losers des primaires
Tel Rocky, les perdants des primaires ne doivent jamais perdre espoir car la victoire peut succéder à la défaite © Giphy
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Etienne Baldit

WE ARE THE CHAMPIONS -A priori, l'année 2017 aura été la dernière pour les primaires en France. Certes, il ne faut jamais dire jamais. Mais la déculottée reçue par le socialiste Benoît Hamon à la présidentielle, ainsi que les fractures exacerbées de la droite couronnées par l'élimination au premier tour de François Fillon, devraient refroidir tous les partisans de ce système à l'avenir. Et pourtant, si elles permettent donc rarement de remporter l'Élysée, les primaires ont d'autres avantages. Comme celui d'offrir à ses plus illustres perdants des postes en or par la suite.

Voici notre podium de ceux qui s'en sont le mieux tirés par rapport à leur score famélique lors de l'une des quatre primaires organisées depuis 2011.

# Médaille d'or et record de France : 5,63% et Premier ministre

Le cas de Manuel Valls est depuis longtemps connu (et moqué). Avec moins de 6% et une cinquième place au premier tour de la primaire socialiste de 2011, le député-maire d'Évry ne s'en était pas moins retrouvé ministre de l'Intérieur par la grâce de François Hollande devenu président de la République quelques mois plus tard. Puis Premier ministre en mars 2014, après un intense lobbying de sa part pour faire tomber Jean-Marc Ayrault et récupérer Matignon.

5,63% qui lui ont donc assuré 5 ans aux plus hautes responsabilités de l'État... ce qui ne lui a cependant pas évité la défaite au second tour de la primaire de la Belle Alliance Populaire en 2017, et une situation aujourd'hui peu enviable.

# Médaille d'argent : 3,88% et président de l'Assemblée

Le 22 janvier dernier, l'écologiste François de Rugy totalisait moins de 4% (63.430 voix) au premier tour de la primaire de la Belle Alliance Populaire, organisée par le PS. Il avait ensuite (et contrairement à son engagement solennel) refusé de soutenir le vainqueur, Benoît Hamon, pour appeler à voter Macron dès le premier tour de la présidentielle.

Réélu député de Loire-Atlantique avec l'étiquette de La République en marche au mois de juin, l'ancien co-président du groupe EELV va rapidement s'en trouver grandement récompensé. Mardi 27 juin, il a été largement désigné candidat à la présidence de l'Assemblée nationale par ses pairs LREM au palais Bourbon. Et le parti présidentiel disposant de la majorité absolue dans l'hémicycle, il est assuré d'être élu au Perchoir dans l'après-midi - à moins d'un spectaculaire retournement de situation.

Comme quoi, 4% des voix peuvent suffire à faire de vous le 4e personnage de l'État en l'espace de 5 mois... Un rapport suffrages / poids politique exceptionnel sous la Ve République.

# Médaille de bronze : 2,4% et ministre de l'Économie

Longtemps, Bruno Le Maire s'était vu troisième, voire deuxième homme de la primaire de la droite. Il finira finalement cinquième avec 2,4% et 102.168 voix au soir du 22 novembre 2016. Mais après avoir lâché le candidat LR François Fillon après sa mise en examen, "BLM" a fait partie des prises de guerre de droite réalisées par Emmanuel Macron.

"Bruno le renouveau" s'est ainsi vu confier rien de moins que le ministère de l'Économie et des Finances (un portefeuille régalien) et une neuvième place dans l'ordre protocolaire du gouvernement. Pas mal du tout.

[BONUS TRACK] Et les plus gros losers

Citons parmi les plus gros perdants de l'histoire des primaires Benoît Hamon (6% à la présidentielle et battu aux législatives dans sa circonscription), Nathalie Kosciuko-Morizet (non-membre du gouvernement, battue aux législatives et pas candidate à sa succession à la présidence du groupe d'opposition de la mairie de Paris), François Fillon dont la carrière politique a pris fin au terme d'une campagne cataclysmique, Nicolas Sarkozy qui a également quitté la vie publique (à nouveau), Alain Juppé qui s'est replié sur son fief bordelais, Cécile Dulfot qui a elle aussi tout perdu et notamment son siège de députée, Jean-François Copé et ses fabuleux 0,3%, ou encore Jean-Frédéric Poisson qui a terminé dernier de la primaire de la droite avant de se faire battre aux législatives par Aurore Bergé (LREM).

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