VIDÉO - Aurore Bergé se moque de l'absence de vélos sur la piste cyclable de la voie Pompidou qui est… fermée aux cyclistes

Publié à 18h20, le 04 septembre 2017 , Modifié à 11h33, le 07 septembre 2017

VIDÉO - Aurore Bergé se moque de l'absence de vélos sur la piste cyclable de la voie Pompidou qui est… fermée aux cyclistes
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Loïc Le Clerc pour

Quand on veut troller, encore faut-il le faire avec un maximum de paramètres en poche. Sinon, ça peut rapidement passer pour de la mauvaise foi. Par exemple : il est 15h44, ce lundi 4 septembre, et Aurore Bergé se fait conduire sur la voie Georges-Pompidou. Après plusieurs mois de travaux, cet axe le long de la Seine est désormais partagé entre une route pour les voitures et une piste cyclable (contre une double-file et un trottoir auparavant). Et visiblement, la députée et porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée nationale n'apprécie pas ce nouvel aménagement.

Via Periscope, elle commente :

Comment vous dire… On découvre la voie Georges-Pompidou réduite à une seule voie. Il y a une forte affluence de cyclistes, comme vous pouvez le voir. Ça n'arrête pas, ça défile, ça défile, ça défile.

Précisons qu'Aurore Bergé emploie-là une figure de style appelée "ironie", puisque que, comme on peut le voir ci-dessous sur le Periscope de la députée, pas un vélo, pas une trottinette, même pas un hoverboard sur la piste cyclable.





Mais il y a un hic, comme on dit dans le métier. Cette piste cyclable est vide pour une seule raison : elle n'est pas encore ouverte au public. Joint par le Lab, Christophe Najdovski, adjoint à la mairie de Paris en charge des Transports, s'agace :

La piste cyclable ne sera ouverte que fin septembre. C'est du dénigrement gratuit de la part de quelqu'un qui n'a même pas pris la peine de se tenir au courant ou qui est de mauvaise foi.

Interrogé par la suite par le Lab, Aurore Bergé explique être bien au courant de l'ouverture prochaine de la piste cyclable. Mais elle explique :



Les inconvénients, ils sont pour tout de suite. Même à cet horaire-là de la journée, on a eu des bouchons. Tout le monde ne peut pas avoir d'autres possibilités que la voiture. Il ne faut pas faire de l'écologie punitive.

Au-delà de la perte d'une voie pour sa voiture, ce qui gêne Aurore Bergé, c'est la vitesse. Elle continue :

On roule à à peine 30km/h. Autant vous dire que c'est assez pénible. J'appréhende beaucoup, demain matin, on va devoir venir tôt en voiture, parce qu'on vient de loin. Comment on va faire avec une seule voie ?

Pourtant, selon Christophe Najdovski, "la voie est toujours à 50km/h, ça n'a pas changé", bien qu'avec une seule file, la vitesse va certainement être réduite de fait. Mais la députée ne s'arrête pas là. Elle développe sa critique en ces termes :

Je trouve formidable qu'on puisse promouvoir des déplacements écologiques, mais ça serait bien de penser que Paris se vit aussi avec sa banlieue et sa grande banlieue. Et en l'occurrence, on est un petit peu oubliés systématiquement de ces grandes réformes de madame Hidalgo. [...] Donc avant de faire ces réformes autoritaires, peut-être faudrait-il penser qu'on n'est pas seul au monde à Paris.

Pour Christophe Najdovski, ce sont là les "critiques des tenanciers du statu quo de l'ancien monde", rappelant que ce n'est pas Anne Hidalgo toute seule qui a imposé cet aménagement mais "le Conseil de Paris à l'unanimité". Et l'adjoint EELV d'attendre une "proposition alternative pour développer le vélo" dans la capitale.

Après une période d'expérimentation, la ville de Paris a décidé de pérenniser la piétonnisation d’une partie des berges de la Seine, avec pour argument premier la lutte contre la pollution au sein de la capitale. Mais ces restrictions aux voitures suscitent la polémique notamment en banlieue et parmi les élus de droite.

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