VIDÉO - Dire avant ce qu'on va faire après : l'élément de langage préféré de Sarkozy, Le Maire et NKM

Publié à 21h42, le 08 mars 2016 , Modifié à 08h43, le 09 mars 2016

VIDÉO - Dire avant ce qu'on va faire après : l'élément de langage préféré de Sarkozy, Le Maire et NKM
Image Sylvain Chazot


#COMPOL - Mardi 8 mars, sur le plateau du JT de TF1. Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé sa candidature à la primaire de la droite et du centre. Ce n'était pas vraiment une surprise, tout comme ne fut pas surprenante sa volonté affichée de vouloir "porter une conception différente du pouvoir". Il est plutôt rare, en effet, qu'un ambitieux s'avance pour un scrutin en expliquant qu'il est dans une volonté d'immobilisme...

Ce qui un tout petit plus surprenant, ce fut une phrase prononcée par NKM alors qu'elle défendait certains points de la très controversée loi El Khomri. Une manifestation contre le projet de loi est prévue pour le mercredi 10 mars. Ce mouvement contestataire a inspiré à l'élue LR cette remarque :

Ca marque bien la nécessité dans laquelle on est de dire tout avant pour pouvoir réaliser les choses après.

Cette phrase vous semble familière ? C'est normal : elle fait, ces derniers temps, figure de mantra pour d'autres candidats à la primaire de la droite et du centre, déclarés ou non. 

La preuve en vidéo :




Bruno Le Maire, le 24 février dernier, se posait, sur le même plateau du JT de TF1, en "homme de parole". Il disait :

Si on dit avant, à tous les Français, 'voilà ce que je vais faire'. […] Si on le dit avant, il n'y a aucun problème pour le faire après.

Et le député LR de l'Eure de promettre que, lui président de la République, il tiendra ses promesses. Car, "ce qui tue la politique française depuis des années" selon lui, "c'est tous ces présidents de la République qui se font élire sur des mensonges, qui ne tiennent pas parole".

Mais Bruno "le renouveau" Le Maire n'a rien inventé. Fin janvier, Nicolas Sarkozy exposait déjà cette manière de faire. Dans son livre La France pour la vie, l'ancien président expliquait vouloir, désormais, "tout dire avant pour tout faire après".

Et le 13 février, lors du Conseil national de LR, l'ex-chef de l'État avait martelé cette formule :

Tout dire avant pour tout faire après. Ce qui ne sera pas dit avant l'alternance ne sera pas mis en œuvre après.

Et le lendemain, il le répétait, juste histoire qu'on comprenne bien. Où ça ? Sur le plateau du JT de TF1 bien sûr.

Cet élément de langage montre une chose. Ces candidats, qu'ils soient déclarés ou non, à la primaire de la droite et du centre, sont peut-être différents mais ils sont un point commun : ils veulent tous se placer comme l'antithèse de François Hollande, que ses détracteurs socialistes accusent de mener une politique pour laquelle il n'a pas été élu. 







[Edit 09/03]

Et Hervé Mariton aussi aime bien cette formulation. Sur Sud Radio et Public Sénat mercredi 9 mars, le député de la Drôme et lui aussi candidat à la primaire est interrogé sur les manifestations à venir contre la loi Travail. Il dit :



Que se passe-t-il ? Le gouvernement n'a jamais annoncé la couleur à l'avance. Et voilà ce qui se passe quand on ne dit pas les choses avant. C'est pour cela que pour les primaires [sic], je présente un projet clair, intense. C'est pour cela qu'une élection où les choses ne sont pas dites avant, ensuite engenre des malentendus, des mouvements sociaux et des échecs. Le gouvernement, la majorité est payée de retour de ce qu'elle a dit ou plutpôt de ce qu'elle n'a pas dit en 2012.

Du rab sur le Lab

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