VIDÉO – Au Sénat, Marlène Schiappa affirme qu'il y a plus de violences sexuelles dans le Nord de la France que dans le Sud

Publié à 15h16, le 20 juillet 2017 , Modifié à 14h33, le 26 décembre 2017

VIDÉO – Au Sénat, Marlène Schiappa affirme qu'il y a plus de violences sexuelles dans le Nord de la France que dans le Sud
Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

C'est la "grande cause nationale du quinquennat" : l'égalité entre les femmes et les hommes. C'est du moins ce qu'a assuré Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, ce jeudi 20 juillet au Sénat.

Elle venait rencontrer la Délégation aux droits des femmes de la chambre haute, pour y exposer les grandes lignes de son action aux sénateurs, principalement des sénatrices en l'occurrence.

Au bout d'un moment, la secrétaire d'État explique que les régions françaises ne sont pas "homogènes" et qu'en matière de lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes, il faut tenir compte de ces disparités pour mieux orienter la réponse des pouvoirs publics. Puis elle déroule :

 

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Si on prend, par exemple, les chiffres des violences sur la voie publique, vous savez que dans le Nord de la France, il y a énormément de violences sexuelles sur la voie publique. Si je prends les chiffres… [Elle est coupée par la sénatrice Françoise Laborde qui lui lance : 'Dans le Sud aussi.'] Dans le Sud aussi, mais pas partout dans le Sud, c'est justement là que j'en viens. Par exemple en Corse, il y a eu un viol sur la voie publique l'année dernière.

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Un passage isolé par Direct Sénat, à voir ci-dessous à 1min13 :

Au Lab, la sénatrice RDSE de Haute-Garonne Françoise Laborde, qui est aussi vice-Présidente de la délégation aux droits des femmes, affirme avoir trouvé cette réflexion "tellement bizarre" qu'elle n'a "pas pu s'empêcher" d'intervenir.

Plus tard dans la journée, Marlène Schiappa ira à l'Assemblée nationale pour y rencontrer la Délégation aux droits des femmes. Elle y fera, dans les grandes lignes, les mêmes déclarations. A une différence près, lorsqu'elle avance que :

 

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Il n'y a pas d'homogénéité d'inégalité entre les femmes et les hommes. Les situations ne sont pas les mêmes dans le Nord de la France et en Corse.

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Exit le Sud, Marlène Schiappa parle désormais uniquement de la Corse, "une région qu'[elle] connaî[t] bien", puisqu'elle y a des racines. Avec la sénatrice LR des Alpes-Maritimes Dominique Estrosi Sassone à ses côtés pendant cette réunion, Françoise Laborde trouve que "pour elle [Marlène Schiappa], le sud, c'est la Corse". "Choquant", s'étonne la sénatrice jointe par le Lab, qui tient à ajouter que "sinon, la rencontre fut tout à fait correcte".

Dans l'entourage de la secrétaire d'État, on explique au Lab que ces données proviennent de l'enquête de victimisation de l'Insee de 2014, où elle y a lu : "576 plaintes dans le Nord, dix en Corse dont une sur voie publique". Bien qu'elle tweete autre chose par la suite...

L'étude la plus récente de l'Insee à ce sujet est celle du "Rapport d’enquête 'cadre de vie et sécurité' 2016", publié sur le site du ministère de l'Intérieur. On y apprend que 6% des agressions sexuelles ont lieu dans la rue.



Pour ce qui est des régions, le rapport explique que la "proportion de victimes de violences sexuelles en dehors du ménage selon les caractéristiques du lieu de résidence" ne montre aucune variation entre le Nord et le Sud. Les trois régions qui se démarquent par un plus faible taux de violences sexuelles sont le Bassin parisien, le Centre-Est et l'Est.



Et le rapport de commenter :

 

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Quelle que soit la région ou la taille de l’agglomération considérée, la proportion de victimes de violences sexuelles en dehors du ménage ne s’écarte pas significativement de la moyenne.

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Mais rien n'y est dit sur la Corse.

Auprès du Lab, l'entourage de la secrétaire d'État précise que Marlène Schiappa a été en déplacement ministériel en Corse en juin. "Ces ordres de grandeur lui ont été confirmés par les préfets, les déléguées régionales aux droits des femmes. Ce sont des faits, pas des affirmations", assure-t-on. 

 

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