VIDÉO - Colonisation et "crime contre l’humanité" : Richard Ferrand assure qu’Emmanuel Macron n’a fait que respecter la définition juridique

Publié à 14h16, le 16 février 2017 , Modifié à 16h12, le 16 février 2017

VIDÉO - Colonisation et "crime contre l’humanité" : Richard Ferrand assure qu’Emmanuel Macron n’a fait que respecter la définition juridique
Richard Ferrand invité de ".pol" © DR
Image Sylvain Chazot


Les mots d’Emmanuel Macron ont - évidemment - semé le trouble. Nous ne parlons pas ici des propos du candidat à la présidentielle concernant les opposants au mariage pour tous mais de la polémique d’avant, celle sur la colonisation. En Algérie, l’ancien ministre de l’Economie a estimé que la colonisation était, selon lui, "un crime contre l’humanité". De quoi profondément choquer la droite et l’extrême droite.

Invité ce jeudi 16 février de .pol, la webémission du Lab / le JDD / le Huffington Post / Linternaute.com, Richard Ferrand, proche parmi les proche d’Emmanuel Macron, tente de déminer cette polémique. Pour cela, le secrétaire général du mouvement En Marche ! s’en prend à François Fillon et notamment à une action de l’ancien Premier ministre.

Il dit :

ll faut être rigoureux. François Fillon a pas mal de trous de mémoires. Il y a un trou de mémoire qui me paraît une faute politique grave de sa part : ce qu’il a fait voter en 2010 au Parlement français. Ce qu’il a fait voter en 2010 au Parlement français, c’est la définition du crime contre l’humanité en calant cette définition sur celle de la Cour pénale internationale.

Le crime contre l’humanité, dans son acception historique, avait une forte dimension génocidaire, c’est-à-dire que l’on considérait que c’était directement liés aux génocides perpétrés notamment durant la Seconde Guerre mondiale. La redéfinition de son concept est parfaitement conforme à ce que représente la colonisation. Donc je vous invite à retrouver cette redéfinition du Code pénal portée par monsieur Fillon, décidément oublieux de ses propres décisions.

Un extrait à voir ci-dessous en vidéo :



 


De fait, la n° 2010-930 du 9 août 2010 portant adaptation du droit pénal à l'institution de la Cour pénale internationale pose une nouvelle définition du crime contre l’humanité. Selon Richard Ferrand, cette nouvelle définition donne plutôt raison à Emmanuel Macron. Voici le contenu de l’article 2 de cette loi :

Le premier alinéa de l'article 212-1 du même code est remplacé par douze alinéas ainsi rédigés :

'Constitue également un crime contre l'humanité et est puni de la réclusion criminelle à perpétuité l'un des actes ci-après commis en exécution d'un plan concerté à l'encontre d'un groupe de population civile dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique :

'1° L'atteinte volontaire à la vie ;

'2° L'extermination ;

'3° La réduction en esclavage ;

'4° La déportation ou le transfert forcé de population ;

'5° L'emprisonnement ou toute autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international ;

'6° La torture ;

'7° Le viol, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ;

'8° La persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d'ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste ou en fonction d'autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international ;

'9° L'arrestation, la détention ou l'enlèvement de personnes, suivis de leur disparition et accompagnés du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort qui leur est réservé ou de l'endroit où elles se trouvent dans l'intention de les soustraire à la protection de la loi pendant une période prolongée ;

'10° Les actes de ségrégation commis dans le cadre d'un régime institutionnalisé d'oppression systématique et de domination d'un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l'intention de maintenir ce régime ;

'11° Les autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l'intégrité physique ou psychique.'

Et Richard Ferrand d’ajouter que dans une interview précédente, Emmanuel Macron avait affirmé que la colonisation avait été "une barbarie", compensant son propos en admettant qu’un certain nombre de choses avaient été utiles à ces pays.

La défense d’Emmanuel Macron par Richard Ferrand met cependant à mal la défense d’Emmanuel Macron par…  la sénatrice de Paris Bariza Khiari.

Sur BFTMV, cette proche du candidat a expliqué, ce jeudi, que l’ancien ministre n’avait pas employé le terme "crime contre l’humanité" "dans sa notion juridique". "Il l’a utilisé en disant : ‘c’est un crime contre l’humain’", a-t-elle ajouté. Ce qui est donc l’exact inverse de ce qu’a estimé Richard Ferrand dans .pol.







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