VIDÉO - Jean-Luc Mélenchon s'énerve après un journaliste du "Supplément" qui appelle les terroristes de Daech "les combattants"

Publié à 15h00, le 27 mars 2016 , Modifié à 15h57, le 27 mars 2016

VIDÉO - Jean-Luc Mélenchon s'énerve après un journaliste du "Supplément" qui appelle les terroristes de Daech "les combattants"
© Capture d'écran Canal+

VOCABULAIRE –  De l'importance de bien nommer les choses... Après les attentats de Bruxelles, mardi 22 mars, Jean-Luc Mélenchon n'avait pas eu de mots assez durs pour parler des terroristes, des "monstres abrutis", des "meurtriers" contre qui la haine "est saine". Et il n'apprécie pas que l'on fasse entrer les djihadistes dans d'autres cases.

Invité du Supplément de Canal+ ce dimanche 27 mars, l'ancien coprésident du Parti de gauche parle de la force du politique face à Daech, notamment en "asséchant" la "base" du mouvement terroriste. "Et quelle est cette base ? Des personnes perturbées, des voyous, les bandits de grand chemin, parce que si vous regardez la biographie de tous ces gens-là, il n'y en a pas un qui mérite qu'on s'arrête cinq minutes pour l'inviter à table", résume Jean-Luc Mélenchon.

Le journaliste du Supplément Ali Baddou lui rétorque que certains terroristes sont "des étudiants, des diplômés". Un autre journaliste, Azzeddine Ahmed-Chaouch, également présent en plateau, intervient alors.



Voici l'échange :

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-          Azzeddine Ahmed-Chaouch : Le profil type de ces combattants ou futurs combattants est quand même assez…



-          Jean-Luc Mélenchon : Pardon, vous dites quoi ?



-          Azzeddine Ahmed-Chaouch : Le profil type de ces combattants…



-          Jean-Luc Mélenchon : Un combattant ? Vous appelez ça un combattant vous ?



-          Azzeddine Ahmed-Chaouch: …de ces terroristes.



-          Jean-Luc Mélenchon : Non, ce sont des assassins.



-          Azzeddine Ahmed-Chaouch : Oui, de ces assassins, est quand même varié. On a effectivement certains qui ne sont jamais passé par la case prison.

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Une précision langagière qui n'échappe à Ali Baddou, qui rebondit. "Vous avez parlé de 'monstres abrutis' après les attentats de Bruxelles", dit-il. Jean-Luc Mélenchon répond :

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Vous voulez que j'appelle comment quelqu'un qui décide d'aller avec une bombe faire sauter de malheureuses personnes qui passent avec des valises ? Comment je vais les appeler ? Je vais dire des combattants ? Non.

 

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Mais ce n'est pas parce qu'il les taxe "d'assassins" que l'ancien (et futur) candidat à la présidentielle ne veut comprendre les mécanismes qui font qu'un individu devient terroriste. Au contraire. Cela l'amène à un premier constat, une défense de la société, innocente selon lui. "La société elle a ses défauts, elle a ses torts parfois, monstrueux, l'injustice peut pousser à n'importe quoi", commence-t-il. Il ajoute :

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Il y a le principe de responsabilité personnelle : rien ne vous oblige à être un meurtrier. Parce que si tous les pauvres de la religion qui est montrée du doigt se mettaient à tuer, on serait tous morts. C'est bien la preuve que ce n'est pas le cas.

 

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Une manière de s'opposer, une nouvelle fois, à Manuel Valls. "J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications sociologiques ou culturelles à ce qui s’est passé", avait lancé le Premier ministre, fin novembre 2015, au Sénat. Une phrase que le chef du gouvernement avait lui-même tempéré mi-mars, assurant ne jamais avoir "refusé la moindre explication sur les causes" du terrorisme.

Du rab sur le Lab

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