Voulant proroger l'état d'urgence jusqu'en 2018, Éric Ciotti rappelle que le jour de l'attentat de Nice, Hollande demandait sa levée

Publié à 14h11, le 06 juillet 2017 , Modifié à 14h27, le 26 décembre 2017

Voulant proroger l'état d'urgence jusqu'en 2018, Éric Ciotti rappelle que le jour de l'attentat de Nice, Hollande demandait sa levée
Eric Ciotti. © Capture écran Assemblée nationale.
Image Loïc Le Clerc


Ce jeudi 6 juillet, dans l'hémicycle, les parlementaires débattaient de la prorogation de l'état d'urgence. Le gouvernement propose une prorogation jusqu'au 1er novembre 2017. Mais tous les députés ne sont pas d'accord avec cette date, notamment Éric Ciotti.

Prenant la parole, le député LR défend son amendement pour que l'état d'urgence soit prorogé, non pas de trois mois, comme le propose le gouvernement, mais "pour un délai de six mois, c'est-à-dire jusqu'au 15 janvier 2018".

Et pour se justifier, Éric Ciotti sort cet argument :

Rappelez-vous la mésaventure du précédent chef de l'État qui, le 14 juillet à midi, indiquait qu'il allait sortir de l'état d'urgence, et qui malheureusement le soir était rattrapé par les événements tragiques de Nice.


Il est vrai que le 14 juillet 2016, François Hollande avait annoncé son intention de lever l'état d'urgence le 26 juillet suivant. Puis il y a eu l'attentat de Nice, 86 morts, plus de 400 blessés. Le président de la République revenait alors sur ses propos pour prolonger à nouveau l'état d'urgence de trois mois.

Pour autant, Éric Ciotti n'est pas totalement opposé à une sortie de l'état d'urgence. Bien qu'il eut plaidé en 2016 pour "un état d’urgence permanent". Le gouvernement propose de retranscrire dans le droit commun un certain nombre de ses dispositions, comme les assignations à résidence ou les perquisitions administratives. Mais pour le député des Alpes-Maritimes, ça ne va pas assez loin :

Je vous ai rappelé, monsieur le ministre d'État [Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, NDLR], que nous étions inquiets par le contenu du texte que vous nous annoncez. [...] Sur le fond, nous avons appelé à un débat constructif, responsable, pour faire en sorte que nous puissions sortir de cet état d'urgence, mais avec des garanties que les dispositions qu'il contient puissent être mobilisées dans le cadre du droit commun. Ce n'est pas le cas dans le texte que vous nous proposez. Donc il faut un délai supplémentaire.

L'amendement d'Éric Ciotti n'a finalement pas été adopté par ses collègues députés. L'état d'urgence, en vigueur depuis le 13 novembre 2015, a été prolongé ce jeudi par l'Assemblée par 137 voix contre 13. Sans compter les néo-députés qui ont *raté* leur premier vote. Seuls La France insoumise et les communistes s'y sont opposés. Le Sénat l'a, quant à lui, déjà approuvé mardi dernier.







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