VIDÉO – La petite leçon de journalisme de Richard Ferrand après le classement sans suite de l’enquête sur les Mutuelles de Bretagne

Publié à 09h07, le 16 octobre 2017 , Modifié à 09h09, le 16 octobre 2017

VIDÉO – La petite leçon de journalisme de Richard Ferrand après le classement sans suite de l’enquête sur les Mutuelles de Bretagne
Richard Ferrand. © Captures d'écran Europe 1.

PROF - Le 19 juin 2017, à peine réélu député, Richard Ferrand était contraint de quitter le gouvernement (pour prendre la tête du groupe macroniste à l’Assemblée) empêtré dans l’affaire dite "Ferrand" sur les Mutuelles de Bretagne. Près de quatre mois plus tard, le 13 octobre, le parquet classait sans suite cette enquête.

Invité d’Europe 1 ce lundi 16 octobre, l’ex-député PS converti au macronisme, libéré, délivré, se réjouit de cette conclusion judiciaire et justifie son communiqué de presse expliquant que cette affaire "interroge tous les auteurs de jugements à l’emporte-pièce qui ne mesurent pas les dégâts humaines qu’ils créent". Ainsi lâche-t-il d’abord :

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J’ai toujours dit que je n’avais rien commis d’illégal et d’immoral et maintenant c’est la justice qui le dit. Qu’on en prenne acte une bonne fois pour toutes. Ma compagne, qui a beaucoup souffert, qui a eu un extraordinaire courage, mes enfants, quand on se fait insulter dans la rue. Lorsqu’on passe par un voleur parce que le soupçon a été colporté, diffusé comme étant une vérité première, derrière il y a des souffrances familiales.

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Puis l’ancien ministre de la Cohésion des territoires se lance dans une tirade façon petite leçon de journalisme et d’investigation à l’encontre des journalistes qui ont écrit sur cette affaire, révélée initialement par Le Canard Enchaîné, et assurant n’avoir rencontré aucun auteur des articles traitant de l’affaire :

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Il faut faire attention de ne pas dégoupiller des grenades, les jeter en l’air et voir ce que ça donne après. Ce n’est pas des jeux. Il faut respecter la dignité des personnes. Que la presse fasse son boulot d’investigation, pour de vrai, qu’elle le fasse bien de préférence, qu’elle soit rigoureuse. Ça n’a pas été le cas. Tous ceux qui ont pissé de la copie à l’infini, je n’en ai jamais rencontré un. Personne n’a demandé à venir me voir, vous vous rendez compte ? C’est ça l’investigation, par sms – je les ai tous conservé ? L’investigation par sms, je ne pense pas que cela grandisse le beau métier que vous faites.

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Un recadrage à voir en vidéo ci-dessous :

Vendredi 13 octobre, le procureur de Brest a annoncé le classement sans suite de l'enquête ouverte le 1er juin visant Richard Ferrand, chef de file des députés LREM, dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne, en invoquant notamment la prescription de l'action publique. Concernant l'éventuel délit de prise illégale d'intérêt, "la question est apparue complexe" et "le parquet de Brest aurait pu envisager l'ouverture d'une information judiciaire", a reconnu le procureur de Brest, Jean-Philippe Récappé, dans ce communiqué de presse. "Il convenait toutefois de vérifier au préalable si l'infraction éventuelle (...) n'était pas prescrite", ce qui est le cas depuis le 19 juin 2015 au vu des règles de prescription alors en vigueur (trois ans pour les délits), a-t-il souligné.

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