VIDÉOS - Emmanuel Macron admet avoir commis "une erreur" en parlant du "défi civilisationnel" de l'Afrique

Publié à 15h21, le 28 novembre 2017 , Modifié à 15h38, le 28 novembre 2017

VIDÉOS - Emmanuel Macron admet avoir commis "une erreur" en parlant du "défi civilisationnel" de l'Afrique
Emmanuel Macron à l'université de Ouagadougou © ludovic MARIN / AFP
Image Sylvain Chazot


C'était en juillet dernier, lors du G20 à Hambourg. Interrogé sur l'Afrique et la possibilité d'un plan Marshall pour le continent, Emmanuel Macron avait suscité la polémique en répondant ceci :

Le défi de l’Afrique, il est totalement différent. Il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel aujourd’hui. Quels sont les problèmes en Afrique ? Les États faillis, les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est, je l’ai rappelé ce matin, l’un des défis essentiels de l’Afrique. Quand des pays ont encore aujourd’hui sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. 

À voir en vidéo ci-dessous, comme l'avait relevé à l'époque Politis.



Le mot "civilisationnel" et la référence sur les "sept à huit enfants par femmes" en Afrique avait créé un profond émoi. Certains avaient jugé les propos du Président racistes. "Bien sûr, ce qu’a dit Emmanuel Macron est raciste", avait par exemple jugé le quotidien américain Quartz.

Ce mardi 28 novembre, au Burkina Faso, Emmanuel Macron est revenu sur ses dires. Et il a reconnu s'être trompé. Vite. Interrogé par un étudiant sur la démographie, en marge de son discours donné à l'université de Ouagadougou, le chef de l'État a dit :

Sur la démographie – ce qui a été dit par le président Kaboré et à juste titre - j'avais accolé l'adjectif 'civilisationnel' ce qui était une erreur de ma part... Ce n'est pas du tout l'adjectif qu'il fallait utiliser dans une phrase qui parlait plus largement  des défis démographiques, ce qui était totalement le contraire de ce à quoi je voulais parvenir. Donc il [le président Kaboré] avait raison de dire qu'il n'était pas d'accord avec ça parce que moi non plus.

Et Emmanuel Macron d'estimer plus largement que le sujet de la démographie en Afrique concerne aussi l'Europe. Dire l'inverse, "c'est se mentir", a-t-il estimé. "S'il y a de la pression migratoire en Afrique, ça me concerne un peu", a ajouté Emmanuel Macron.





Il n'est en revanche pas revenu sur l'autre aspect polémique de sa sortie de juillet. Il a même abondé dans le même sens. "Quand vous voyez des familles de 6, 7, 8 enfants par femme, êtes-vous sûrs que cela soit le choix de la jeune fille ? Je veux qu’en Afrique, partout, une jeune fille puisse avoir le choix", a déclaré le chef de l'État.

Dans une ambiance houleuse, agitée, mais principalement positive, le Président français a jugé que le sujet démographique devait être traité. "Je n'ai pas de leçon à donner, j’ai un souci partagé comme tous les dirigeants africains, car le sujet démographique me concerne donc j’ai le droit d’en parler. Le pari est dans l’émancipation des femmes ; je constate parfois qu’il y a  une évolution démographique voulue mais je ne veux pas que ce soit une démographie subie", a-t-il affirmé.

 



[BONUS TRACK] Un peu de calme s'il vous plaît...

À plusieurs reprises au cours de la séance de questions / réponses avec les étudiants burkinabés, Emmanuel Macron a été obligé d'intervenir pour demander du calme. Police du débat, bonjour. "Mais arrêtez de protester dès qu'il y a une question. Alors ! Je prends ! Aaah ! S'il vous plaît. Un peu de calme, je ne peux pas à la fois… ", a-t-il notamment lâché alors que des étudiants râlaient. Il a ajouté :

Je connaissais les étudiants français, qui sont déjà des esprits paradoxaux, mais vous, vous êtes des esprits super-paradoxaux !Vous râlez pour avoir la parole et vous râlez dès que quelqu'un prend la parole en disant que les questions sont mauvaises. On va jamais s'en sortir ! C'est la démocratie !

Car à plusieurs reprises, Emmanuel Macron a vivement échangé avec des étudiants, se comportant comme un professeur avec ses élèves. À voir ci-dessous en vidéo :



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