Virginie Calmels critique les mots d'Alain Finkielkraut sur les "non-souchiens" et en même temps reprend à son compte l'expression "Français de souche"

Publié à 10h45, le 11 décembre 2017 , Modifié à 10h48, le 11 décembre 2017

Virginie Calmels critique les mots d'Alain Finkielkraut sur les "non-souchiens" et en même temps reprend à son compte l'expression "Français de souche"
Virginie Calmels © Capture d'écran franceinfo

C'était la polémique que l'on n'attendait pas forcément après un rassemblement émouvant en mémoire de Johnny Hallyday mais, *heureusement*, le chroniqueur Alain Finkielkraut est arrivé, dimanche 10 décembre sur Radio J... "Le petit peuple blanc est descendu dans la rue pour dire adieu à Johnny. Il était nombreux et seul. Les non-souchiens [sic] brillaient par leur absence", a déclaré le polémiste.

Dans le petit monde politique, certains, comme Dominique Bussereau, estiment comme Alain Finkilekraut que c'était une "certaine France" qui était présente pour rendre hommage à Johnny. D'autres, en revanche, pensent l'inverse. C'est le cas de Virginie Calmels. Sur franceinfo ce lundi 11 décembre, la future n°2 de Les Républicains dénonce les propos de l'essayiste :

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J'ai vu plus d'un million de personnes, d'après ce qu'on a vu à la télévision, des images incroyables, un vrai rassemblement populaire. Franchement, ça ne m'a pas sauté aux yeux ce que dit Alain Finkielkraut, je n'y ai pas pensé. Je ne sais d'ailleurs pas comment il peut s'exprimer ainsi étant donné, il me semble, qu'il y avait une très grande diversité. C'est d'ailleurs la force de Johnny Hallyday : il a traversé toutes les générations et, j'aurais tendance à dire, toutes les catégories socio-professionnelles ou quelles que soient les origines. Franchement, ça me semble plus qu'étonnant, un peu déplacé. […] Ça me semble étrange de vouloir de vouloir à ce point-là diviser ou opposer les Français.

 

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Mais tout en critiquant les propos d'Alain Finkielkraut et en arguant qu'elle ne comprend pas "son raisonnement", Virginie Calmels reprend à son compte l'expression chérie du côté de l'extrême droite "Français de souche". Elle poursuit :

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La force et la puissance d'une nation comme la France, c'est d'avoir du sang mêlé, c'est d'avoir accueilli un certain nombre de personnes qui ne sont pas des 'Français de souche', qui ont su s'intégrer, participer au succès de ce pays et nous continuerons à le faire. J'espère que c'est notre honneur et notre gloire, en revanche pas au détriment d'un reniement de nos propres racines.

 

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L'expression "Français de souche" est très loin d'être anodine. Comme l'avait expliqué Rue89 en août 2014, l'expression "Français de souche" a une généalogie plutôt ancienne [lire leur article ici]. Elle est désormais largement employée à l'extrême droite, alimentée par l'existence du site Fdesouche et rattachée au thème du "grand remplacement" défendu par certains au Front national et au sein de la mouvance identitaire. En mars 2015, Marion Maréchal-Le Pen s'était elle-même revendiquée comme "une Française de souche". Il y a quelques années, Marine Le Pen, avant de renier cette expression, s'était félicitée de son usage.

En février 2015, François Hollande avait créé la polémique en parlant des "Français de souche, comme on dit" lors du dîner du traditionnel dîner du CRIF. "Plus qu'une maladresse, une faute", selon son ancienne ministre Aurélie Filippetti.

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