49.3 : en défendant Manuel Valls, Najat Vallaud-Belkacem en vient à critiquer sa manière de gouverner

Publié à 10h05, le 16 décembre 2016 , Modifié à 10h10, le 16 décembre 2016

49.3 : en défendant Manuel Valls, Najat Vallaud-Belkacem en vient à critiquer sa manière de gouverner
Najat Vallaud-Belkacem © Capture d'écran FranceInfo:

Manuel Valls a un peu surpris tour le monde, jeudi 15 décembre, sur France Inter, en proposant de supprimer le 49.3 de la Constitution. Oui, il était sans doute étonnant d'entendre l'ancien chef du gouvernement critiquer l'outil constitutionnel qui lui a permis de faire passer la loi Macron et la loi Travail sans recourir au vote des parlementaires.

Soutien de Manuel Valls dans la primaire de la Belle Alliance Populaire, Najat Vallaud-Belkacem ne comprend pas que l'on s'étonne de cette proposition. Au contraire, la ministre de l'Éducation nationale trouve cela plutôt logique qu'un ancien Premier ministre critique un outil qu'il a lui-même utilisé à maintes reprises – et qu'il défendait encore il n'y a pas si longtemps.

Invitée de FranceInfo: ce vendredi, Najat Vallaud-Belkacem assure qu'il ne s'agit pas d'un reniement de la part de Manuel Valls mais juste un constat dressé par l'ancien chef du gouvernement : oui, tout  bien réfléchi, le 49.3 ce n'est pas si bien. "Ce n'est pas parce qu'on prend du recul sur son action et qu'on en tire des leçons qu'on se renie", assure la ministre. Sauf qu'à force de vouloir défendre Manuel Valls de tout reniement, Najat Vallaud-Belkacem en vient à critiquer la gouvernance de l'ancien Premier ministre. Elle dit :

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Ça s'est révélé d'une brutalité supérieure à ce que l'on avait pu imaginer au moment où on l'a engagé. […] Il faut tous que l'on soit honnêtes intellectuellement : le 49.3 en tant que tel, qui est d'ailleurs prévu par la Constitution, c'est une règle qui a été utilisée de multiples fois par le passé et donc elle n'est pas brutale en soi : elle s'est avérée brutale dans les conditions qui ont été celles de la discussion autour de la loi Travail notamment. Et donc il [Manuel Valls] en a conscience et il en tire des conclusions.

 

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Najat Vallaud-Belkacem n'en démord pas : il ne s'agit pas d'un reniement de la part de Manuel Valls. La ministre de l'Éducation nationale estime que l'étonnement qui a pu accompagner la proposition du candidat à la primaire n'est le fait que des "observateurs". "Lorsqu'on a été acteurs de l'action politique, on sait que son action est faite et de réussites et de choses qui ont moins bien réussi, que c'est un ensemble cohérent", juge-t-elle, soulignant au contraire "l'intelligence" de Manuel Valls de savoir se retourner sur son action.

"Je connais les effets pervers du 49.3. Je suis très lucide. Son utilisation est devenue dépassée et apparaît comme brutale. Hors textes budgétaires, je proposerai de supprimer purement et simplement le 49.3", a ainsi lancé l'ancien occupant de Matignon qui, en deux ans et demi à la tête du gouvernement, a utilisé par six fois cet outil.

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