VIDÉO – L’explication alambiquée de Jean-Luc Mélenchon sur sa candidature aux législatives à Marseille

Publié à 07h17, le 19 mai 2017 , Modifié à 08h41, le 19 mai 2017

VIDÉO – L’explication alambiquée de Jean-Luc Mélenchon sur sa candidature aux législatives à Marseille
© Montage Le Lab via France 2
Image Amandine Réaux


Cela a difficilement pu vous échapper tant l’intéressé le répète, mais Jean-Luc Mélenchon a échoué à se qualifier au second tour de la présidentielle "à 600.000 voix près". Du coup, le leader de La France insoumise a décidé de continuer son combat en se présentant aux législatives. Non pas dans l’Essonne, où il a été élu sénateur, ni dans le Sud-Ouest, où il a été élu député européen, ni encore à Hénin-Beaumont (Nord) où il avait été candidat en 2012, mais à Marseille. Plus précisément dans la circonscription du socialiste sortant Patrick Mennucci, qui défouraille régulièrement à tout va.

Récusant tout parachutage, Jean-Luc Mélenchon a déjà expliqué avoir choisi ce point d’atterrissage en raison de son bon score dans la cité phocéenne. Le quatrième homme de la présidentielle était interrogé, jeudi 18 mai dans L’Émission politique de France 2, sur sa décision de ne pas retourner à Hénin-Beaumont (contrairement à Marine Le Pen). Et l’explication était pour le moins alambiquée :



- Jean-Luc Mélenchon : Je suis allé à Marseille sur une vision stratégique. J’ai choisi Marseille parmi les grandes villes dans lesquelles je suis arrivé en tête. J’aurais pu aller à Évry puisque je suis devant monsieur Valls [ça aurait commencé à faire beaucoup de candidats entre Francis Lalanne, Dieudonné et le gifleur de Valls, NDLR]. J’aurais pu aller au Havre, même, puisque je suis devant le Premier ministre.

- Léa Salamé : Vous auriez pu retourner à Hénin-Beaumont…

- Jean-Luc Mélenchon : Par exemple.

- Léa Salamé : Pourquoi vous ne l’avez pas fait ?

- Jean-Luc Mélenchon : Parce que j’ai changé de ligne stratégique sur ce qu’il y a lieu de faire.

- Léa Salamé : C’est-à-dire qu’il ne faut plus combattre le Front national, forcément ?

- Jean-Luc Mélenchon : Voilà, exactement ça, c’est exactement ça. Vous avez pas une autre hypothèse à me proposer ?

- Léa Salamé : Ben non, je sais pas.

- Jean-Luc Mélenchon : Vous savez pas, vraiment ?

- Léa Salamé : Je vous pose la question.

- Jean-Luc Mélenchon : Vous trouvez que c’est une question ? Pour vous, c’est une question de dire à un homme comme moi 'Vous pensez qu’il faut plus combattre le Front national' ?

- Léa Salamé : C’est une interrogation…

- Jean-Luc Mélenchon : Oui oui…

- Léa Salamé : Pourquoi vous n’allez pas à Hénin-Beaumont ?

- Jean-Luc Mélenchon : Parce que, madame, je vais à Marseille. Voilà !

- Léa Salamé : On vous demande pourquoi !

- Jean-Luc Mélenchon : J’étais en train de l’expliquer, mais on m’a interrompu pour savoir pourquoi j’allais pas à Hénin-Beaumont.

- Léa Salamé : On m’a dit que c’est une question absurde.

- Jean-Luc Mélenchon : Ah bah, carrément !

Bon… Pourquoi alors ne pas s’être présenté à Marseille, mais dans une circonscription où le Front national était élevé ? L’explication se poursuit :

- Jean-Luc Mélenchon : J’ai une responsabilité politique. On le sait. On le voit aux résultats qu’il y a là. Le temps que les autres éclaircissent leur situation, c’est-à-dire le Parti socialiste, qui maintenant est partagé entre ceux qui une fois élus iront voter Macron et ceux qui voteront pas Macron. C’est mon plus grand problème. Vous vous souvenez que j’ai tendu la main à monsieur Hamon. Quand il a dit 'il faut faire l’unité', j’ai dit 'bah oui, mais sortez du PS parce que sinon ça veut rien dire, ce sont les alliances tuyau de poêle'. Donc j’ai une responsabilité. Je me tournerai vers eux dès qu’ils auront fait la clarté entre eux. Moi, c’est simple, j’ai un programme [...].

Pourquoi je vais à Marseille ? Entendez ça : la dernière fois en 2012, on sentait que le danger était extrême avec madame Le Pen et j’avais passé une partie de la campagne à tâcher de la sortir de son rail. Je n’y suis pas arrivé. Je suis allé à Hénin-Beaumont, je n’y suis pas arrivé. Nous avons eu une réflexion en profondeur sur ce qu’il fallait faire. Et vous avez vu que pour la première fois, dans cette élection, dans une série des bastions du Front national, nous l’avons fait reculer. Les observateurs ne contestent pas cette réussite que nous avons obtenue. Donc je suis parti de cette idée : comment créer une vague d’entraînement, d’adhésion dans le pays qui me permette d’être présent dans la situation politique qui va arriver. Parce que tout ce que vous avez vu sur ce plateau, c’est une apparence des choses. Il n’y a pas de base sociale pour la politique de monsieur Macron. Et donc je vais à Marseille pour quoi ? Parce que Marseille, c’est la France en concentré. Et la circonscription dans laquelle je suis, je l’ai étudiée, c’est Marseille en concentré. C’est-à-dire des écarts extrêmes de pauvreté et de richesse, toute sorte de problèmes et toute sorte d’atouts. Si bien que cette ville doit pouvoir parler à la France. J’ai besoin d’être appuyé sur une base sociale qui permet de dire : voilà les problèmes, y’en a assez de voir des gens, tant de vies brisées par le chômage et par la misère. Voilà.

- David Pujadas : Mais Jean-Luc Mélenchon, vous entendez le reproche qui vous est fait : vous auriez pu aller à Marseille et aller dans une circonscription où le FN était haut. Dans celle-ci, il n’est pas très haut, le FN…

- Jean-Luc Mélenchon : Voilà. Voilà. Non mais de toute façon je suis habitué à l’idée que, quoi que je fasse, je mérite des reproches.

- Léa Salamé : C’est juste des questions.

- Jean-Luc Mélenchon : Oui mais j’ai entendu ce que vous me dites. On me dit 'alors cette circonscription est facile'. Elle est tellement facile que le député sortant a perdu sa mairie. Bon. C’est pour dire. Mais pourquoi je ne suis pas allé dans cette circonscription ? Parce qu’il y a quelqu’un ! Elle s’appelle Sarah Soihili. C’est une doctorante en criminologie. C’est une championne du monde de boxe. D’accord ? C’est une femme, elle coche toutes les cases. Je viens pour l’aider. Vous verrez que tout le monde montera. J’ai l’espoir que ce soit elle qui batte le député Front national. [...] Voilà pourquoi je n’y suis pas allé. Et tous les gros machos du coin me disent 't’as qu’à aller là-bas'. Non ! Je veux qu’elle gagne, elle !

Un (long) échange à revoir ci-dessous en vidéo :




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