VIDÉO - Le headshot d'un journaliste de Radio France au "citoyen" Bayrou en pleine conférence de presse

Publié à 17h56, le 21 juin 2017 , Modifié à 18h12, le 21 juin 2017

VIDÉO - Le headshot d'un journaliste de Radio France au "citoyen" Bayrou en pleine conférence de presse
François Bayrou et le journaliste Sylvain tronchet, mercredi 21 juin 2017 © Montage le Lab via BFMTV
Image Etienne Baldit


TOUCHÉ - Il est 17h30, mercredi 21 juin, en pleine conférence de presse de François Bayrou. Le désormais ex-ministre de la Justice commente et explique sa démission-qui-n'est-pas-une-démission, consécutive aux développements de l'affaire des assistants parlementaires européens du MoDem. Estimant être "la cible" de dénonciations anonymes" dignes des heures les plus sombres de notre histoire™, celui qui va finalement rester maire de Pau se défend.

Quand soudain, a lieu un échange d'une grande tension entre lui-même et le journaliste d'investigation de Radio France Sylvain Tronchet. Pour comprendre la teneur de ce qui suit, souvenez-vous que François Bayrou n'avait pas hésité à appeler le chef de la cellule d'investigation de la radio publique pour se plaindre de leur enquête sur les salariés de son parti, arguant ensuite avoir agi en sa qualité de "citoyen" .

Voici donc ce que les deux hommes se sont dits ce mercredi :

- Journaliste : Bonjour, Sylvain Tronchet, je travaille à la cellule investigation de Radio France. Vous avez dit, lors de votre déclaration, que la gestion des ressources humaines au sein de votre mouvement était 'légale, normale et morale'. Je vais vous poser une question précise...

- François Bayrou [le coupe] : Non, monsieur. Je regrette infiniment. J'ai dit que je ne m'exprimerai pas sur ces affaires et que c'était désormais l'enquête qui en trancherait. Et pardonnez-moi, vous n'êtes pas enquêteur.

- Journaliste : Je peux avoir des questions à vous poser, ne serait-ce qu'en tant que citoyen par exemple...

- François Bayrou : Je vous ai dit les choses clairement.

Sylvain Tronchet fait donc ici une référence évidente à cet appel du "citoyen" Bayrou qui avait été reçu comme une menace et une pression de la part du ministre (qui pour sa part ne voyait pas du tout le problème). Or ce dernier n'a visiblement plus trop envie de commenter cette affaire, même en sa qualité de citoyen-avant-tout.

Les phrases de ce type portent un nom : un headshot.

À noter que quelques minutes plus tôt, dans son propos liminaire, François Bayrou lui-même était revenu sur cet appel à Radio France, le justifiant à nouveau :

Et toute remarque faite en privé même modérée et parfaitement justifiée sur certaines méthodes journalistiques est immédiatement regardée comme une pression, dénoncée comme telle. Comme si la liberté de critique et de jugement était à sens unique et que le citoyen était uniquement obligé de subir certaines pratiques sans même pouvoir formuler son désaccord.



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