VIDÉO – Macron et la Russie : Richard Ferrand dément tout coup de com' de la part d’En Marche !

Publié à 15h43, le 16 février 2017 , Modifié à 17h14, le 16 février 2017

VIDÉO – Macron et la Russie : Richard Ferrand dément tout coup de com' de la part d’En Marche !
Richard Ferrand, invité de .pol © DR
Image Amandine Réaux


Depuis quelques jours, les soutiens d’Emmanuel Macron dénoncent à tour de rôle, de manière bien rodée, une "déstabilisation" de la présidentielle par la Russie, qui viserait spécifiquement leur candidat. Dans une tribune publiée mardi 14 février dans Le Monde, Richard Ferrand rend compte de "plusieurs milliers d’attaques mensuelles" du site internet d’En Marche !, qui "proviennent principalement d’Ukraine", avance le secrétaire général du mouvement.

Sauf que, comme l’ont démontré plusieurs médias dont L’Obs et Télérama, les adresses IP des hackers sont ukrainiennes, ce qui ne prouve pas que ces attaques proviennent effectivement d’Ukraine et qu’elles sont téléguidées par la Russie de Vladimir Poutine. Ne s’agit-il pas là avant tout de communication ? Invité de .pol, la webémission du Lab en partenariat avec Linternaute.com, Le JDD et Le HuffPost, Richard Ferrand dément en avançant divers arguments :

1/ techniquement, il ne maîtrise pas bien le sujet, ce qui rendrait impossible un coup de com’

2/ on ne demanderait pas à un lanceur d’alerte s’il fait un coup de com' (rappelons qu'il s’agit là du camp d’un candidat à la présidentielle)

3/ il ne dispose pas de preuves, mais d’"indices graves", ce qui suffit à solliciter l’État

4/ les journalistes n'ont pas de preuve qu’il s’agit d’un coup de com’

Voici l’échange rentranscrit :

- Richard Ferrand : Non mais vous me voyez faire des coups de com’ sur des sujets en plus que techniquement je maîtrise pas bien ? Enfin, on joue pas à ça.

- Journaliste : Vous êtes en train de vous fabriquer un ennemi ?

- Richard Ferrand : Je n’ai pas besoin d’ennemi, moi. Je dis simplement que nous ne pouvons pas tolérer en France des ingérences de puissances étrangères dans notre vie démocratique. Quand je constate des cyberattaques systématiques qui sont d’ailleurs connues des services de renseignement de notre pays, quand je constate que des médias propriétés d’un État systématiquement attaquent et relaient des informations fausses, je considère que j’ai un devoir de lanceur d’alerte. Madame, est-ce que vous poseriez la même question, dans les mêmes termes, si je ne sais quel lanceur d’alerte de la société civile disait… [Il ne finit pas sa phrase] Rappelez-vous le débat qu’il y avait eu sur la protection des sources des journalistes sur un projet de loi. Il y a des lanceurs d’alerte qui ont dit : 'Attention, voilà ce qu’il va se passer.'

- Journaliste : On parlait de liberté de la presse…

- Richard Ferrand : Là on parle de liberté de la démocratie, madame, c’est tout aussi sérieux. Je ne suis pas un enquêteur.

- Journaliste : Vous formulez des accusations qui sont graves.

- Richard Ferrand : Je formule des accusations qui reposent sur des indices graves.

- Journaliste : Des indices, donc vous n’avez pas de preuve.

- Richard Ferrand : Mais vous savez, pour être mis en examen, madame, dans le Code pénal français, le juge qui mène l’instruction dispose d’indices graves et concordants et la mise en examen est soumise à la présomption d’innocence. Moi, je considère que j’ai des indices graves et concordants qui légitiment que je demande aux plus hautes autorités de l’État de mettre en examen la situation que je lui soumets et je suis parfaitement fondé à le faire.

- Journaliste : Emmanuel Macron se construit une image d’homme à abattre, peut-être que ça l’arrange…

- Richard Ferrand : Ce serait bien qu’un jour on s’intéresse à la pensée plutôt qu’aux prétendues arrière-pensées. Comme dirait votre consœur : quelles preuves avez-vous qu’il s’agit là d’une démarche visant à construire un coup de com’ ?

- Journaliste : C’est une question !

- Richard Ferrand : D’abord, si c’était vrai, je vous dirais pas oui. Par ailleurs, je vous dis que c’est absurde.

Et voici l’échange en vidéo (à partir de 2'52) :






[BONUS TRACK]

"Je constate que l’alerte que j’ai lancée a été prise au sérieux par le président de la République lui-même", a par ailleurs salué Richard Ferrand. François Hollande a réclamé mercredi un rapport circonstancié sur les menaces de cyberattaques pesant sur la présidentielle, alors que le Kremlin, déjà soupçonné d'avoir perturbé l'élection américaine, a dû démentir des accusations d'ingérence dans la campagne d'Emmanuel Macron.

En demandant des "mesures spécifiques de protection et de vigilance", l'Élysée s'est gardé de donner la moindre précision sur la nature ou l'origine des menaces redoutées. Mais les regards se tourneront une nouvelle fois vers le Kremlin. La France "n'acceptera aucune ingérence que ce soit dans son processus électoral", a prévenu mercredi le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, évoquant nommément la Russie. 

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