VIDÉO - Yannick Jadot, soutien de Hamon, juge que Mélenchon "c'est 'moi, moi, moi et rien que moi'"

Publié à 17h26, le 30 mars 2017 , Modifié à 17h46, le 30 mars 2017

VIDÉO - Yannick Jadot, soutien de Hamon, juge que Mélenchon "c'est 'moi, moi, moi et rien que moi'"
Yannick Jadot © DR
Image Etienne Baldit


Après un cuisant échec en février, Benoît Hamon a de nouveau tenté, à la faveur de l'appel à voter Macron lancé par Manuel Valls, de relancer l'idée d'une union avec Jean-Luc Mélenchon, derrière sa candidature évidemment. Ce à quoi le candidat de la France insoumise a répondu par un "non" clair et net. Invité jeudi 30 mars de .pol, la webémission du Lab en partenariat avec Linternaute.com, Le JDD et Le Huffington Post, Yannick Jadot déplore grandement ce nouveau refus... et instruit le procès en nombrilisme de Jean-Luc Mélenchon.

L'ex-candidat écologiste, qui s'est rallié à Benoît Hamon après la conclusion d'un accord programmatique et électoral, flingue :

Je regrette profondément parce que quand j'entends la réponse de Jean-Luc, qui est quelqu'un de cultivé, qui a une histoire politique incroyable, c'est : 'Moi, moi, moi et rien que moi'. C'est 'pas question de discuter avec les autres et de bouger 1% de mon programme, pas question d'un arrangement ou d'un compromis'. Comme si rassembler plus largement, se donner les conditions de la victoire, ça posait un problème à Jean-Luc Mélenchon. Je crois qu'il rate un rendez-vous historique, qui n'est pas de lui avec la politique française, [mais] des idées qu'il défend avec les difficultés ou les aspirations de la France.



Le vainqueur de la primaire organisée par EELV liste par ailleurs les points programmatiques communs entre les deux hommes ("6ème République", "transition écologique", "refondation de l'Europe", "création d'emplois", "pouvoir d'achat") et dit son incompréhension à voir l'ex-ministre de Lionel Jospin refuser de les porter main dans la main avec le candidat socialiste. Selon Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon n'a peut-être pas vraiment "envie" de gagner la présidentielle et de "réaliser" ses projets "au pouvoir" :

Quand on porte ce projet-là et que d'autres portent des projets proches, [...] la responsabilité historique, c'est de faire gagner ces projets-là et pas simplement de dire : 'Je vais faire une belle campagne, c'est mon dernier coup probablement, au regard de mon âge'. Y'a une question d'ego qui à un moment prime sur les idées, et surtout comme si finalement Jean-Luc Mélenchon n'avait pas tellement envie que ses idées soient mises en oeuvre dans la société.

C'est tellement plus facile de les porter dans un discours que des les réaliser au pouvoir et je trouve ça dommage.

Cocasse, lorsqu'on sait que c'est précisément la même accusation que porte souvent l'aile droite du PS à l'égard de Benoît Hamon.

Yannick Jadot justifie par ailleurs la proposition faite par ce dernier à "Méluche", à savoir de se désister en sa faveur alors que, désormais distancé dans les sondages, l'ex-ministre de François Hollande n'envisage pas une seconde l'hypothèse inverse. L'eurodéputé EELV répète que c'est bien "le positionnement plus central [de Hamon] au sein de la gauche" qui peut lui permettre de rassembler "de la gauche de la gauche [...] jusqu'aux plus modérés, jusqu'aux Radicaux de gauche", et que Mélenchon ne peut pas convaincre 50% des électeurs au second tour de la présidentielle.

Mais il prend tout de même soin de ne pas signer l'arrêt de mort définitif d'un éventuel accord entre les deux candidats de gauche :



Cette campagne, c'est le calendrier de l'avent : tous les jours, il se passe un truc. Il reste encore trois semaines et il peut tout y avoir, dans cette campagne.

Ça semble quand même TRÈS mal embarqué...





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