VIDÉO - L’échange ultra-tendu entre Alexis Corbière et Elizabeth Martichoux sur RTL

Publié à 10h00, le 06 septembre 2017 , Modifié à 10h12, le 06 septembre 2017

VIDÉO - L’échange ultra-tendu entre Alexis Corbière et Elizabeth Martichoux sur RTL
La journaliste de RTL demande à Alexis Corbière de se dépêcher pour terminer son propos. Il adore. © Capture d'écran RTL
Image Victor Dhollande-Monnier


Le député de La France insoumise (LFI) Alexis Corbière et la journaliste Elizabeth Martichoux ont offert un moment de tension extrême aux auditeurs de RTL, ce mercredi 6 septembre. Vous êtes bien réveillés ? Alors, c’est parti.

Alexis Corbière dénonce d’abord "le coup de force institutionnel" que représente, selon lui, la réforme du code du travail. La journaliste lui répond qu’il devrait "connaître les lois en tant que député". Voici l’échange :

- Alexis Corbière : Quand j’allume ma télé, je vais découvrir ce qui va concerner 18 millions de salariés. J’aurais aimé au moins pouvoir le critiquer mais même ça, Monsieur Macron ne le tolère pas. Ordonnances, ça passe en force…

- Elizabeth Martichoux [le coupe] : Vous savez très bien que le Parlement a eu sa place. Il y a eu les discussions des lois d’habilitation. Il y aura une ratification…

- Alexis Corbière [la coupe] : Mais pourquoi vous dîtes 'Vous savez très bien', Elizabeth Martichoux ?

- Elizabeth Martichoux [s’énerve] : Eh ben parce que vous êtes député. Vous connaissez les lois…

- Alexis Corbière [la coupe] : Non mais ne me banalisez pas comme ça. Vous n’avez pas le droit de me mépriser.

- Elizabeth Martichoux : Ah non, je ne vous méprise pas du tout.

Personne ne méprise personne. Tout va bien mais on sent quand même une *petite* pointe de nervosité. Deux minutes plus tard, la journaliste de RTL choisit d’évoquer le Venezuela. Tension extrême, acte II :

- Elizabeth Martichoux : Hier, Jean-Luc Mélenchon chez nos confrères de BFM a fait un parallèle entre le Venezuela et la France…

- Alexis Corbière : C’était pas exactement comme ça mais enfin bon… Allons-y.

- Elizabeth Martichoux : Est-ce qu’il a remis une pièce dans la machine dans ce débat que vous animez depuis l’été en disant deux choses : que les violences policières étaient mieux réprimées au Venezuela qu’en France ; et que, par ailleurs, il y avait eu pratiquement autant de morts dans chacun des deux camps ? Une drôle de comptabilité par rapport à l’ONU en tout cas.

- Alexis Corbière : Non mais bref, passons. C’est pas comme ça que les choses [il coupe sa phrase]. Il y a une situation de tension dans ce pays, le Venezuela. Premièrement, au bout d’un moment…

- Elizabeth Martichoux [le coupe] : Non, est-ce qu’il n’a pas fait un parallèle entre la répression des violences policières au Venezuela et la France ? Le député de Marseille s’est étonné que, contrairement à Maduro, la presse française ne qualifie jamais Merkel ou l’ancien ministre de l’Intérieur Cazeneuve de tyran ou de dictateur [à lire ici, ndlr].

- Alexis Corbière [Il s'agce] : Mais non mais alors extra, putain ! C’est une dépêche AFP ça ? Ce qu’il voulait dire, c’est qu’il rappelait qu’en Allemagne, un site dit d’extrême gauche avait été fermé par Madame Merkel. Parce qu’on n’arrête pas de dire qu’au Venezuela, il y a des médias qui sont fermés. Tous les médias ne sont pas fermés mais certains ont appelé à l’insurrection armée contre le gouvernement. C’était ça qui était dit. Et Jean-Luc le prenait par l’absurde en disant : 'Est-ce que, quand Madame Merkel, parce qu’elle considère qu’un site d’extrême-gauche est violent, doit fermer, est-ce que vous dîtes, en Allemagne, les libertés sont en train d’être remises en cause.

- Elizabeth Martichoux : Pour autant…

- Alexis Corbière : Moi, ce que je trouve dingue, c’est qu’on devient passionné par le Venezuela par rapport à ce qui se passe, une situation de tensions. Moi, je suis contre toute forme de violence, d’accord ? Alors qu’au Yemen, actuellement, il y a une guerre menée. Non, non mais pourquoi vous ne parlez jamais du fait qu’il y a 15.000 morts ?

- Elizabeth Martichoux : Mais l’un n’empêche pas l’autre.

- Alexis Corbière : Parlez-moi du Yemen un peu, il n’y a pas que le Venezuela [ils se coupent la parole mutuellement]. On a l’impression qu’il y a un pays qui menace la planète aujourd’hui, c’est le Venezuela…

- Elizabeth Martichoux : Mais il y a un pays que vous défendez au mépris des évidences qui sont établies par l’ONU, c’est le Venezuela.

- Alexis Corbière : C’est pas que je défends, je dis qu’il y a une opposition au Venezuela qu’il faut connaître, que vous ne présentez pas [Elizabeth Martichoux lui fait signe de la main que l’interview est terminée] Ah, on n’a plus le temps d’en parler de cette opposition ? Pour certains qui est d’extrême droite, armée. En France, l’opposition, elle ne défile pas avec des armes à feu, elle ne tire pas sur les policiers. Il y a aujourd’hui une situation de tension qui est [Elizabeth Martichoux lui fait signe à nouveau de la main qu’il faut conclure] Alors on n’a plus le temps d’en parler, alors bonne soirée à tous. On en parlera une autre fois à la fin… Mais juste une chose, Elizabeth Martichoux, on ne fait pas le Venezuela à la fin d’une interview, ce n’est pas correct. On balance le sujet et on n’a plus le temps de répondre.

- Yves Calvi : C’est peut-être que c’est difficile de temps à autre de reréagir [sic] à tout ce que dit Monsieur Mélenchon ? Enfin, je vous relance pas.

- Alexis Corbière : Non mais, Yves Calvi, vraiment, je vous le dis avec beaucoup d’affection : sur des sujets internationaux, on ne se fait pas une peau de banane à la fin d’une interview où dès que t’essaies de dérouler plus de 140 signes, on te dit : 'On en reste là'. Parce que sinon ça amène à être binaire.

- Yves Calvi : Peut-être que les propos initiaux l’étaient aussi. Je ne peux pas relancer ce débat.

- Alexis Corbière : Je ne peux pas vous répondre. Je vous embrasse tous et bonne journée.

Retrouvez cette séquence en vidéo (à partir de 7'30) :



Une séquence qui renforce un peu le désamour entre les journalistes et les leaders de La France insoumise (LFI). Après une conférence aux universités d’été de LFI intitulée "Faut-il dégager les médias ?", après les sorties incendiaires de certains éditorialistes comme Eric Brunet, après les nombreuses sorties du leader de LFI contre les médias, après le Mélenchon-bashing observé dans C dans l’air le 1er septembre dernier, cette interview ne va sans doute pas apaiser les relations entre les deux parties.





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