VIDÉO – Mélenchon parle de Cazeneuve comme du "gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse"

Publié à 18h22, le 28 mai 2017 , Modifié à 08h00, le 30 mai 2017

VIDÉO – Mélenchon parle de Cazeneuve comme du "gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse"
Jean-Luc Mélenchon. © AFP
Image Sébastien Tronche


Grosse tension entre Jean-Luc Mélenchon et Bernard Cazeneuve lors de cette campagne pour les élections législatives. Au cœur de l’affrontement de ces derniers jours : Rémi Fraisse, ce militant tué par une grenade lancée par un gendarme à Sivens en octobre 2014 quand Bernard Cazeneuve était ministre de l’Intérieur.

En meeting à Montreuil, où le candidat de la France insoumise à la présidentielle brigue la députation, Jean-Luc Mélenchon s’en est pris au dernier Premier ministre du quinquennat de François Hollande, l’accusant d’être le "gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse" :

Comment il s’appelle là le dernier que son nom m’échappe qui était Premier ministre ? Comment vous l’appelez ? Oui, Cazeneuve, le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse. Le gars qui a fait gazer, matraquer, toutes les manifestations et qui prend maintenant sa tête de petit sainte-nitouche pour dire que c’est moi qui ne sait pas choisir entre le Front national et je sais pas qui. (…) Encore une fois vous essayez de tromper les gens. Encore une fois vous essayez de leur faire peur.

Une violente saillie filmée par les caméras de C Politique, l'émission politique dominicale de France 5, qui la diffuse ce dimanche 28 mai :



"Qui est-ce qui a tué Rémi Fraisse sauf erreur ? C'est pas moi ? Non ?", a ajouté Jean-Luc Mélenchon. Des propos tenus le 24 mai et qui ne pouvaient laisser Bernard Cazeneuve sans réponse. Dans une déclaration transmise à l’AFP le 26 mai, l’ancien premier flic de France a ainsi répondu au leader de la France insoumise :

Jean-Luc Mélenchon a sans doute gagné le premier prix de l'outrance à l'occasion du dernier dîner organisé par l'alliance bolivarienne, et s'en est trouvé grisé. On ne peut pas lui en vouloir, c'est tellement narcissisant. (…) Son discours de haine, ses accusations abjectes à mon encontre, montrent que dans sa dérive politique et morale, Jean-Luc Mélenchon ne s'interdit plus rien. Sa violence, ses insultes ne m'impressionnent pas. Elles apportent la démonstration de ce qu'il est vraiment.

[EDIT 29/05] Dimanche soir, Bernard Cazeneuve a annoncé sa décision de "porter plainte" contre Jean-Luc Mélenchon, pour ces propos qui relèvent selon lui de la "diffamation". "Coutumier de l'outrance et de l'abaissement du débat public, Jean-Luc Mélenchon a franchi la frontière de la diffamation. Par ses propos à mon sujet, il démontre que l'insulte est devenu son mode de pensée et d'expression", a réagi l'ancien Premier ministre dans un communiqué, ajoutant :



Parce que je crois que le débat d'idée implique du respect et doit prévaloir sur l'invective, la manipulation et le mensonge, j'ai décidé de porter plainte contre Jean-Luc Mélenchon pour diffamation.

La tension n’avait cessé de monter entre Jean-Luc Mélenchon et les socialistes depuis l’entre-deux-tours, quand le quatrième homme de la présidentielle n’avait pas appelé à voter pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen. "L'avenir de la gauche, ce n'est pas la gauche populiste de Mélenchon qui n'a pas eu le courage moral de distinguer entre Macron et Le Pen !", avait tancé Bernard Cazeneuve.

Un Bernard Cazeneuve qui avait livré plusieurs passes d’arme avec les écolos et la gauche de la gauche après le décès de Rémi Fraisse. S’il avait estimé, un an après le drame, qu’il aurait du "être beaucoup plus dans l’expression de la tristesse", Bernard Cazeneuve, alors soutenu par la droite, avait déjà réglé ses comptes à l’Assemblée nationale. Notamment avec François de Rugy.



[Edit 19h45] Le PS dénonce des "propos diffamatoires"

Dans un communiqué diffusé ce dimanche soir, le Parti socialiste a pris la défense de Bernard Cazeneuve face à Jean-Luc Mélenchon, les condamnant "fermement". Le PS dénonce également des propos "diffamatoires et volontairement provocateurs" qui "ne sauraient faire oublier que Jean-Luc Mélenchon n'a pas voulu prendre position contre Marine Le Pen au 2nd tour de la présidentielle". Et d'ajouter :



Le leader de la France insoumise, en perte de vitesse, tente de relancer grossièrement sa campagne en estimant que Bernard Cazeneuve s'est occupé de l'assassinat de Rémi Fraisse.

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