[VIDÉO] La colère froide de Bernard Cazeneuve contre cette gauche qui l'a attaqué après la mort de Rémi Fraisse

Publié à 12h37, le 15 juin 2015 , Modifié à 12h46, le 15 juin 2015

[VIDÉO] La colère froide de Bernard Cazeneuve contre cette gauche qui l'a attaqué après la mort de Rémi Fraisse
Bernard Cazeneuve © XAVIER LEOTY AFP

Un petit peu vieillot, de son propre aveu. Un look de notaire de province, selon un *ami*. Moine-soldat du président, comme il se décrit. Bernard Cazeneuve est dans la place, place Beauvau même, depuis plus d'un an. Une année marquée par les attentats de Paris, en janvier, mais aussi par la mort de Rémi Fraisse, militant zadiste décédé en octobre dernier aux abords du barrage de Sivens.

Au-delà du drame humain, le décès du jeune homme avait trouvé un écho politique. De nombreux élus, et notamment à gauche du PS, avait critiqué l'action du gouvernement en général, du ministre de l'Intérieur en particulier.

Dans le documentaire de Serge Moati, L'Intérieur au cœur de la crise, diffusé lundi 15 juin sur France 3 à 22h25, Bernard Cazeneuve revient sur ces critiques émanant de la gauche. Et s'énerve. Calmement. Mais sûrement. Dans cet extrait, le ministre de l'Intérieur est à son bureau et discute avec sa conseillère spéciale Marie-Emmanuelle Assidon. Et s'énerve contre ceux qui l'attaquent, leur reprochant leur indignation sélective. Il commence :

 

Les violences, il faut les qualifier. Pour eux, 56 policiers blessés, ça ne vaut rien. La violence contre les policiers est légitime. […] Et tous ces groupuscules, ils les ont condamnés, qui font de la violence, qui engendrent de la violence ? Ils ont eu un mot pour les appeler au calme ? Où est leur responsabilité ? Où est leur éthique ? C'est quoi ces gens-là ?

La colère de Bernard Cazeneuve, froide, ne retombe pas. Le ministre n'accepte pas qu'on l'accuse de la mort du jeune homme. "Voilà, on est dans le pathos. Mais moi je ne suis pas comme ça. Pas du tout. Et je n'ai pas l'intention de le cacher, que je ne suis pas comme ça. Et je suis tout à fait prêt d'assumer d'aller à contre-courant", déclare encore le ministre, peiné, remonté.

Un extrait à découvrir ci-dessous en vidéo :



Peu après le décès de Rémi Fraisse, Cécile Duflot avait par exemple présenté cette mort comme "la tâche indélébile sur l’action du gouvernement". Jean-Luc Mélenchon avait réclamé la tête de Bernard Cazeneuve. François de Rugy, d'habitude plutôt favorable au pouvoir en place, avait estimé que le ministre de l'Intérieur avait "sali l’honneur de la gendarmerie".

La colère de Bernard Cazeneuve dans l'intimité de son bureau n'est pas sans en rappeler une autre. Le 20 novembre, à l'Assemblée nationale, le ministre et François de Rugy s'étaient violemment invectivés. Le débat ne portait pas cette fois sur la mort de Rémi Fraisse mais sur la réforme territoriale. Mais, moins d'un mois après le drame de Sievens, la tension débordait du simple redécoupage des régions françaises.

"Est-ce que vous pourriez une minute, dès lors que ça me concerne, enlever la haine que vous avez à la commissure des lèvres ? […] Je vous ai entendu sur d’autres sujets proférer des attaques que j’ai considérées comme indignes, avait tonné Bernard Cazeneuve. Je n'ai aucune leçon de dignité politique à recevoir de vous."

Quelques jours plus tard, visiblement marqué par ces attaques contre sa personne, Bernard Cazeneuve se disait convaincu que "la vérité finira par éclater". Et ce, grâce aux images des caméras de Serge Moati qui permettront, d’après lui, de le réhabiliter après avoir reçu "un paquet d’insultes", dixit son cabinet.  

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