Vincent Peillon tente une mise au point après ses propos sur la laïcité et Vichy

Publié à 12h58, le 04 janvier 2017 , Modifié à 18h46, le 04 janvier 2017

Vincent Peillon tente une mise au point après ses propos sur la laïcité et Vichy
© GUILLAUME SOUVANT / AFP
Image Etienne Baldit


DÉMINAGE - C'est une phrase par laquelle Vincent Peillon a voulu s'en prendre frontalement au Front national et à Marine Le Pen, mais qui s'est illico retournée contre lui. Mardi 3 janvier au soir, le candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire a dressé un parallèle entre le traitement des juifs par les nazis et leurs alliés durant la Seconde guerre mondiale et celui des musulmans par le Front national aujourd'hui.

Sur le plateau de L’Entretien politique sur France 2, l'ancien ministre de l'Éducation nationale a ainsi déclaré :

Certains veulent utiliser la laïcité - ça déjà été fait dans le passé - contre certaines catégories de population. C’était il y a 40 ans [plutôt plus de 70, ndlr] les juifs à qui on mettait des étoiles jaunes, c’est aujourd’hui un certain nombre de nos compatriotes musulmans qu’on amalgame souvent avec les islamistes radicaux. C’est intolérable.

Et de préciser que "Marine Le Pen ne fait que ça, elle emploie les mots et les détourne totalement", dénonçant le "fascisme rampant" de la candidate à la présidentielle.

La polémique est très rapidement montée, le FN étant le premier à s'insurger de ces propos, mais pas le seul. Confronté à sa première tourmente depuis son annonce de candidature, Vincent Peillon tente donc de rectifier le tir ce mercredi. Sur Twitter, il "tient à préciser [sa] pensée et [sa] conviction qu'une contraction de phrases a pu déformer" et explique :

Je n'ai évidemment pas voulu dire que c'était la laïcité qui était à l'origine de l'antisémitisme de la France de Vichy. Le régime de Vichy ne se réclamait pas de la laïcité, bien au contraire.

Et ce qu'ont vécu les juifs sous Vichy ne saurait être banalisé d'aucune façon. Tout cela, je le sais charnellement et intellectuellement mieux que quiconque, par mon histoire personnelle, par mes travaux et par mes combats politiques énergiques pour la laïcité, et contre le racisme et l'antisémitisme.

J'ai voulu dénoncer la stratégie de l'extrême-droite qui utilise les mots de la République pour les détourner contre la population. Elle le fait aujourd'hui avec la laïcité contre les musulmans en les confondant avec les islamistes radicaux qu'il faut eux combattre.

En relisant son propos initial, l'enchaînement logique semble pourtant clair. Vincent Peillon y faisait de la laïcité (détournée) l'instrument de la discrimination et de la déportation des juifs par le régime du Maréchal Pétain allié à l'Allemagne d'Hitler.





Un peu plus tard dans la journée, à l'occasion d'un déplacement dans un établissement hospitalier du Val-de-Marne, Vincent Peillon a de nouveau fait un mea culpa, évoquant un "débit rapide" lorsqu'il s'exprime. Au micro d'Europe 1, il déclare :

Je peux comprendre que parfois je parle trop vite. Non pas que je ne sais pas ce que je dis mais j’ai un débit rapide et d’autre part aussi ma façon de raisonner va vite. Il faut être assez mal intentionné pour penser que lorsque je parle de laïcité je considère que Vichy était un parangon de la laïcité, c’est exactement l’inverse. 

Voilà une polémique dont le candidat se passerait bien.



[EDIT 18H40] Ajout des propos de Vincent Peillon dans le Val-de-Marne.



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