VIDÉO – L'incompréhension de Cambadélis face à Aphatie qui croit déceler de l'antisémitisme dans le discours du Bourget de Hollande

Publié à 11h02, le 21 novembre 2017 , Modifié à 16h16, le 21 novembre 2017

VIDÉO – L'incompréhension de Cambadélis face à Aphatie qui croit déceler de l'antisémitisme dans le discours du Bourget de Hollande
© Captures d'écran franceinfo
Image Sylvain Chazot


INSTANT RADIO – Le tweet antisémite de Gérard Filoche, samedi 18 novembre, continue de faire des remous. De ce message posté par un membre du bureau national du PS – plus pour très longtemps a priori – découlent des réflexions, des réactions, des réinterprétations de propos à l'aune d'un d'antisémitisme, même inconscient. Voici le jeu auquel se livre ce mardi 21 novembre, sur franceinfo, Jean-Michel Aphatie face à Jean-Christophe Cambadélis.

Le journaliste évoque Gérard Filoche et son tweet anti-Macron aux codes antisémites. Le journaliste se demande si, finalement, on ne retrouve pas ces mêmes idées chez d'autres politiques. Il diffuse alors un fameux extrait du discours de François Hollande au Bourget, en 2012. "Mon adversaire n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa  candidature. Il ne sera donc pas élu. Et pourtant, il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance", lançait le candidat socialiste.

Ce mardi, Jean-Michel Aphatie se demande si, finalement, ces mots ne recouvrent pas une forme d'antisémitisme inconscient. De quoi rendre son invité du jour, Jean- Christophe Cambadélis, complètement interrogatif. Voire interdit. Voici l'échange :

-          Jean-Michel Aphatie : Le monde de la finance qui n'a pas de nom, pas de visage et donc pas de patrie (sic), ça renvoie quand même à tous ces clichés antisémites…

-          Jean-Christophe Cambadélis : Là, je crois que vous exagérez un peu.

-          Jean-Michel Aphatie : Un peu ?

-          Jean-Christophe Cambadélis : Oui, oui…

-          Jean-Michel Aphatie : Pas de nom ? Pas de visage ?

-          Jean-Christophe Cambadélis : C'est la main invisible du marché. Enfin ce n'est pas pour autant que…

-          Jean-Michel Aphatie : La marionnette…

-          Jean-Christophe Cambadélis : Oui mais…

-          Jean-Michel Aphatie : Là ce n'est pas dit 'la main invisible du marché'. Là c'est 'pas de nom, pas de visage, les vrais gouvernants sont derrière'…

-          Jean-Christophe Cambadélis : Mais pourquoi les vrais gouvernants seraient obligatoirement les Juifs, monsieur Aphatie ? Je ne comprends pas là…

-          Jean-Michel Aphatie : Bah je ne sais pas… c'est le cliché antisémite, ce que révèle le fond du tweet de Gérard Filoche.

-          Jean-Christophe Cambadélis : Pas du tout… Là vous tirez…

-          Jean-Michel Aphatie : Je ne dis pas que François Hollande, consciemment, est antisémite mais est-ce que ça ne nourrit pas cet imaginaire de gens qui, dans la coulisse – Gérard Filoche expose la coulisse – de gens qui tirent les ficelles et sont les marionnettistes de ceux qui sont élus ?

-          Jean-Christophe Cambadélis : Je ne crois pas. Je crois qu'il faut distinguer les choses. Il y a aujourd'hui, personne ne peut le nier, une finance occulte. Il y a encore quelques jours, on courrait après les paradis fiscaux pour essayer de trouver tous ceux qui cachaient cet argent qui revient un jour sur les marchés financiers. Donc il n'a pas de visage, évidemment. […] Ça, ça existe. Ce n'est pas pourtant qu'il faut dire que derrière tout cela, il y a les Juifs.

Le malaise se ressent sur le plateau, à voir ci-dessous en vidéo :





La séquence se termine avec une nouvelle évocation du cas Gérard Filoche. Pour l'ancien Premier secrétaire du PS, le socialiste est désormais "indéfendable" alors que, jusqu'ici, ses tweets n'avaient entraîné que des désaccords politiques. "Aujourd'hui le désaccord est éthique et sur l'éthique, on ne peut pas transiger", conclut-il.  On notera que pour Jean-Christophe Cambadélis, le tweet de Gérard Filoche après la mort de de Christophe de Margerie ne posait donc pas de problème éthique. 

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