VIDÉO - Jean-Michel Aphatie révèle en direct que Nadine Morano ne soutiendra pas Alain Juppé s'il gagne la primaire

Publié à 10h11, le 10 novembre 2016 , Modifié à 12h54, le 11 novembre 2016

VIDÉO - Jean-Michel Aphatie révèle en direct que Nadine Morano ne soutiendra pas Alain Juppé s'il gagne la primaire
Jean-Michel Aphatie et Nadine Morano © Capture d'écran FranceInfo:
Image Sylvain Chazot


INSTANT TÉLÉ – Nadine Morano a décidé d'entretenir le suspense concernant l'identité du candidat qu'elle soutiendra in fine pour la primaire de la droite. Même si son choix laisse peu place au doute, l'eurodéputée Les Républicains n'entend pas se prononcer avant la date qu'elle s'est elle-même fixée, c'est-à-dire après le premier tour du scrutin interne.

Au moins sait-on que Nadine Morano ne soutiendra pas Alain Juppé. On apprend aussi ce jeudi 10 novembre qu'elle ne défendra pas l'ancien Premier ministre si jamais il remporte la primaire. Ce n'est pas Nadine Morano elle-même qui donne cette information mais le journaliste de FranceInfo: Jean-Michel Aphatie. Il s'en charge, balançant ainsi la nouvelle à l'antenne sous le regard interloqué de l'ancienne ministre déléguée à l'Apprentissage.

Voici leur échange :

-          Jean-Michel Aphatie : Pour être clair Nadine Morano, car après tout on ne se dit que rarement ces choses-là mais hier [mercredi] avec ma collaboratrice, vous nous avez indiquez que si vous veniez sur le plateau de FranceInfo: ce matin, c'était pour dire que vous ne soutiendrez pas Alain Juppé s'il était désigné par les militants de la primaire.

-          Nadine Morano : Je ne savais pas que c'était votre collaboratrice en deux minutes de euh…

-          Jean-Michel Aphatie : Oui, Charlotte.

-          Nadine Morano : Eh bien je ne savais pas que c'était Charlotte qui, au téléphone, qui faisait un débat. Alors vous me laisserez dire…

-          Jean-Michel Aphatie : On se rend compte qu'au micro, vous êtes plus prudente même si on a compris que vous êtes assez hostile à Alain Juppé.

-          Nadine Morano : Monsieur Aphatie…

-          Jean-Michel Aphatie : Puisqu'il faut dire toutes les choses et que les médias qui ont leur chouchous, après tout, ne disent peut-être pas suffisamment les choses.

-          Nadine Morano : Moniseur Aphatie…

-          Jean-Michel Aphatie : L'épisode Trump apporte plein de leçons.

Un échange incroyable à retrouver ci-dessous en vidéo :





Nadine Morano tente sauver la face en s'en prenant – ô surprise – au système médiatique. Mais à aucun moment elle ne nie les informations de Jean-Michel Aphatie.

Ce n'était pas la première fois qu'elle s'en prend aux journalistes. Peu avant, elle avait accusé les médias de faire d'Alain Juppé leur "chouchou", déclenchant ainsi la colère de Jean-Michel Aphatie.



Juste après avoir vu Jean-Michel Aphatie dévoiler ses intentions politiques, l'élue LR s'en prend donc aux médias et rappelle un vieil épisode de son histoire avec l'intervieweur de FranceInfo:. L'échange se poursuit :

-          Nadine Morano : Ça apporte beaucoup de leçons et notamment ça devrait en apporter à la classe mediatico-politique…

-          Jean-Michel Aphatie : Bien sûr…

-          Nadine Morano : … qui est souvent dans la caricature, souvent dans la petite phrase…

-          Jean-Michel Aphatie : Vous, vous ne l'êtes pas, ha ha…

-          Nadine Morano : Non… Souvent dans la création par exemple du buzz. Je vais vous donner un court exemple. En 2012, j'étais sur votre antenne sur FranceInfo: et j'expliquais qu'avec le programme de François Hollande, François Hollande était un homme dangereux avec la politique qu'il proposait et les accords qu'il avait avec les écologistes notamment pour mettre à bas notre industrie nucléaire. Le lendemain, vous faites une émission sur RTL où vous dites que Nadine Morano a dit que François Hollande était un homme dangereux. Mais vous ne finissez pas la phrase. Et là, vous êtes dans la caricature, parce que je n'ai pas dit que c'était un homme dangereux avec deux pistolets à sa ceinture. J'ai dit qu'il était dangereux pour la France. Et j'étais en-dessous de la vérité.

On ne voit pas trop le rapport entre ce qu'a balancé à l'antenne Jean-Michel Aphatie et cette histoire de 2012. Seulement peut-on fouiller dans les archives d'internet et retrouver les propos tenus par l'élue LR à cette époque. Sur France Info, Nadine Morano ne parlait pas des écologistes mais du quotient familial. "François Hollande, par ses propositions, qui s'attaque à ce qui marche le mieux alors qu'il devrait s'attarder et faire des propositions sur l'emploi, est un homme dangereux pour la France", disait-elle le 11 janvier 2012.

Le lendemain, sur RTL, Jean-Michel Aphatie recevait Bernard Accoyer, alors président de l'Assemblée nationale. "Est-ce que c'est un homme dangereux, c'est Nadine Morano qui le dit, quand il veut toucher au quotient familial ? Est-ce que c'est dangereux ?" demandait-il, précisant donc bien à quel sujet Nadine Morano avait tenu ses propos, contrairement à ce qu'elle insinue aujourd'hui. "Donc, on ne qualifie pas d'homme dangereux quelqu'un qui propose quelque chose. On dit : 'Je ne suis pas d'accord avec lui', mais on le qualifie pas d'homme dangereux", ajoutait encore le journaliste.

La preuve ici (à partir de 6'17").

D'autant que, trois mois plus tard, interrogée par France Soir, Nadine Morano tenait plus ou moins le même discours. "Moi, je dis à tous les Français : soyez vigilants ! Cet homme n'a aucune expérience. Cet homme est l'homme du compromis et du laisser-faire. Oui, vigilance : cet homme est dangereux pour l'avenir de France. Jusqu'au bout nous devons nous battre pour la France. Même pas contre François Hollande : pour la France", disait-elle en avril 2012.

La défense de l'élue LR ce jeudi sur FranceInfo: est donc irrecevable en l'espèce. On mettra ça sur le compte de la surprise d'avoir vu son projet politique dévoilé en direct. 





[EDIT 19h10]

Après l'intervention médiatique de Nadine Morano, des supporteurs ont salué sa "maîtrise" et son "calme face aux chacals" dans des commentaires sur sa page Facebook. "Vous ne vous êtes pas laissée faire et vous avez pourrie [sic] leur émission avec finesse", juge un autre. Des commentaires visiblement appréciés par l'eurodéputée qui a répondu à deux d'entre eux : "très juste", "vous avez totalement raison".





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