VIDÉO - Baroin confirme qu'il s'était affiché avec Fillon au Trocadéro en pensant qu'il allait renoncer

Publié à 09h24, le 15 juin 2017 , Modifié à 09h57, le 15 juin 2017

VIDÉO - Baroin confirme qu'il s'était affiché avec Fillon au Trocadéro en pensant qu'il allait renoncer

STRATÈGE - C'était le coup de force de la dernière chance : le rassemblement du Trocadéro à Paris le 5 mars dernier (et ses 300.000 participants selon les *savants* calculs de Bruno Retailleau) avait permis à un François Fillon au plus mal de tenir bon, envers et contre tout. Et il y avait du beau monde pour le soutenir sur scène ce jour-là, dans une démonstration d'unité visant à décourager ceux qui, au sein du parti, voulaient la tête du candidat de la droite à la présidentielle et le remplacer par Alain Juppé. Parmi ces soutiens que l'on croyait indéfectibles : François Baroin. Sauf que ce dernier avait en réalité tout autre chose en tête. C'est tout du moins ce qu'il prétend aujourd'hui.

Le sénateur-maire LR de Troyes, chef de file de la droite pour les législatives, le confirme jeudi 15 juin sur BFMTV : s'il était là ce jour-là, c'est parce qu'il croyait que François Fillon allait en réalité renoncer à sa candidature. Voici son échange avec Jean-Jacques Bourdin :

"

- Jean-Jacques Bourdin : Est-il vrai que vous aviez accompagné François Fillon au Trocadéro parce que vous pensiez qu'il allait abandonner ?



- François Baroin : [...] Oui c'est vrai, bien sûr oui. Bien sûr.



- Jean-Jacques Bourdin : Vous avez accompagné François Fillon parce que vous pensiez qu'il allait abandonner ?



- François Baroin : Je pensais que les conditions et les circonstances politiques étaient telles, mais il a été courageux, il a fait preuve d'une abnégation... [...] Il y a eu une mobilisation très forte du Trocadéro, en tout cas il y a puisé une force et une ressource qui fait que de toute façon, c'est lui qui avait les clefs politiques. Mais il n'est pas temps aujourd'hui... On est à trois jours du second tour [des législatives].

"

Cette tactique avait déjà été évoquée par un proche de François Baroin auprès de Marianne le 8 mars, soit trois jours après le Trocadéro, qui disait : "François pensait que c'était un bon moyen d'accompagner Fillon vers la sortie. Il estimait que plus on taperait sur Fillon, plus on le braquerait, c'est pour ça qu'il était là au Trocadéro !"

Pour résumer : celui qui était désigné futur Premier ministre voyait cet affichage comme une ultime politesse, un moyen d'assurer l'ancien Premier ministre de son amitié et de sa fidélité et de ne pas réclamer ouvertement sa tête, tout en lui faisant comprendre qu'il faudrait laisser la place... se positionnant du même coup pour reprendre le flambeau (sans le dire). Mais si tout cela est vrai, il faut alors se demander pourquoi le même Baroin n'a strictement rien fait à l'époque pour faire en sorte que François Fillon abandonne... 

Mais, on l'a vu, les choses ne se sont pas passées ainsi. Considérant que le "peuple de droite" avait ce jour-là dit sa révolte face au complot dont il se disait victime, François Fillon était ressorti de cet épisode plus déterminé que jamais. Et était allé au bout du bout de sa démarche, courant vers son élimination dès le premier tour de la présidentielle.

Et voilà aujourd'hui François Baroin à la tête des troupes de droite aux législatives, avec une autre défaite en ligne de mire. "Ah ça va être très très difficile d'expliquer que c'est un succès pour nous hein, très très difficile. C'est un échec", annonce-t-il sur BFMTV ce jeudi, avant même le second tour...

Du rab sur le Lab

PlusPlus